Le Tour dans Le Monde: un quart de siècle et des poussières d’EPO

Lynchage, sorcières, boucs émissaires, omerta. Flonflons et odeurs de soufres médicamenteux. Nouvelles tornades dopantes sur le vélo et sur ceux qui en ont fait leur métier. Le Tour fête son centenaire et il est rattrapé par ses vieux démons. Ethique ? Santé ? Qu’importe : le spectacle doit continuer. Et il continue. Regard dans le rétroviseur de l’EPO.

« Il n’y a pas de chasse aux sorcières, il ne faut pas de lynchage médiatique. Le Tour de France n’est pas que le dopage et le dopage n’est pas que le Tour de France. » Ces mots viennent d’être prononcé par Valérie Fourneyron, ministre des Sports. C’était à Porto-Vecchio d’où, en ce 29 juin 2013, vient de s’élancer la centième édition de la Grande Boucle. En Corse la ministre a aussi demandé que soient « levée l’omerta ». On écoutera ici les propos assez stupéfiants de Mme Fourneyron sur France Info. Bref le Tour c’est pour l’essentiel le dopage. Depuis cent ans. Et depuis un quart de siècle le Tour ce fut l’EPO.

Hormone humaine longtemps inconnue du plus grand nombre l’érythropoïétine est devenue un médicament à la fois  générique et maudit. On a su la produire industriellement par génie génétique bien avant de savoir (officiellement) en détecter l’usage à des fins dopantes. Depuis vingt-cinq ans la presse sportive joue à cache-cache avec elle.

Quelques souvenirs extraits de la vaste mémoire du quotidien du soir.

Janvier 1988. Luxueux voyage en Suisse. Tout, déjà, était écrit et nous avions cherché à le dire dans les colonnes du Monde (éditions du 29 janvier 1988).  Voici comment :

« Pour la première fois au monde

Commercialisation d’une hormone humaine qui multiplie les globules rouges

Pour la première fois au monde, une hormone _ l’érythropoiétine _ jouant un rôle essentiel dans la physiologie sanguine va, grâce aux techniques de manipulation génétique, pouvoir être produite à l’échelle industrielle. La commercialisation de cette molécule constituera, selon toute vraisemblance, un progrès thérapeutique considérable pour des milliers de malades insuffisants rénaux traités par rein artificiel. D’autres utilisations de cette molécule sont déjà envisagées, qui pourraient faire de la fabrication et de la mise à disposition de cette substance l’un des chapitres les plus importants de l’application des biotechnologies à la médecine.

La Suisse, pays neutre, un hôtel de grand luxe : les responsables de la multinationale américaine Johnson and Johnson et de sa filiale Ortho-Cilag n’ont pas craint d’innover pour annoncer devant la presse internationale le prochain lancement d’EPO (nom commercial de l’érythropoïétine). Un cadre inédit pour une affaire de taille. On lance en effet pour la première fois sur le marché pharmaceutique mondial une hormone humaine que l’on ne savait pas jusqu’à présent fabriquer à l’échelle industrielle.

Comme pour la plupart des événements médicaux de ces dernières années, tout ici est dû à la maitrise croissante des techniques de manipulation génétique. Et tout est allé très vite. En 1985, une équipe scientifique révèle, dans la revue de l’Académie américaine des sciences, qu’elle a réussi à isoler le gène qui, au sein du patrimoine héréditaire (génome) des cellules humaines, dirige la synthèse de l’érythropoïétine. Cette hormone sanguine, produite par des cellules rénales, joue un rôle central dans le maintien du niveau normal de la production de globules rouges. L’isolement de ce gène devait rapidement permettre de disposer de l’hormone dont il dirige la synthèse.

Une équipe de la société californienne AMG-en, spécialisée dans les techniques de manipulation génétique, réussissait rapidement à intégrer ce gène dans le patrimoine héréditaire de cellules de mammifères mises en culture in vitro. Expérimentée, purifiée, l’érythropoiétine ainsi produite se révélait la copie exacte de l’hormone naturellement synthétisée par les cellules rénales humaines. Premier objectif, à la fois médical et commercial : démontrer qu’une telle hormone pouvait être utilisée à des fins thérapeutiques chez les malades insuffisants rénaux traités par rein artificiel. Ces malades, en effet, sont le plus souvent incapables de synthétiser suffisamment d’érythropoiétine et souffrent ainsi d’anémie (chute de la concentration sanguine en hémoglobine), ce qui impose des transfusions sanguines fréquentes et répétées.

