Urgences de Cochin: retrouvée morte six heures plus tard, à proximité des médecins.

Bonjour

Incroyable mais vrai. Salle s’attente des urgences de Cochin (Paris). Elle est assise, immobile et morte. Depuis plusieurs heures. Ouverture des journaux radiotélévisés de l’aube avec cette information adressée aux salles de rédaction par la salle de presse de l’AP-HP :

« Informé ce jour sur les circonstances du décès d’une patiente le samedi 15 février 2014 au service d’accueil des urgences de l’hôpital Cochin (AP-HP), le directeur général [Martin Hirsch] tient à apporter les précisions suivantes :

Une patiente de 61 ans a été conduite aux urgences de l’hôpital Cochin par les pompiers  pour une plaie du pied, suite à une chute sans signe de gravité. La patiente a été prise en charge dans la 1/2h pour un premier examen, qui n’a pas, lui non plus, montré de signe de gravité objectif. La patiente est ensuite installée en zone de surveillance, à proximité des soignants. Il existe des incertitudes sur ce qui s’est déroulé dans les heures qui ont suivi, le décès de la patiente ayant été constaté à 23h00.

Une enquête interne est donc diligentée pour éclaircir les circonstances et les causes de ce décès inexpliqué. Les effectifs médicaux et paramédicaux étaient au complet. L’activité du service d’accueil des urgences de l’Hôpital Cochin le samedi 15 février 2014 était dans la moyenne de celle observée ces dernières semaines. »

Zone de surveillance

Ce communiqué est daté du mercredi 19 février. Où l’on observe qu’il faut quatre jours pour que le directeur général de l’AP-HP soit informé des circonstances de cette mort mystérieuse survenue au sein de l’un des services d’urgence de l’un des hôpitaux les plus prestigieux de la capitale. Quatre jours avant qu’une enquête soit diligentée. Où l’on observe aussi que l’on ne donne pas à la presse les résultats de l’autopsie. Une plainte est-elle en cours ?

Comment comprendre que l’on puisse être retrouvé mort (« six heures plus tard » assurent RTL et Le Parisien) dans une salle d’attente des urgences de Cochin ?  Et ce alors même que l’on est « en zone de surveillance, à proximité des médecins » (AP-HP, dixit).

.Dr Pelloux

Pour les médias, déjà, aucun doute : « ce drame relance le débat sur la saturation des urgences parisiennes, et notamment celles de Cochin qui absorbe les deux tiers des patients auparavant acheminés aux urgences de l’Hôtel-Dieu, fermées depuis le 4 novembre ». Déjà on entend sur les ondes grand public que les assurances données par l’AP-HP dans son communiqué ne tiendront pas. On ne sera pas surpris d’apprendre que le Dr Patrick Pelloux sera bientôt sur les ondes. Il demandera la réouverture des urgences de l’Hôtel-Dieu. Et une nouvelle politique nationale. Pour l’heure la déléguée CGT de Cochin ne voit rien là de véritablement anormal (RTL, Europe 1). 

Syndicat ou fatalité

Ces assurances sont aussi une arme à double tranchant. Ces « six heures » deviennent proprement incompréhensibles si « l’activité aux urgences de Cochin était dans la moyenne de celle observée ces dernières semaines ». Incompréhensibles mais, déjà, insupportables, inqualifiables, inacceptables. Qui accuser si la carte syndicale du sous-effectif chronique ne peut être jouée ? On sait que celle de la fatalité n’est plus d’actualité.

Oxymore

Déjà, donc, c’est l’abcès de la fermeture de l’Hôtel-Dieu qui réapparaît. Abcès mal soigné qui avait conduit Marisol Touraine, ministre de la Santé, à procéder manu militari au changement de directeur général de ce qui constitue le plus grand complexe hospitalier européen. Mais que pourra-t-on dire si la faute n’incombe pas à cette fermeture ? Qui prendra le pouls de ces espaces salvateurs mais parfois invivables que sont devenus les « salles d’attente » des « services d’urgence » ? Il est, parfois, des oxymores difficiles à supporter.

A demain

Une réflexion sur “Urgences de Cochin: retrouvée morte six heures plus tard, à proximité des médecins.

  1. Voilà à quoi mène la politique d’hospitalo-centrisme effrénée combinée au mépris de la médecine générale, qui prévalent depuis plusieurs années et vont croissant. Quand les CH se présentent comme le seul recours concevable pour recevoir des soins de qualité, comment s’étonner de ces engorgements de salles d’attente et de ces drames?
    Cette dame morte à Cochin, suivie ou pas à Ste Anne n’avait elle pas de médecin traitant? et si oui, n’était il pas en mesure de prendre en charge une blessure légère au pied?
    A force de prendre les généralistes pour des ignares et des incapables, on finit par oublier qu’ils existent pour autre chose que distribuer des certifs et des ordonnances…et dans un parfait esprit de contradiction, on s’insurge de leur pénurie!

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