2014. L’égalité « hommes-femmes » n’existe plus. Ce sera désormais l’inverse (1)

Bonjour

C’est l’un des papiers les plus drôles de ces derniers mois. On le trouve dans Le Figaro daté du 22 janvier, page 2. Il est signé de Stéphane Kovacs et Etienne de Montety. Une seule coquille : son titre. Le quotidien de droite n’a pas pu se retenir : « Parlez-vous la novlangue socialiste ? ». L’absence de qualificatif eût ici été plus juste.

Pour le reste la novlangue : elle est toujours aussi redoutable, aussi symptomatiquement menaçante. Elle est née en 1948 pour naître en 1984. Trente ans plus tard elle montre toujours le bout de son nez – avant les crocs. Laissez là donc  en responsabilité  – et elle aura vite  vocation à vous parler des cités, à organiser nos territoires. Faire France s’impose, dans un Nous inclusif et solidaire.

« Egalité hommes-femmes »

On dira désormais égalité « femmes-hommes ».  Comme on peut le lire sur le site du ministère des droits de la femme : « le projet de loi pour l’égalité femmes-hommes à l’Assemblée nationale : consultez notre dossier de presse ». Le projet de loi « pour l’égalité entre les femmes et les hommes est le premier texte à aborder l’égalité dans toutes ses dimensions ». Car comment témoigner que l’égalité est bien là si les dimensions, toutes les dimensions, ne sont pas prises ?

Pourquoi les femmes sont-elles désormais, dans le marbre de la loi, devant les hommes ? « Pour une raison toute bête » a-t-on répondu au Figaro. C’est à cause de l’alphabet. Il fallait y penser.

Ne plus  « être enceinte »

Longtemps cela coula de source : on l’était après y être tombé. Personne n’aurait jamais douté. Seules les femmes pouvaient l’être. La femme enceinte était la femme qui portait un enfant dans son sein. Les femelles étaient grosses.  La formule était spécifiquement humaine. Depuis René Descartes nous sommes  parce que nous cogitons – quant à  incincta depuis le latin c’est ne pas porter de ceinture : de in privatif et de cingere ceindre.  

Ce sera dorénavant « être en état de grossesse médicalement constaté ». La formule est originale. Elle figure  dans le texte de la  loi pour l’égalité entre les hommes et les femmes. « Etre enceinte » s’efface en même temps que  la référence à la détresse pour l’interruption volontaire de grossesse (mémoire-blog).

Extrait du de la nouvelle loi :

« (nouveau) Après le III, sont insérés des III bis et III ter ainsi rédigés :

« III bis. – La collaboratrice libérale en état de grossesse médicalement constaté a le droit de suspendre sa collaboration pendant au moins seize semaines à l’occasion de l’accouchement. À compter de la déclaration de grossesse et jusqu’à l’expiration d’un délai de huit semaines à l’issue de la période de suspension du contrat, le contrat de collaboration libérale ne peut être rompu unilatéralement, sauf en cas de manquement grave aux règles déontologiques ou propres à l’exercice professionnel de l’intéressée, non lié à l’état de grossesse. »

On voit bien ici la nécessité de ne pas se borner au déclaratoire féminin, ne serait-ce que pour défendre les droits de la femme. La nécessité d’avoir une confirmation objective (à dire vrai plus biologique que médicale). A dire vrai la formulation n’est pas nouvelle et figurait déjà dans les dispositions relatives au droit du travail.

Feu l’école maternelle-maternante

« Changer le nom en petite école ou première école, c’est neutraliser d’une certaine manière la charge affective maternante du mot maternelle ». La phrase est de Sandrine Mazetier, député (PS, Paris)  et datée du 1er février 2013.  Mme  Mazetier a effectué l’ensemble de sa scolarité dans le 12ème arrondissement de Paris. Hypokhâgne, khâgne, licence de lettres classiques, études en « marketing publicité » puis entrée en politique.

Mme Mazetier est aujourd’hui vice-présidente de l’Assemblée Nationale. Elle entend  débaptiser l’école maternelle. « C’est une école, pas un lieu de soins, ni de maternage, c’est un lieu d’apprentissage plaide-t-elle. Cela rendrait justice au travail qui y est fait, au professionnalisme de ceux qui y interviennent et ça rappellerait aussi qu’aujourd’hui, la responsabilité de l’éducation des enfants est partagée entre les parents et n’est pas la spécificité des femmes ».

Débaptisons. Première école, donc. C’est parfait. Une question : comment s’appellera la dernière ?

(A demain)

 

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