Et soudain le Conseil d’Etat tira les « poppers » de leur sommeil

Feu vert des sages du Palais Royal à la commercialisation des poppers. Et voici des souvenirs de trente ans qui ressurgissent. Retour sur les lieux.

Leur usage avait été totalement interdit le 29 juin 2011 par un arrêté du ministre de la Santé. Une affaire de dépendance et d’abus (1). Deux ans plus tard ils sont rétablis selon une décision du Conseil d’Erat, la plus haute juridiction administrative. La décision a été rendue publique hier, 4 juin 2013. Pourquoi ? Parce que, selon le Conseil, « aucune étude scientifique ou enquête n’est produite qui permettrait d’établir »  que les nitrites d’alkyle présentent un risque de pharmacodépendance ou d’abus, et que ces produits ont « une toxicité faible aux doses inhalées habituelles ».

Les lumières du Conseil d’Etat.

Voilà bien une décision peu banale puisque l’arrêté de 2011 avait été pris au vu d’un avis de la Commission nationale des stupéfiants et des psychotropes du 21 avril 2011 et sur proposition du directeur général de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé. D’où le Conseil d’Etat tire-t-il aujourd’hui ses lumières ? Nous ne le saurons pas.  

«  Il n’y a désormais plus aucun texte qui règlemente les poppers en France, quels que soient leurs composants actifs. Nous sommes très satisfaits de cette décision qui est une victoire du droit »  a aussitôt déclaré Remi Calmon, président du Syndicat des entreprises gaies (SNEG), qui avait saisi la juridiction.  « Cette interdiction totale, unique dans le monde, avait conduit des consommateurs à se reporter sur des substances bien plus dangereuses, ajoute-t-il. On doit, bien sûr, être dans le respect de la santé publique. Mais les constats d’accidents dus aux poppers sont extrêmement rares, moins d’une dizaine en douze ans. Ce sont toujours évidemment des cas de trop, mais une interdiction de tous les poppers était excessive. Nous ne sommes pas opposés à l’interdiction des poppers les plus dangereux. Il existe d’autres poppers sans danger avec des effets suffisants », a encore indiqué Rémi Calmon, soulignant que le SNEG est « favorable à des consignes de vente et d’utilisation, comme l’interdiction aux mineurs »

De nombreux renseignements très pratiques sur l’usage et les précautions à prendre avec les poppers sont disponibles ici.   Et ici un résumé des rebondissements juridiques

Poppers des années 1980

Pour notre part nous nous souvenons avoir, comme beaucoup, découvert le terme et les possibles usages de ce produit au tout début des années 1980. Une rapide consultation des archives du Monde depuis décembre 1944 nous laisse un instant imaginer qu’il existe 1366 occurrences. En réalité la mémoire revivifié du vénérable organe de presse confond, si l’on comprend bien, « papiers » et « poppers » ; voire le poppérisme  L’occasion de redécouvrir, au début des années 1980 les noms déjà affirmées de Christian Colombani, Bertrand Le Gendre, Daniel Schneider (qui ne compléta sa signature qu’un peu plus tard), Guy Porte, Jacques Grall, Jean Benoit, Geneviève Breerette, Robert Maggiori ou Jany Aujame.

1982, la signature du Dr Claudine Escoffier-Lambiotte.

Voici le texte daté du 22 janvier :

« LE  » poppers  » connaît outre-Atlantique une vogue exceptionnelle depuis vingt ans. On estime à 5 millions le nombre d’Américains qui reniflent régulièrement les petits flacons ou les capsules censés contenir du nitrite d’amyle, baptisé la  » cocaïne du pauvre « .

