Luc Cifer (Prescrire) et Joséphine Baker

Bonjour,

Que serait Prescrire sans son Luc Cifer ? Son Pardon si je vous dérange est à la fois une anomalie et une redondance éditoriale. Le must. Anomalie : ce sont les seules lignes de la livraison mensuelle susceptibles de déclencher le sourire chez le lecteur (la lectrice). Parfois même (osons le faire rosir) l’éclat de rire. Redondance en ce que cet écrivain voilé poursuit la morale laïque (réformée?) qui sous-tend le propos de cette belle bible pharmaceutique.

Luc Cifer est un moraliste travaillant dans un encadré. Il y a du Desproges en lui. Du Desproges et du Luc de Vauvenargues. On se souvient du premier. On n’ose imaginer ce qu’il serait aujourd’hui. Le second ? 1715-1747. Famille noble aux revenus modestes. Dix ans d’armée. Veut être diplomate. Attaque de variole. A Paris, vie retirée. Peu d’amis. Sauf Voltaire. Contre l’avis de son père se lance dans l’écriture. Ecriture anonyme.  Réflexions et Maximes. Edition posthume après sa mort à 31 ans.

Vauvenargues ? « Une âme pure et fière, généreuse et tendre, éprise d’idéal. Un homme au jugement ferme, lucide et pondéré, non dénué de finesse. » Sa véritable force est d’exprimer dans un langage assez épigrammatique les résultats de son observation attentive des comportements et des motivations des hommes. Vauvenargues ? Un « stoïque moderne ».

Régis Debray

« Qui sait souffrir peut tout oser. » Comment ne pas songer à Luc Cifer (et réciproquement) ? Luc Cifer qui nous régale aujourd’hui avec Joséphine Baker. Joséphine que Régis Debray (le révolutionnaire) entend voir finir ses jours au Panthéon. Il y a urgence – il faut lire sa supplique à François Hollande dans Le Monde du 18 décembre 2013.

Prescrire prend le relais. « (…) Joséphine Baker serait la première saltimbanque ainsi honorée. Mais elle dispose d’autres titres à faire valoir : femme, noire, bisexuelle, naturalisée, authentique résistante, militante antiraciste, apôtre de la diversité avec sa ‘’tribu arc-en-ciel’’, famille recomposée. Par surcroît œcuménique : vaguement convertie au judaïsme lors d’un mariage, enterrée selon le rite catholique, elle aurait pu se faire musulmane si ses tenues de scène n’étaient pas incompatibles avec le tchador. Admirable synthèse d’un tas de lobbys. Toutefois, disparue trop tôt [1975]  pour s’engager contre le sida, lui manque d’avoir été abstinente tabagique. Nobody is perfect. »

La perfection ? Le Panthéon ? Luc Cifer s’en rapproche.

(A demain)

 

 

 

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