Macaques humanisés chinois : trembler ou pas ?

Bonjour

Applaudir ou trembler ? Des biologistes chinois ont réussi à donner naissance à  des macaques sur la voie de l’humanisation. Ils révèlent leur affaire dans la revue spécialisée Cell  Cette première est l’œuvre de vingt-huit chercheurs chinois dirigés par Yuyu Niu (Laboratory of Primate Biomedical Research, Kunming). Il s’agit là d’un tour de force technique : ils sont parvenus à utiliser pour la première fois chez des primates (Cynomolgus monkey) une technique de manipulation génétique nouvelle et considérée comme hautement prometteuse dans le milieu.

Greffes d’ADN

Dénommée Crispr /Cas 9  cette technique d’insertion de gènes étrangers n’avait jusqu’à présent pu être utilisée que chez des rongeurs de laboratoires (rats et souris) ainsi que chez le poisson-zèbre.  Les auteurs de la publication expliquent que leur nouvelle technique permet de cibler précisément le lieu d’insertion du gène modifié à la différence des  techniques antérieures où les greffes d’ADN s’inséraient de façon aléatoire dans le génome.

Ces chercheurs ont travaillé au tout premier stade embryonnaire. Ils ont d’abord créé in vitro des embryons de macaque par fécondation in vitro à partir de la micro-injection d’un spermatozoïde dans un ovocyte. Les gènes étrangers ont ensuite été injectés neuf heures après cette fécondation artificielle. Ils se sont  intégrés au patrimoine génétique inaugural de l’embryon macaque. Ces embryons ont ensuite été placés chez des mères porteuses qui sept mois plus tard ont donné naissance à leurs macaques mutants. Des gestations pour autrui, là aussi.

Créateurs

La technique mise au point a permis de greffer simultanément plusieurs gènes dans le patrimoine héréditaire des macaques. Pour l’heure  les auteurs  disent être sont parvenus à greffer les gènes Ppar-g  et Rag1 . Le premier dirige la synthèse d’une protéine impliquée dans le métabolisme du sucre et des graisses. Le second joue un rôle clef dans l’immunité. On ne vois pas encore les traits humains sous le poil simiesque. Les créateurs estiment que ces nouvelles possibilités permettront de disposer à l’avenir de meilleurs modèles expérimentaux vivants pour analyser les maladies humaines d’origine génétique et les possibilités thérapeutiques les concernant.

Mais on n’en restera pas là. L’autre perspective est celle du transhumanisme : ces néo-singes doivent alors être perçus comme une plate-forme expérimentale d’amélioration des performances génétiques de certains représentants de l’espèce humaine.  Pour l’heure les chercheurs chinois se veulent ici rassurant. Dans un entretien accordé à la MIT Technology Review   Weizhi Ji (qui a dirigé ce travail) explique qu’il faudra encore attendre longtemps avant de pouvoir expérimenter cette nouvelle technique à des embryons humains. Pour des raisons de sécurité explique-t-il.

Rostand (Jean) et Céline (Louis-Ferdinand)

Il y a soixante-dix ans, dans « L’Homme. Introduction à l’étude de la biologie humaine » (Gallimard) Jean Rostand écrivait :

« Il n’est pas impossible que la biologie de l’avenir sache faire profiter notre espèce d’un petit supplément de matière chromosomique. Et l’on pourrait même se demander à cet égard- pour offensante qu’une telle idée doive paraître à notre orgueil- si nous n’aurions pas intérêt à annexer à notre patrimoine héréditaire quelques gènes provenant de telle ou telle espèce animale. Cette annexion pourrait se faire par l’hybridation, elle exigerait l’introduction directe des gènes étrangers dans un ovule de culture.

Enfin sera-t-il permis d’imaginer que l’introduction de ces gènes animaux aurait pour conséquence de rompre l’équilibre génétique de notre espèce, et de faire ainsi repartir son évolution vers on ne sait quelles destinées ?

Ce seraient alors bien d’autres possibilités qui s’ouvriraient à la science. Nous avons simplement voulu noter quelques-unes des visions d’avenir qui se présentent à un biologiste de l’an 1940… »

Cognac

Pour l’heure ce sont des gènes humains qui entrent dans le patrimoine simiesque. Et pas encore l’inverse. De même, contrairement à la prophétie occidentale  terminale de Céline c’est le cognac qui va vers la Chine (et non l’inverse). Combien de temps encore avant le transhumanisme ?  Trembler ou applaudir ?

A demain

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