En vente libre dans les sex-shops, les flacons ne coûtent que 15 francs en Californie, où nombre d’homosexuels les portent en collier, comme l’a décrit Roger Peyrefitte dans son livre Roy. Le marché du poppers est des plus fructueux. Le docteur P. Legeron, neuropsychiatre, qui a séjourné longtemps en Californie, au titre de boursier de la Fondation pour la recherche médicale, estime son chiffre d’affaires à trois cents millions de francs par an      (Le Quotidien du médecin, 30 novembre 1981). Sans compter les bénéfices de ceux qui achètent le flacon 3 francs à la Pacific Western Distributing Company de San-Francisco (filiale du groupe Pharmex, qui contrôle la quasi-totalité du marché du poppers) et le revendent 60 francs à Amsterdam ou à Paris…

Le problème d’une éventuelle toxicité du poppers a été soulevé à plusieurs reprises et depuis des années aux États-Unis. Aucune des études conduites par la sévère Food and Drug Administration n’a été concluante, et le produit reste donc en vente libre. Le fabricant précise toutefois qu’il s’agit d’un  » odorisant d’ambiance « , qu’il faut laisser le flacon débouché dans la pièce, et que  » toute autre utilisation peut être dangereuse « .

La police française a saisi à Toulouse, au début de novembre, la totalité des flacons de poppers détenus par les sexshops de la ville, et cela dans le cadre de  » la lutte contre la toxicomanie « .Il appartiendra au ministère de la santé français d’évaluer à son tour la toxicité éventuelle du nitrite d’amyle et d’en envisager l’interdiction, au risque d’augmenter les ventes de produits plus dangereux encore, comme les solvants divers qui s’inhalent également.

En toute hypothèse, le poppers n’engendre pas de toxicomanie, et son usage relève plus de la mode que du besoin. S’il s’avérait que le nitrite d’amyle, ou une autre substance qui lui aurait été ajoutée ou substituée, exerce à la longue des effets destructeurs sur les cellules de l’immunité, semblables à ceux des moutardes azotées ou de l’halothane, pour ne prendre que ces exemples, son interdiction s’imposerait à l’évidence, mais pour des raisons qui ne tiennent que de manière lointaine à la toxicomanie ou à l’homosexualité.

Aveuglement

Le même jour elle ajoutera ceci, prémonitoire  sous le titre  « En France, les toxicomanes aveugles » :

« UN seul cas similaire à ceux recensés aux États-Unis a été observé en France depuis mai 1981, à l’hôpital Claude-Bernard. Il s’agissait d’un homosexuel de trente ans qui avait séjourné aux États-Unis, où il avait inhalé du  » poppers  » et qui a présenté un syndrome massif d’infections diverses allant de l’hépatite virale à la pneumonie interstitielle, à la tuberculose aiguë et à la mycose cutanée. Une épidémie plus spécifique et moins polyvalente avait, auparavant, alerté les spécialistes de la toxicomanie de la région parisienne. Trente-cinq cas de septicémies massives dues à un champignon banal ( Candida albicans ) ont été observés en quelques semaines chez de jeunes toxicomanes, dont certains signalaient l’apparition des premiers symptômes (fièvre, frissons, douleurs articulaires) quelques heures après l’injection d’héroïne.

La maladie se traduisait, dans sa phase aiguë, par des lésions cutanées importantes, souvent une hépatite, une pneumonie, une méningite et des atteintes oculaires (chorio-rétinite) dont la gravité avait été, au départ, sous-estimée. Un malade sur cinq est définitivement aveugle…

L’équipe de l’hôpital Marmottan (docteur Marc Mellinge), qui avait été frappée par ce syndrome en avait averti tous les grands services hospitaliers. Elle avait émis l’hypothèse d’une contamination par une variété particulière d’héroïne (dite  » iranienne « ), ce qui n’a pu être confirmé. Des cas sont apparus en province (à Rouen notamment) où une autre variété d’héroïne était utilisée. La recherche d’une défaillance de l’immunité cellulaire – qui semble en cause comme aux États-Unis – n’a pu être faite.