Au début de 1987, le New England Journal of Medicine publiait les premiers résultats positifs de l’utilisation de cette hormone produite par manipulation génétique. L’expérimentation, alors, avait été faite sur une vingtaine de malades, hospitalisés à Seattle (le Monde du 10 janvier 1987). Un an plus tard, le dossier EPO a considérablement évolué.  » On compte aujourd’hui à travers le monde plus de cinq cents personnes qui ont été ou qui sont actuellement traitées par ce produit, explique le docteur Chris Winearls, professeur titulaire de la chaire de médecine rénale à la Medical School de Londres. Il s’agit de malades insuffisants rénaux. Dans la plupart des cas, l’utilisation par voie intraveineuse de ce produit obtenu par manipulation génétique permet d’améliorer notablement l’état clinique des malades. « 

Ce spécialiste insiste toutefois sur la nécessité de maitriser l’utilisation de ce produit compte tenu des effets secondaires parfois très graves (hypertension artérielle, accidents vasculaires) qu’il est susceptible d’entrainer. Il souligne dans le même temps l’enthousiasme que suscite chez lui comme chez ses confrères la mise à disposition d’un produit que les médecins ne pouvaient jusqu’à présent utiliser.

Des prix exorbitants

Reste à savoir quand cette mise à disposition sera effective. Il apparait aujourd’hui que, si les moyens de production industrielle sont en cours de création, on ne dispose, en revanche, d’aucune certitude quant à la mise effective sur le marché de ce médicament.  » Nous avons déposé une série de demandes d’autorisation de mise sur le marché, à la fois en France, dans différents pays européens, aux Etats-Unis et en Asie, précise M. Bert Van Deun, l’un des responsables de la multinationale Johnson and Johnson. Cette molécule sera fabriquée en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.  » Aucune indication ne peut encore être donnée sur le prix auquel sera commercialisée (et éventuellement remboursée en France par la Sécurité sociale) cette hormone.  » Compte tenu des prix exorbitants auxquels sont commercialisées certaines molécules pharmaceutiques produites par les manipulations génétiques pour les malades insuffisants rénaux, nous sommes très inquiets « , confient plusieurs spécialistes français.

On peut souligner la responsabilité prise par les dirigeants d’une multinationale qui décide de faire connaitre les vertus d’un produit alors même que ce dernier ne peut être utilisé par les équipes médicales spécialisées. S’agit-il, de manière tout à fait légitime, de vanter les mérites d’une substance à plusieurs égards révolutionnaire ? S’agit-il, au contraire, d’exercer une pression indirecte sur les autorités sanitaires de différents pays en faisant savoir aux milliers de malades insuffisants rénaux qu’une substance encore indisponible pourrait améliorer de façon notable leur état de santé ? Ou de prendre de vitesse les concurrents, qui, depuis peu, contestent à la filiale de Johnson and Johnson le monopole du brevet de l’érythropoïétine produite par manipulation génétique ?

En toute hypothèse, le dossier de cette molécule ne se limite nullement au traitement des malades en hémodialyse. Déjà, en effet, les spécialistes envisagent l’utilisation thérapeutique de cette hormone dans de multiples situations pathologiques infectieuses ou cancéreuses. Certains médecins envisagent aussi dès maintenant d’avoir recours à cette molécule dans le cadre de l’autotransfusion, technique de plus en plus utilisée outre-Atlantique en raison des risques de contagion nés de l’épidémie de SIDA.

Autant d’utilisations potentielles restant à étudier mais qui font de l’érythropoiétine produite par manipulation génétique l’un des marchés les plus considérables de la fin de ce siècle. Un marché que fabricants et autorités sanitaires devraient contrôler de la manière la plus rigoureuse. Déjà, en effet, on commence à envisager l’utilisation de cette substance à des fins de dopage, dans la mesure où ses effets sur l’organisme humain pourraient instantanément reproduire ceux du séjour en altitude et, peut-être entrainer, non sans risques, certaines améliorations des performances musculaires. »

