Alzheimer : Les rêves magnétiques de Neuronix (Le Figaro)

Bonjour,

Faute de traitement médicamenteux efficace et sans danger rien n’interdit d’expérimenter. Et l’expérimentation n’interdit pas, n’a jamais interdit, de rêver. Le rêve est nécessaire à la vie. Mieux il lui est consubstantiel. Les Grecs anciens et Freud, le Pr Michel Jouvet et le poète Yves Bonnefoy (1) l’ont amplement prouvé. L’approche de la mort n’interdit pas la métaphore. Au contraire.

Transcrânien express

On pouvait songer à tout cela, il y a quelques jours, en lisant une pleine page du vieux Figaro ; page signée Delphine Chayet  et ainsi sous-titrée : « L’envoi d’impulsions électriques dans le cerveau à un stade précoce de la maladie semble donner des résultats positifs, bien que limités dans le temps ». Nous sommes ici sur la « piste de la stimulation magnétique ».

Ou plus précisément sur celle de la stimulation magnétique transcrânienne (TMS). Une formulation que Le Figaro ressent comme barbare tout en précisant qu’elle est « médicale indolore et non invasive » ; qu’elle a « fait ses preuves dans le traitement des dépressions sévères résistantes, des idées hallucinatoires chez le schizophrène et des douleurs chroniques ».

Beau tableau de chasse, pour un barbare. Et ce d’autant que « les neurologues et psychiatres, sont persuadés que cette stimulation cérébrale n’a pas encore dévoilé tout son potentiel thérapeutique ». D’où les expérimentations en cours sur les séquelles d’un accident vasculaire cérébral, la maladie de Parkinson et celle d’Alzheimer  « dont les médecins espèrent contenir certains symptômes grâce à cet outil ».

Ralentir le déclin

 Le Figaro cite  le Pr Emmanuel Haffen, psychiatre au CHU de Besançon. «Le principe de la TMS est de moduler l’activité de régions du cerveau qui fonctionnent anormalement afin d’obtenir une amélioration de certaines fonctions. » On comprend que « l’objectif n’est pas de traiter la cause de la maladie, encore moins de la guérir, mais de ralentir le déclin inéluctable des fonctions cognitives ». Et donc que la stimulation doit intervenir au stade précoce. Le Figaro cite encore, longuement,  Eyal Baror, directeur général de Neuronix  une start-up israélienne « qui propose ce traitement » : «Nous parvenons à stabiliser les patients, voire à les améliorer. Après leurs séances, certaines personnes retrouvent des capacités qu’ils avaient perdues, comme celle d’avoir une conversation ou de retrouver le chemin des toilettes dans la maison. La stimulation électrique est un peu bruyante, mais elle ne fait pas mal et n’a pas d’effet secondaire.»

Peut-être

La cure dure un mois et demi, à raison de cinq séances d’une heure par semaine. Non remboursée par la Sécurité sociale, elle est facturée l’équivalent de 6 000 dollars en Israël. Et en France ? Le Figaro ne le dit pas. Selon les quelques études scientifiques déjà menées, ce traitement, cette cure, se traduirait par une amélioration de quelques points sur l’échelle d’évaluation des performances cognitives, un bénéfice qui se maintiendrait sur plusieurs mois. Le Figaro cite encore Gilles Kemoun, professeur de médecine physique et de réadaptation à Poitiers : « Ces résultats sont comparables à ceux qu’on obtient avec les médicaments. Le fait que la stimulation intervienne à la fois de manière artificielle et naturelle (via les exercices) crée un effet synergique qui augmente peut-être les bénéfices.»

La promesse éphémère

Pour sa part Toni Valero Cabre, chercheur au CNRS exprime la prudence de la Fondation pour la recherche sur la maladie d’Alzheimer.  Quant au ministère de la Santé et autres institutions publiques en charge de conseiller les citoyens assurés sociaux elles ne se sont pas encore exprimées.

Des recherches prometteuses et des résultats éphémères. Inefficaces et potentiellement toxiques les médicaments sont remboursés par notre collectivité (mémoire blog). Soit plus de trois cent millions d’euros par an. A quel titre les ondes de Neuronix (comme celles de ses concurrents) ne le seraient  pas ? Avons-nous encore les moyens de nous payer nos rêves ?

A demain

(1) A paraître « Yves Bonnefoy, histoire des œuvres et naissance de l’auteur. Des origines au Collège de France » de Daniel Lançon. Une remarquable biographie non romancée

Editions Hermann ; contact.commercial@edition-hermann.fr

2 réflexions sur “Alzheimer : Les rêves magnétiques de Neuronix (Le Figaro)

  1. Quand on a un malade atteint d’altheimer dans sa famille, en parfaite forme physique , plutôt jeune, on aimerait tenter un traitement par le neuronix!! Comment faire pour entrer dans s un protocole thérapeutique, même payant ?? Merci

Répondre à tubiana Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s