En somme, conclut le docteur Mellinger,  » il s’agit d’une pathologie nouvelle en France, d’allure épidémique, sévissant principalement dans la région parisienne. On peut craindre l’apparition de résurgences ou de nouvelles localisations « . L’enquête que conduit  » sur le terrain  » le département d’épidémiologie de Marmottan du docteur Ingold montre en effet  » clairement qu’il existe encore un certain nombre de toxicomanes touchés et non traités « . »

« La prévention au secours de la morale »

On retrouvera l’occurrence « poppers » un an et demi plus tard (Le Monde du 19 septembre 1993). Ce fut sous le titre « La prévention au secours de la morale ». Un « papier » accompagné d’un délicieux dessin de Pessin qui ne fut pas plus compris que notre prose. Mauvais souvenirs. Voici ce texte :

« Maladie d’apparition récente, fréquemment mortelle, de cause encore inconnue et sans recours thérapeutique, le SIDA n’est pas une maladie comme les autres. On sait que, depuis quelque temps déjà, cette affection alimente aux États-Unis une vive campagne anti-homosexuelle.

L’argumentation en est on ne peut plus simple : puisque le SIDA touche les homosexuels, c’est l’homosexualité qui est responsable ; puisque le SIDA est contagieux, il faut interdire l’homosexualité. Parce qu’elle est liée au comportement sexuel, cette maladie ne pouvait non plus ne pas être présentée comme une  » malédiction divine « .

Les membres de la communauté homosexuelle ont, pour leur part, souvent dénoncé ces  » tentatives de moralisation  » qui, selon eux, sous-tendent la plupart des informations médicales diffusées sur le SIDA.  » On ne connaît pas l’origine de cette maladie, disent-ils en substance. Nous ne sommes pas les seules victimes. Pas question, donc, de remettre en cause notre mode de vie. Pas question non plus de risquer de perdre des acquis de la libération sexuelle des quinze dernières années.  »

Petit ouvrage de poche

Les choses pourraient néanmoins rapidement changer. S’il n’a pas encore établi l’origine de cette maladie, le corps médical outre-Atlantique estime de son devoir de formuler à l’attention des  » personnes à risque  » une série de recommandations précises. Le dernier fait marquant dans ce domaine est la sortie aux États-Unis d’un petit ouvrage de poche consacré au SIDA (1).

Cet ouvrage, d’un prix modique, a été rédigé conjointement par un médecin spécialisé et un journaliste scientifique. Il s’agit d’un remarquable travail de synthèse présenté aux lecteurs par le docteur Roger W. Enlow, directeur de l’Office pour les affaires sanitaires des homosexuels (hommes et femmes).

Le chapitre le plus original et le plus courageux est celui concernant la prévention de la maladie. Les conseils prodigués à l’attention des homosexuels masculins peuvent se résumer en huit points :

• Éviter une consommation excessive de drogues  » de détente  » (y compris l’alcool et les  » poppers « ) ;

• Évitez les drogues intraveineuses et ne jamais échanger les aiguilles utilisées. Sachez que les relations sexuelles avec les consommateurs de drogue augmentent le risque de contamination du SIDA ;

• Réduisez le nombre de vos partenaires sexuels. Plus vous avez de partenaires (surtout s’ils sont occasionnels et anonymes), plus votre risque est grand de contracter une maladie infectieuse et/ou le SIDA ;

• N’ayez jamais de relations avec quelqu’un présentant des ganglions généralisés ou semblant malade. Si vous vous sentez souffrant, n’ayez pas de relations sexuelles ;

• Abstenez-vous de donner votre sang si vous avez de multiples partenaires sexuels, si vous êtes un utilisateur de drogues intraveineuses ou si vous vous sentez souffrant ;

• Observez de strictes règles d’hygiène ;

• Sachez qu’il existe d’autres facteurs de risque (notamment les rapports anaux, oraux-anaux, etc.) ;

• Faites-vous suivre médicalement de manière régulière, notamment en ce qui concerne les maladies sexuelles transmissibles. Si vous vous sentez malade, faites-vous rapidement faire un bilan médical complet.