 7 mars 1996

L’éclaircie annoncée

« L’érythropoïetine pourrait désormais être décelable dans les contrôles antidopage, selon le prince Alexandre de Mérode, président de la commission médicale du Comité international olympique (CIO). Celui-ci devait annoncer, mercredi 6 mars à Lausanne, devant la commission exécutive du CIO, la mise au point de procédés pouvant déceler la présence de ce produit, jusqu’à maintenant indétectable. L’érythropoïetine (EPO), employée en médecine contre les anémies et les insuffisances rénales, est sans doute utilisée dans les sports exigeant des efforts prolongés. »

Et dans le Monde (daté du 15 mars 1996)

« Le dépistage du dopage à  l’EPO est désormais possible

DANS UNE « correspondance scientifique » publiée par l’hebdomadaire britannique Nature (daté du 14 mars), une équipe franco-canadienne annonce avoir mis au point une méthode permettant de dépister les cas de dopage à l’érythropoïétine. Cette substance également dénommée EPO est une protéine de la famille des cytokines, naturellement synthétisée par l’organisme humain, dans lequel elle a, entre autres fonctions, celle de contrôler la production des globules rouges. On sait notamment que la production d’EPO (et celles des globules rouges) augmente lorsque la concentration atmosphérique en oxygène diminue (en altitude par exemple). A l’inverse, elle diminue en cas d’hyperoxygénation des tissus.

L’EPO fut, au milieu des années 80, l’un des grands succès de la biologie moléculaire. En 1985, une société californienne réussissait à cloner le gène dirigeant la synthèse de cette molécule. Trois ans plus tard, la firme Ortho-Cilag (groupe Johnson and Johnson) annonçait sa commercialisation internationale, offrant ainsi un nouvel et réel espoir thérapeutique pour de nombreux malades insuffisants rénaux et souffrant d’anémie (Le Monde du 29 janvier 1988). Dès cette époque, le fabricant avait, en liaison avec de nombreuses autorités sanitaires, pris une série de mesures visant à contrôler étroitement la diffusion de cette substance.

Il était clair, en effet, que la commercialisation de l’EPO allait susciter de nouveaux appétits dans le monde sportif, l’administration de cette hormone naturelle (et donc a priori indétectable) permettant d’augmenter les quantités d’oxygène apporté aux tissus et donc d’améliorer les performances musculaires et sportives. En dépit des précautions prises, l’utilisation de l’EPO à des fins de dopage fut rapidement possible, les fabicants ne maîtrisant guère, tout compte fait, la diffusion d’un produit très coûteux, dont l’administration incontrôlée peut être dangereuse, voire mortelle.

PRÉLÈVEMENTS SANGUINS « Le test que nous avons mis au point avec nos collègues canadiens est basé sur l’identification de deux substances témoignant de l’impact biologique de l’EPO dans l’organisme humain, a expliqué au Monde le docteur Alain Duvallet, spécialiste de médecine du sport (faculté de médecine Cochin-Port Royal, Paris). Nous pouvons donc désormais dire si tel ou tel athlète a eu ou non recours à des injections d’EPO, les administrations à des fins de dopage n’ayant rien à voir avec l’augmentation physiologique observée lors des séjours en altitude. Il reste à savoir quel usage sera fait par les institutions sportives de notre procédé. La quasi-totalité des recherches sur les produits dopants se fait sur des prélèvements urinaires. Or nous avons ici besoin de quelques gouttes de sang. Celles-ci peuvent être obtenues au bout du doigt ou au lobe de l’oreille. Mais acceptera-t-on de pratiquer de tels prélèvements, dont on pourra toujours dire qu’ils touchent à l’intégrité physique de l’athlète ? »

19 juillet 1998

Retour à la ligne de départ

« Les tests sanguins mis en place début 1997 pour lutter contre l’usage de l’EPO (érythropoiétine) ont fait long feu. Certains n’hésitent pas à dire qu’en fixant à 50 % le taux maximum d’hématocrite (concentration de globules rouges) contenu dans le sang, l’Union cycliste internationale (UCI) a « légalisé » l’EPO. Le premier défi des dopés fut de se maintenir dans la zone des 50 %. Ensuite, pour rendre les tests caducs, les spécialistes ont trouvé une autre parade. Ils ont d’abord recouru à des mélanges d’injections d’EPO et d’hormones de croissance : un savant dosage des deux maintient l’hématocrite en dessous du seuil. Dernière trouvaille, selon Christian Daulonède, médecin du sport à Bordeaux, « l’injection de sérum glucosé en intraveineuse, quelques dizaines de minutes avant le test, afin de fluidifier le sang. »

