Qui sont donc ces Français(es) anormaux qui se disent fiers de « ne pas vouloir d’enfants » ?

Bonjour,

Clin d’œil : en pleine hystérisation de la controverse sociétale sur la famille nos fonctionnaires démographes viennent de publier un petit poulet. Il est titré : « Rester sans enfant : un choix de vie à contre-courant ». (1). Ce qui réjouit l’éditorialiste femme de La Croix du jour, comme rassurée de cette croissance persistante, de ces multiplications écrites.

« Contre-courant » ? Serait-ce dire que  le dominant c’est l’enfant ? Que la puissance c’est la naissance ? Que le courant qui nous emporte vers la mer est celui de la procréation ? Et que les affluents sont la lutte contre la stérilité  quel qu’en soit leur prix, les innombrables petits cours d’eau des tracasseries de l’adoption-pénurie ? Et où situer les sources (encore inaccessibles) de  la « PMA » et d la « GPA » ? Les grottes pétrifiantes des  revendications montantes du droit  à disposer du corps des autres pour avoir le droit d’avoir un enfant biologiquement bien à soi ? Avec espèces trébuchantes si besoin est.

 Infécondité volontaire

Nager-ramer à contre-courant  c’est ne pas avoir (délibérément) usé de sa fonction de reproduction et choisir de maintenir ce choix. Qui sont ces personnes et quelles raisons (peut-être officielles et superficielles) donnent-elles pour justifier ce choix bien étrange ?  Vivent-elles ou non en couples ? Charlotte Debest et Magali Mazuy, de l’Institut national d’études démographiques (Ined) ont enquêté.

Si l’on veut bien croire  l’enquête  Fecond (« Fécondité, contraception et dysfonctions sexuelles ») de 2010, 4,3 % des femmes et 6,3 % des hommes âgés de 18 à 49 ans déclarent ne pas avoir d’enfant et ne pas en vouloir (2). Cette « infécondité volontaire » ne semble pas être un phénomène en augmentation. L’Ined  estime qu’il s’agit là d’un phénomène « très minoritaire ». Très minoritaire par rapport à quoi ? L’Ined ne le dit pas ?

Des « libertaires »

Autre symptôme (qui peut sembler) troublant : « Bien qu’elle soit plus fréquente chez les personnes qui ne sont pas « en couple », la moitié des personnes volontairement sans enfant sont en couple ». Déclarer ne pas vouloir d’enfant est plus fréquent pour les femmes diplômées et les hommes peu diplômés, ainsi que pour les personnes en fin de vie féconde.  Plus de la moitié des personnes déclarant vouloir rester sans enfant donnent des raisons  « libertaires », telles qu’ « être bien sans enfant » et « vouloir rester libre ». À contre-courant de la norme du « faire famille », il s’agit pour ces personnes d’affirmer un choix de vie positif et épanouissant. On sent le commentaire affleurer sous ces guillemets.

Vos raisons?

Les personnes qui ont fait le choix d’une vie sans enfant évoquent fort peu des raisons matérielles ou de santé pour justifier leur choix.  En revanche la liberté et l’épanouissement personnel sont des raisons fréquemment avancées – notamment par les individus  « à fort capital culturel ». Selon les chercheurs, ces raisons reflètent le souhait d’affirmer « un choix de vie positif » par les personnes et les couples qui ont fait ce choix délibéré. On pourrait presque trouver du louche.

Et les saumons ?

Conclusion statistique (morale ?)  de l’Ined : « Rester sans enfant : un choix de vie à contre-courant ». Si l’on en croit la mécanique des fluides cela doit être épuisant. Les saumons qui remontent des courants d’eau douce pourraient nous en dire beaucoup s’ils cessaient de frétiller quand, enfin, on les tient.  Mais il est vrai s’ils nagent contre le courant c’est pour la bonne cause. Seuls les pêcheurs doivent connaître la proportion de saumons et d’anguilles libertaires.

A demain

 (1) Population & Sociétés . Bulletin mensuel d’information de l’Institut national français d’études démographiques (Ined) numéro 508 • février 2014

(2) L’enquête Fécondité, contraception et dysfonctions sexuelles avait été réalisée en 2010 par l’Institut national français de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et l’Institut national français d’études démographiques  (Ined) –  auprès d’échantillons aléatoires de 5 275 femmes et 3 373 hommes âgés de 15 à 49 ans. Elle explorait les pratiques contraceptives depuis l’entrée dans la sexualité, les échecs de contraception, les grossesses prévues et non prévues, le recours à l’avortement et les dysfonctions sexuelles.

L’enquête qualitative sur le choix d’une vie sans enfant avait quant à elle été menée entre février 2009 et mai 2010 sur la base de 51 entretiens réalisés auprès de 33 femmes et de 18 hommes âgés de 30 ans à 63 ans. Les entretiens, d’une durée de deux heures, concernaient les parcours scolaire, professionnel, familial et conjugal de ces personnes ayant volontairement choisi de vivre sans enfant.

 

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