En France

Ces conseils qui, pour certains, apparaîtront comme une insupportable leçon de morale, ont outre-Atlantique toutes les chances d’être observés. La crainte du SIDA est telle que tous les observateurs notent en effet un profond changement dans le comportement des membres des communautés homosexuelles des grandes métropoles américaines :  » Les relations sexuelles anonymes et fréquentes, note par exemple le mensuel français Samouraï dans son numéro de septembre, rendues plus faciles et déculpabilisées par les combats de libération y sont désormais en défaveur. Le couple, la relation stable, le flirt et la continence reviennent en force.  »

En France, où l’incidence du SIDA est officiellement beaucoup moins élevée (une centaine de cas ont été diagnostiqués contre près de deux mille trois cents aux États-Unis), la prévention du SIDA n’est pas encore à l’ordre du jour.

Les pouvoirs publics, sans doute par crainte de heurter de front le lobby homosexuel, n’ont encore donné aucune information sur ce sujet, et les scientifiques hésitent à prendre publiquement position.

 » Le nombre des rapports homosexuels, estime le docteur Claude Lejeune, président de l’Association des médecins gais, interviewé par le magazine Samouraï, n’a rien à voir avec les risques d’attraper le SIDA. Il faut réaliser aussi que si cette maladie touchait des pêcheurs islandais on n’en parlerait pas (…). Ce qui se passe est très grave, car c’est l’homosexualité qui est en jeu pas à cause de la maladie mais à cause de ceux qui risquent de la tuer dans son existence même. Il ne faut pas se laisser culpabiliser, ni par la grande presse, ni par les autres, ni par soi-même.  »

Être responsable

 » Je crois qu’il est très important que les homosexuels et, par exemple les médecins homosexuels, mettent eux-mêmes en garde les autres homosexuels, déclare à l’inverse le docteur Michel Canesi, au mensuel Homophonies. Les homosexuels doivent être responsables et, s’il le faut, reconsidérer leur propre mode de vie pour ne pas laisser à d’autres le droit de, pourquoi pas, légiférer à leur place. Ainsi, peut-on s’interroger sur le sens de la liberté sexuelle : est-ce vraiment d’avoir quinze rapports différents par jour ou bien d’avoir le droit de vivre son homosexualité ?  »

 » Il n’y a pas ici de conseils à donner, explique dans le même journal le professeur Luc Montagnier (Institut Pasteur de Paris). Il faut rappeler que, parmi les homosexuels, ce sont ceux qui ont un très grand nombre de partenaires qui ont le plus de risques. C’est à ces homosexuels de prendre leurs responsabilités de façon à ne pas risquer leur vie et celle de leurs partenaires. »


(1) The AIDS. Fact Book, par MM. Ken Mayer et Hank Pizer. Cet ouvrage est édité par Bantam Books (666 Fifth Avenue New-York N.Y. 10103, tél. : (212) 765.65.00).

Les poppers interdits à la vente en 1990

Selon un décret publié au Journal officiel du 28 mars 1990 , les « poppers « , c’est-à-dire des produits contenant des nitrites de butyle et de pentyle utilisés comme aphrodisiaques et commercialisés notamment dans les sex-shops, sont désormais interdits à la vente. Ces substances  » vasodilatatrices  « ont été à plusieurs reprises, après avoir été injectées ou ingérées, à l’origine de décès ou de graves séquelles neurologiques. Le décret, signé par MM. Michel Rocard, Claude Evin, Pierre Bérégovoy et Pierre Arpaillange, prévoit des sanctions pouvant aller jusqu’à 5 000 F d’amende et un mois de prison.