2 août 1998

Un bilan de quinze ans

« L’histoire du détournement illicite d’un médicament

« DÈS l’annonce de sa mise sur le marché, il y a dix ans, par la multinationale pharmaceutique Johnson and Johnson, l’érythropoïétine (EPO) a fait l’objet de rumeurs concernant son utilisation à des fins autres que thérapeutiques ainsi qu’il était signalé dans Le Monde du 29 janvier 1988. L’EPO, expliquait-on, avait pour effet d’entraîner non sans risques une augmentation des performances musculaires.

Ce médicament apparut rapidement comme une molécule pouvant être détournée de son usage médical (le traitement de l’anémie des malades hémodialysés et des nouveau-nés prématurés) et consommée à des fins de dopage. Alors que les responsables de la firme Ortho-Cilag, filiale de Johnson and Johnson, affirmaient qu’ils parviendraient à encadrer leurs systèmes de production et de distribution de manière à prévenir toute utilisation illicite, ce coûteux médicament est progressivement apparu dans les milieux du cyclisme professionnel.

Commencèrent alors une série d’expérimentations sauvages sur les cyclistes visant à mettre au point les doses et les associations optimales de ce produit dont la consommation ne répond en rien, ici, aux normes préconisées en médecine humaine. Bientôt connue sous le nom d’EPO dans les milieux cyclistes, l’érythropoïétine s’ajouta ainsi à la liste déjà longue des médicaments détournés de leur usage par des médecins et des soigneurs désirant augmenter les performances des sportifs avec le consentement plus ou moins éclairé de ces derniers. Avec l’hormone de croissance, elle fut aussi la première molécule dopante issue des techniques de recombinaison génétique.

En France, ce produit (commercialisé sous le nom d’« Eprex » par la firme Janssen-Cilag et de « Recormon » ou « Néorecormon » par Boehringer Mannheim) n’est disponible que dans les établissements hospitaliers et dans les centres de dialyse. Il n’en va pas de même en Italie ou en Suisse, pays où une simple prescription médicale permet de l’obtenir dans les pharmacies d’officine. Ainsi, en dépit du mouvement amorcé depuis quelques années par l’Union européenne dans le champ de la réglementation pharmaceutique, via l’Agence européenne du médicament, tout se passe comme si certains trouvaient intérêt à ne pas tenter de prévenir ce type de comportement illicite. Il faut en outre compter avec les trafics internationaux croissants de médicaments qui trouvent dans Internet un vecteur face auquel les services douaniers et les autorités sanitaires ne peuvent qu’avouer leur impuissance.

Le mode d’utilisation de cette molécule par les cyclistes expose ces derniers à un risque élevé d’accidents vasculaires. « L’utilisation détournée du produit (par exemple chez des personnes saines à des fins de dopage) est susceptible de provoquer une augmentation excessive de l’hématocrite [proportion du volume des globules rouges par rapport au volume sanguin total] pouvant entraîner des complications cardiovasculaires mettant en jeu le pronostic vital », souligne le fabricant Boehringer Mannheim dans le dictionnaire Vidal des médicaments.

En d’autres termes, l’EPO est un produit dopant pouvant entraîner la mort des jeunes sportifs qui le consomment. C’est ce qui conduit l’entourage de ces derniers à préconiser soit des exercices physiques nocturnes, soit de nouvelles consommations médicamenteuses destinées à « fluidifier » un sang surchargé en globules rouges. Et c’est sans doute l’extrême dépendance physique des coureurs vis-à-vis de cette molécule qui explique qu’elle a pu être retrouvée dans les hôtels où ils logeaient alors même qu’ils étaient avertis de l’arrivée de services de police.

L’acceptation, par le milieu cycliste, de la pratique des prises de sang dans le cadre des contrôles antidopage a ouvert la voie à un dépistage que ne permettaient pas les seules analyses urinaires. Pour autant, seuls des examens plus précis et plus fréquents que ceux mis en œuvre aujourd’hui permettraient aux biologistes et aux médecins d’affirmer que tel ou tel coureur a consommé ce médicament. »

La Boucle bouclée

Ainsi en dix années la boucle était-elle bouclée. Mais tout allait continuer comme par le passé. Et ce dès 1999. Le Monde de 1998 avait éditorialisé pour en finir avec le Tour du dopage et des dopés (affaire Festina). Quinze plus tard il vient de faire de même en recueillant les propos de Lance Armstrong qui, après avoir juré, vient d’avouer.

