Egalités sexuelles : le retour de la PMA-GPA (2)

Bonjour

La « novlangue » est dans l’actu  (mémoire-blog 1).  Voici qu’un nouveau sujet sociétal et politique agite les foules, sinon les esprits : la théorie ou les études du « genre » (précision : ne jamais dire idéologie). Il est un espace privilégié d’expression, en France, de ce nouveau langage :  celui qui fait suite à légalisation (mai 2013) de la pratique du « mariage pour tous ».  On en observe aujourd’hui les derniers et redoutables symptômes : des « rumeurs » alimentées par  un programme voulu par le ministre de l’Education – programme relayé par celle des Droits des femmes et par celle de la Santé. Ce sont les ABCD de l’égalité. Précisions

« Stéréotypes de genre » (les déconsruire)

Depuis plus d’un an on peut lire ceci sur le site du ministère de la Santé

« La création du programme « ABCD de l’égalité », qui s’adresse à l’ensemble des élèves de la grande section de maternelle au CM2 et à leurs enseignants, vise à déconstruire des stéréotypes de genre. » Grande section de maternelle  qui, en toute rigueur égalitaire anti-stéréotype devrait être débaptisée.

Explications  (sur le « café pédagogique ») : « Pas simple, de lutter contre les stéréotypes de genre, surtout à l’heure où ils sont brandis comme le dernier bastion des repères culturels et sociaux. Ces lieux communs consensuels où tout le monde se retrouve, cultures et origines sociales confondues, ont la commodité des vieilles connivences. Lutter contre ces traditions se révèle une tâche ingrate pour l’enseignant, accusé de briser les rêves ou soupçonné de militantisme idéologique… Au pays des stéréotypes, les filles ont de longs cheveux et robes roses, les garçons sont forts et audacieux avec des pouvoir surnaturels. Ces images restent plébiscitées dans l’iconographie et l’imagination populaire ; mais derrière elles, se construit une vision réductrice du monde, où les garçons conquièrent et où les filles se réservent. Modèle qui alimente généreusement la matrice des inégalités sociales, professionnelles et familiales, que l’on attribuera ensuite, avec fatalisme, à un ordre naturel des choses, adossé si besoin à des considérations biologiques. »

Mr Peillon et Mme Bertinotti

Pour des raisons qui demeurent à éclaircir ce programme alimente depuis quelques jours des fantasmes contagieux, éminemment régressifs, face auxquels les puissances publique et médiatique se révèlent désarmées. Deux traductions du jour de cette impuissance.

La première est la demande publique faite par Vincent Peillon, ministre de l’Education  nationale  qui a eu cette phrase hier au sortir du conseil des ministres : « Tous les manipulateurs, tous les fauteurs de trouble et de haine qui répandent ces rumeurs, je leur demande d’arrêter. » Et qui, en écrivant à chaque directeur d’école va amplifier l’écho d’un mouvement lancé par un minuscule groupe d’extrémistes.

Infertilité (peut être « sociale »)

La seconde est le discours embarrassé de Dominique Bertinotti. La ministre chargée de la Famille était ce matin au micro de RTL (Jean-Michel Apathie. Service commandé.  On peut voir et écouter ici.  Et soudain un arrêt-retour sur images. Où il est à nouveau question d’une loi qui autoriserait l’usage des techniques de la procréation médicalement assistée (PMA) chez des couples composés de deux femmes. Et, par souci d’égalité, d’autoriser la pratique de la grossesse pour autrui (GPA) au bénéfice de couples composés de deux hommes. La novlangue par ici d’infertilité « sociale ».

Mme Bertinotti a assuré que le sujet « n’était pas d’actualité ». Plus précisément il ne l’est plus. Avant de l’être à nouveau. Le gouvernement attend (là encore) un avis du Comité national  d’éthique et l’examen qu’il a lui-même saisi. Puis ce sera , en mars prochain, l’examen d’une nouvelle loi sur la famille. Avec le jeu des amendements socialistes  ou extrémiste.

Il y a neuf mois on parlait beaucoup d’une proposition de loi  modifiant l’article L. 2141-2 du code de la santé publique relatif à l’assistance médicale à la procréation. On la trouvera ici.

Dépasser le droit

Cette proposition trouvait, tout naturellement, son origine dans la la loi n° 2013-404 du 17 mai 2013 « ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe » – loi  qui a permis de dépasser « un ordre du droit qui se fondait sur une norme sociale majoritaire, un modèle familial ignorant la pluralité des modes de parentalité qui existent ».

Extrait de l’exposé des motifs :

« Les avancées de la recherche et de la médecine ont permis ces dernières décennies à des couples infertiles d’avoir des enfants grâce à la technique de l’assistance médicale à la procréation. Selon la loi en vigueur, celle-ci est réservée aux couples formés d’un homme et d’une femme, pour pallier leur infertilité ou pour éviter la transmission à l’enfant ou à l’un des membres du couple d’une maladie d’une particulière gravité. Ainsi, les couples de même sexe se trouvent exclus de cette possibilité. La présente proposition de loi a pour objet d’ouvrir l’assistance médicale à la procréation à tous les couples infertiles, qu’il s’agisse d’une infertilité médicale ou « sociale ». »

Quant à l’avis (à venir) du Comité consultatif national d’éthique a été chargé de remettre un avis sur l’assistance médicale à la procréation « il ne demeurera qu’un avis soumis à l’appréciation du législateur ». « Il n’existe aucun droit à l’enfant. Mais notre société ne pourra sortir que grandie d’avoir permis à ceux qui le désirent de devenir parents, au-delà de tous préjugés qui doivent être dépassés » écrivaient les promoteurs de cette proposition de loi. Auraient-ils changé d’avis ?

 Article unique

L’article L. 2141-2 du code de la santé publique est ainsi modifié :

1° La deuxième phrase du premier alinéa est supprimée.

2° À la première phrase du deuxième alinéa, les mots : « L’homme et la femme formant le couple doivent être vivants » sont remplacés par les mots : « Les personnes formant le couple doivent être vivantes ».

3° À la dernière phrase du deuxième alinéa, les mots « par l’homme ou la femme » sont remplacés par les mots : « par l’un des membres du couple ».

Eschyle

Ce matin sur RTL, à l’heure des croissants Mme Bertinotti a déclaré : « Ce n’est pas dans un palais de peur que l’Espoir entrera ». Elle a ici cité Eschyle.  La ministre n’a pas cité Agamemnon (Ἀγαμέμνων / Agamémnôn).

De mémoire on croit savoir que l’histoire se termine assez mal. Voire très.

(A demain)

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