C’était il y a vingt-trois ans

(1) Il s’agissait de l’arrêté du 29 juin 2011 « portant application d’une partie de la réglementation des stupéfiants aux produits contenant des nitrites d’alkyle aliphatiques, cycliques ou hétérocycliques et leurs isomères ». Ce texte avait été signé de Jean-Yves Grall, directeur général de la santé.  La mesure avait été prise « sur proposition du directeur général de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé » et ce  « considérant qu’il y a lieu de soumettre les produits contenant des nitrites d’alkyle aliphatiques, cycliques ou hétérocycliques et leurs isomères à une partie de la règlementation des stupéfiants en vue d’interdire leur offre et leur cession au public, en raison d’un risque de pharmacodépendance ou d’abus ». Conséquence : « l’offre et de la cession au public des produits, à l’exception des médicaments, contenant des nitrites d’alkyle aliphatiques, cycliques ou hétérocycliques et leurs isomères sont interdites ». On observera que l’usage ne semblait pas alors être prohibé

(2) On ne résiste décidemment pas au plaisir d’extraire de l’armoire numérisée (Le Monde du 24 avril 1980) ce texte signé de Christian Colombani. Un exemple ciselé de l’« encadré » qui a pratiquement disparu de la presse quotidienne  et qui, parfois, ressurgit sur les blogs de la Toile.

« Quais de papiers 

La Cote Desfossés joncherait les quais à la station Bourse ; à Saint-Michel, des pages de livres voleraient au vent des rames ; à la Cité, on marcherait sur des jugements jetés aussitôt que rendus… Il n’en est rien. La grève des nettoyeurs du métro, de l’inégalité sociale et raciale a plutôt uniformisé le décor. Partout ces mêmes petits tas de tickets jaunes, de papier froissé, de paquets de cigarettes vides, que les déplacements d’air font nicher à des endroits privilégiés : sous les banquettes et aux carrefours des couloirs.

Pris dans des tourbillons, des objets qui sont d’habitude vite balayés, piqués, substitués aux regarda des voyageurs. Depuis que dure le conflit, sur l’amoncellement, la variété est apparue : une lettre qu’un chagrin d’amour a déchirée, là, une correspondance d’homme affairé négligemment déposée sur une pile de détritus. Plus loin de plus grosses épaves : une chaussure à Montparnasse, une veste usagée à Stalingrad. Les vieilles dames descendent les escaliers en redoublant de précautions. Là où les dépôts se sont amassés, sédimentés, les marches de béton se fondent sous des sols de papier mâché.

Tout s’anime avec le passage des rames. À fleur de quai grouillent les tracts de la C.G.T. :  » Les patrons doivent en prendre plein la figure « , les affichettes de la C.F.D.T. :  » Les nettoyeurs du métro défendent leur droit de vivre.  » Les élégantes emportent sous leurs talons, qui un bordereau, qui une fiche perforée.

La vie continue. L’homme de la porte d’Italie qui imite si bien un mendiant de Bruegel, imperturbable, en haillons, n’a fait que balayer autour de lui un peu de concurrence. D’autres chantent et tapent sur des tam-tams sans même que virevolte l’épais tapis de feuilles. Et, vestige d’une autre époque, on peut lire au-dessus des corbeilles qui en ont plein la gorge :  » Ne jetez rien à terre, ces paniers sont à votre disposition.  » La foule, indifférente, piétine ces pauvres témoins de la grève des nettoyeurs, même leurs affiches écrites à la main, il y a cinq semaines, pour revendiquer seulement le SMIC et le droit d’accès aux douches et à la cantine de la R.A.T.P. se décollent à leur tour et vont se mêler au grand tas.

L’odeur n’est pas encore insupportable, ni la saleté répugnante. Ce n’est pour l’instant qu’un désordre de feuilles et de cartons, comme un air d’après-tête quand le sol est recouvert de confetti. Puis on se dit : la grève ne durera pas éternellement et les nettoyeurs nettoieront. Le public résiste, s’accommode, d’autant plus que les rats ne sont pas apparus. On ne voit que des souris replètes filant sans se hâter entre deux rails. »

Ainsi donc dans le Paris du S.M.I.C. et du président Giscard réunis les souris étaient encore replètes. Quel reporter nous dira ce qu’elles sont, trente-trois ans plus tard, devenues ? Et où sont passés la chaussure de Montparnasse, le Bruegel au balais en route pour l’Italie ?

 

 

 

 

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s