Vincent Lambert : le Conseil d’Etat décidera s’il vivra ou pas

Bonjour

La tragédie approche de son terme. Nous sommes mardi et nous saurons sous peu si Vincent Lambert continuera à vivre (en état de conscience minimale) ou s’il mourra bientôt faute d’être nourri et hydraté. Sommée de prendre la parole il y a vingt-quatre heures via lemonde.fr (mémoire-blog) Marisol Touraine, ministre de la Santé s’est exprimée à l’aube du 28 janvier sur i-Télé.

Souhait-elle oui ou non que le CHU de Reims saisisse le Conseil d’Etat pour contester la décision du Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne? Mme Touraine a esquivé. Elle a déclaré que si la famille de Vincent Lambert faisait appel, elle demanderait alors  «  formellement au directeur du CHU de Reims de l’accompagner dans cet appel ».

Etat attentiste

Où l’on découvre que le gouvernement choisissait de ne pas faire le premier pas se défaussant en quelque sorte sur une fraction de la famille déchirée de Vincent Lambert pour que le droit puisse s’exprimer en majesté. Où l’on découvrait aussi incidemment que dans un tel cas l’autonomie d’un directeur de CHU n’existe pas – pas plus que celle d’une équipe médicale. Que se passerait-il si Vincent Lambert était hospitalisé dans un établissement privé ? Ou à son domicile ?

L’attentisme de la ministre de la Santé avait aussitôt été utilisé par Me Jean Paillot, l’un des avocats des parents de Vincent Lambert. Il fait valoir pour sa part que «  c’est uniquement à sa femme que doit revenir la responsabilité d’engager une procédure d’appel et sûrement pas à l’hôpital ni à l’Etat de prendre la place de la famille ».

Frange extrême 

Un élément doit être également pris en compte dans cette affaire tragique et sans précédent en France. Les signataires de la tribune publiée sur lemonde.fr usent de l’image de la « prise d’otage », font valoir que c’est ici la France qui est « prise en otage par une frange extrême de la société représentant une minorité, très agissante comme souvent ». Ils laissent entendre que la décision de justice a été influencée par des mouvements extrémistes.

« Cette situation selon nous pose plusieurs questions, écrivent-ils. Comment l’équipe médicale peut-elle en être réduite à penser maintenant que des menaces de procédure pénale puissent réellement aboutir entre les mains d’un procureur qui étudierait sérieusement cette menace ? Procédure « qui aurait des retombées sur votre carrière, vous-même et votre famille », dixit les quatre requérants… » Qu’est-ce à dire ? La colère nourrie par l’émotion peut s’entendre. Elle ne saurait tout permettre.

 Bronca médicale

Rappelons que le « processus de fin de vie » (l’arrêt de la nutrition-hydratation) avait été « lancé » par l’équipe médicale avec l’accord de l’épouse de M. Lambert et d’une partie de ses frères et sœurs. Rappelons que les parents (appuyés par une sœur et un demi-frère) avaient demandé au tribunal de s’opposer à cette décision. Réunis en formation collégiale et au terme d’un long argumentaire les juges avait dit le droit et, en cela, accédé à la demande des parents. Ce faisant ces mêmes juges avaient suscité une bronca médiatique sans précédent et hautement paradoxale dans certaines franges du corps médical français (mémoire-blog).

Les juges médecins

Le député (UMP) Jean Leonetti, cardiologue de métier et « père de l’actuelle loi sur la fin de vie » juge que le CHU de Reims doit aller devant le Conseil d’Etat. Celui qui avait semblé vouloir peser sur la décision des juges de Châlons-en-Champagne (sans être suivi par eux) interprète désormais leur jugement. « Les juges se sont substitués aux médecins dans l’attente d’un jugement de fond, sachant bien qu’il y aurait une décision du Conseil d’Etat, croit-ils savoir. Celle-ci permettrait d’apporter la sécurité juridique dans d’autres cas et aussi pour les médecins. »

Vivre ou pas

A l’heure où nous écrivons ces lignes l’épouse de Vincent Lambert vient d’annoncer à l’Agence France Presse qu’elle avait in fine décidé de saisir le Conseil d’Etat. L’Etat la suivra-t-elle ? En toute hypothèse  le Conseil devra se prononcer dans les 48 heures. On saura alors si Vincent Lambert continuera (ou non) à être nourri et hydraté par une équipe médicale qui estime, depuis longtemps déjà, que tel ne devrait plus être le cas.

A demain

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