Le Monde éditorialise une nouvelle fois sous le titre « Grande Boucle, grande supercherie ». Extraits :

« La 100e édition du Tour de France s’élance de Corse, samedi 29 juin. En emmenant les coureurs pour la première fois sur l’île de Beauté, les organisateurs de la Grande Boucle espéraient peut-être, naïvement, pouvoir lui donner un nouveau départ. Et larguer dans les profondeurs de la Méditerranée le boulet du dopage accroché à la roue du peloton depuis quinze ans et l’affaire Festina.

Amaury Sport Organisation, propriétaire de la course, et l’Union cycliste internationale (UCI) devaient également croire qu’il suffisait de rayer Lance Armstrong des tablettes pour faire table rase du passé. Mais, comme le rappelle l’ancien septuple vainqueur (1999-2005), déchu et honni du Tour, dans l’entretien qu’il nous a accordé : » Je n’ai pas inventé le dopage. Et il ne s’est pas non plus arrêté avec moi. « 

L’Américain, expert en la matière, affirme qu’il est  » impossible de gagner le Tour sans se doper « . De fait, l’Allemand Jan Ullrich, lauréat en 1997, vient, lui aussi, de passer aux aveux. Le Danois Bjarne Riis, vainqueur en 1996, l’avait précédé de quelques années. Quant à Marco Pantani, qui avait remporté le funeste Tour 1998, il est mort à 34 ans, victime de ses addictions. Et la liste ne s’arrête pas aux années Armstrong. En 2006, son compatriote Floyd Landis doit rendre son maillot jaune à cause d’un abus de testostérone. Et, en 2010, c’est au tour du nouveau prodige du cyclisme mondial, l’Espagnol Alberto Contador, d’être contrôlé positif en pleine gloire.

Le Tour de France n’a plus de crédibilité sportive. Une étude d’opinion réalisée fin mai par CCM Benchmark Panel indique que plus de 40 % des Français seraient indifférents si le Tour s’arrêtait demain. Le Tour est donc en danger. Il doit restaurer sa crédibilité. Cela passe par une politique antidopage sans faille.

Cette année, la ministre des sports, Valérie Fourneyron, a réussi à forcer la main à l’UCI pour redonner la maîtrise des contrôles à l’Agence française de lutte contre le dopage. Elle a également envoyé un signal clair à la police – en l’occurrence à l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique -, pour qu’elle s’attaque aux trafics de produits dopants pendant le Tour.

Dans le sillage de l’affaire Armstrong, les sénateurs ont créé une commission d’enquête sur l’efficacité de la lutte antidopage. Leurs travaux ont permis de mettre en évidence que Laurent Jalabert, l’ancien meilleur grimpeur du Tour, reconverti en consultant pour le service public, avait lui aussi abusé de l’EPO en 1998. Et de nouvelles révélations sont à attendre d’ici au 18 juillet, lors de la publication de leur rapport.

 » On veut tuer le Tour de France « , a réagi Bernard Hinault, quintuple et dernier vainqueur français de la Grande Boucle. Il a tort. Comme Laurent Jalabert a tort de ne pas reconnaître, que, à l’instar d’Ullrich ou d’Armstrong, il s’est effectivement dopé. L’Américain se dit prêt à  » tout raconter  » devant une commission  » vérité et réconciliation « , du nom de celle qu’avait mise en place – pour des crimes autrement plus graves – l’Afrique du Sud après l’apartheid.

L’UCI serait bien inspirée d’en accepter la création. Coureurs, manageurs, dirigeants, organisateurs, sponsors et médias qui, au mieux, ont fermé les yeux, au pire ont été complices de ces années de supercherie, devraient s’y relayer à tour de rôle. C’est la condition pour que le Tour prenne enfin un nouveau départ. »

L’humour corrosif du quotidien sportif

Le lendemain le quotidien sportif L’Equipe, sans parler de l’entretien accordé par Armstrong au Monde, titre ; « Avis de beau temps ». On peut y voir une forme d’humour.

(A suivre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s