C’est nouveau, c’est pour les femmes, ce sera fiable : ivg.gouv.fr

Le gouvernement parachèvera demain le dispositif permettant aux femmes de disposer, gratuitement, de l’ensemble des informations et des méthodes leur permettant de maîtriser leur fonction de reproduction.

Depuis bientôt quarante ans (1975) le nombre des IVG demeure globalement stable (entre 206 000 et 215 000 ces dix dernières années). Comment comprendre qu’il ne baisse pas ? Pourquoi ne jamais aborder le sujet ? 

L’information avait  été bien cachée. Elle fut révélée à quelques journalistes tard dans la soirée du 26 septembre avec promesse tacite de ne rien dire jusqu’à l’aube du lendemain matin. On apprendrait alors que Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, et Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, Porte-parole du Gouvernement, lanceraient sous peu  un nouveau site dédié à l’information des femmes sur l’IVG : www.ivg.gouv.fr. Cette annonce sera  faite  à l’occasion de la Journée mondiale de mobilisation pour le droit à un avortement légal et sûr, samedi 28 septembre.

Prolifération informative

« L’ouverture de ce site est l’une des réponses à la croissance du nombre de sites internet diffusant des informations mensongères ou orientées, susceptibles de compromettre l’exercice du droit à l’IVG, expliquaient les services de presse des deux ministères. La prolifération d’informations souvent trompeuses et culpabilisantes pour les femmes, y compris sur des sites très bien référencés sur la question de l’IVG, est de nature à porter atteinte à la liberté de choix des femmes. Le gouvernement ne tolérera aucune entrave à ce droit essentiel des femmes, chèrement acquis. »

La prolifération d’informations souvent trompeuses et culpabilisantes pour les femmes, y compris sur des sites très bien référencés ? Voilà qui n’est pas anodin. Et venant de la part du gouvernement c’est une accusation grave. Trompeuses on comprend. Mais comment évalue-t-on une prolifération d’informations culpabilisantes ? Et qui est coupable de cette culpabilisation des femmes souhaitant avorter ? Sont-ce des religieux ? Pour l’heure on n’en saura pas plus.

Fin des obstacles financiers

En pratique le nouveau site d’information « complet et actualisé » permettra à chaque femme « de disposer de tous les renseignements utiles pour éclairer son choix, compte tenu de la législation applicable ». Il orientera les femmes souhaitant avorter « vers les professionnels formés pour bénéficier de renseignements sur les lieux accessibles, pour une information ou un acte d’IVG, ou pour une écoute ».

Les deux ministres tiennent à rappeler que la politique de santé qui permet de garantir à toutes les femmes qui en ont besoin de recourir à l’IVG, sans obstacle financier (gratuité des IVG depuis le 31/03/2013) et partout en France.

La crise ou le débat médiatique

Cette initiative doublement ministérielle fait suite au rappel fait par Marisol Touraine de ses différentes mesures concernant la facilitation de la contraception, et ce à l’occasion de la « Journée mondiale » qui lui est consacrée.  On se souvient que ce sujet a alimenté, en France, une crise d’origine médiatique (Mme Touraine préfère parler de débat médiatique) sur les risques inhérents aux pilules de 3ème et 4ème génération. Cette crise avait trouvé son origine dans le dépôt très médiatisé de la  plainte déposée par une jeune femme victime d’un accident vasculaire cérébral. Elle aura rapidement  permis de mettre en lumière l’ampleur des anomalies de prescriptions des contraceptifs oraux ; anomalies fort bien connues des autorités en charge du médicament (de même que des prescripteurs et des firmes pharmaceutiques). Anomalies que ces mêmes autorités ne semblaient pas être en mesure de corriger.

Bilan globalement positif

Au final, avec neuf mois de recul, le bilan de la crise (du débat) semble globalement positif. Les services de Mme Touraine indiquent que des études montrent que cet évènement « a conduit 20% des femmes à aller consulter un médecin et 25% d’entre elles à aller rechercher des informations sur Internet ».

Les chiffres (enfin) disponibles sur le nombre des IVG (17 000 par mois) ne montrent pas le pic que l’on pouvait redouter au plus fort de la mise en cause de ce mode de contraception. Ce sont là des données officielles (DREES : évolution mensuelle du total des IVG en métropole – sources PMSI et cnamts – régime général)

Quant aux  anomalies de prescriptions elles ont été en partie, et apparemment sans mal, corrigées.  Une femme sur cinq a, en France et depuis le début de l’année, changé de contraception (1). On aura, à cette occasion pu prendre, une nouvelle fois, la mesure de l’importance  qu’il y a du point de vue de la santé publique à disposer, collectivement, de chiffres fiables (et en temps réels) sur les ventes (les prescriptions et les consommations) de médicaments.

Les autres mesures gouvernementales

Cette crise (ce débat) a quelque peu occulté les autres mesures gouvernementales : la gratuité de la contraception pour les mineures de plus de 15 ans, le déremboursement des pilules de 3ème génération, les nouvelles recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) en matière de contraception, la nouvelle campagne de communication lancée par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES). Elle n’a pas non plus permis d’aborder l’un des sujets fondamentaux de la dépénalisation de l’IVG.

Des chiffres étrangement stables

En dépit des mesures prises concernant l’accès à cette pratique et concernant  l’accroissement des informations sur la contraception  les chiffres disponibles (INED) montrent une stabilisation du nombre des avortements : entre 206 000 et 215 000 ces dix dernières années. Le ratio d’IVG pour cent naissances vivantes ne bouge guère (entre 26,3 et 27,4), le taux annuel d’IVG pour 1000 femmes non plus (entre 14 et 14,8) et le nombre moyen d’IVG par femme se situe toujours légèrement au dessus de 0,50.  Pourquoi ?

 

(1)  Ce neuf derniers mois les choix des femmes pour leur contraception ont connu de notables évolutions.

De décembre 2012 à août 2013, les ventes totales de contraceptifs oraux combinés (COC) de 3ème et 4ème génération ont diminué de 36,6% comparativement à celles reportées sur la période décembre 2011‐août 2012 (Sources ANSM) Les femmes ont ainsi remplacé leurs pilules de 3ème et 4ème génération par d’autres modes de contraception notamment les pilules de 1ère et 2ème génération et les stérilets.

En effet, depuis décembre 2012, les ventes de contraceptifs oraux de 1ère et de 2ème génération augmentent avec une hausse globale de 24,3% sur les 9 mois considérés par rapport à la même période de l’année précédente. En  août 2013, le ratio de ventes de COC de 1ère et 2ème génération par rapport aux ventes de COC de 3ème et 4ème génération reporté était de 76% /24% alors qu’il était de 53% /47% un an auparavant.

Depuis le mois de décembre 2012, une augmentation des ventes des autres contraceptifs (dispositif intra utérin progestatif et au cuivre, implants) s’est amorcée. La hausse globale observée était de 26,1% sur la période étudiée (décembre 2012 – août 2013) comparativement aux ventes de la même période de l’année précédente.

« Pour la première fois dans ce contexte, alors qu’aucune évolution du recours au dispositif intra utérin chez les jeunes et les femmes n’ayant jamais eu d’enfant n’avait été enregistrée entre 2000 et 2010, en dépit des recommandations émises par la HAS en 2004, on constate en 2013 que 4% des femmes de 20‐24 ans l’utilisent (contre 2% en 2010) et la hausse est encore plus marquée chez les 25‐29 ans (16% contre 8%), précise-t-on au ministère de la Santé. Ainsi, l’augmentation la plus importante, de l’ordre de 45,1%, concerne la vente de dispositifs intra‐utérins non imprégnés de progestatifs (DIU au cuivre) qui occupent actuellement plus de 40%

des ventes de cette catégorie « autres dispositifs » : une hausse supérieure à 50% est observée chez les femmes âgées de 20‐29 ans et 30‐39 ans, cette augmentation est de l’ordre de 30% chez les personnes âgées de 40 à 49 ans. »

 

 

 

Une réflexion sur “C’est nouveau, c’est pour les femmes, ce sera fiable : ivg.gouv.fr

  1. Pour la non baisse des IVG, je voudrais citer 2 hypothèses du regretté Paul Yonnet (Le recul de la mort) tirées de son idée force sur l’Enfant Désiré : 1) l’enfant est tellement désiré au moment ad hoc que l’IVG est un moyen ce contraception ; 2) la division de la conscience : le foetus n’est pas considéré comme un être vivant (les exemples récents d’infanticide et les réactions de tous me semblant être « surjouées ».
    Bonne soirée.

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