Tests de grossesse en tête de gondole

Bonjour,

L’Académie nationale de pharmacie vient de prendre la parole. Pour dire que le projet de loi récemment voté par le Parlement organisant la vente en grande surface et en libre service des tests de grossesse est un mauvais service  rendu aux femmes (voir « Le test de grossesse sera en vente dans les Monoprix »). Cette institution espère que sa position sera reprise et amplifiée par voie médiatique.  Sera-ce le cas ?

Fallacieux

« Aux dires des promoteurs de la loi, cette disposition permettrait  d’élargir et de faciliter l’accès des femmes à ces tests et ainsi de détecter plus tôt leur grossesse, au moindre  coût et dans l’anonymat » rappelle cette Académie.  Elle considère que cette loi « repose sur des arguments non seulement  fallacieux mais dangereux pour la santé publique, plus particulièrement pour les femmes très jeunes ou en situation précaire ».

Coûteux

Son argumentaire repose sur trois points :

1 L’expérience actuelle des pharmaciens d’officine montre que l’information sur la notice et l’emballage peut ne pas suffire pour garantir la sécurité d’usage de ces tests, surtout quand il s’agit de très jeunes femmes en désarroi ou de femmes en situation précaire pour lesquelles une information personnalisée s’impose.

2 Un risque de test faussement négatif peut exister si ce test est pratiqué trop précocement, avec en conséquence, une découverte tardive de la grossesse et le recours à un avortement, beaucoup plus lourd psychologiquement et coûteux.

3 Pour toutes les femmes, cet achat se fait dans une période d’incertitude qui appelle un conseil et une réponse aux questions et aux angoisses en cas de test positif. Une information banalisée sur l’emballage et la notice ne saurait remplacer un accompagnement personnalisé.

Précieux

Pour l’Académie, aucun doute n’est permis : « Les tests de grossesse sont parmi les dispositifs médicaux de diagnostic in vitro en libre accès, ceux pour lesquels le conseil du pharmacien est le plus précieux ! ». Précieux est le mot. Pour les pharmaciens il faut maintenir la vente exclusive des auto-tests de grossesse dans un seul circuit de vente et de profit : le leur.

Confidentialité

Cet argumentaire aurait sans soute plus de poids si l’expérience avait montré la réalité de l’intérêt que pouvait porter une majorité de pharmaciens d’officine  à cette question. Les tests de grossesse en tête de gondole des hypermarchés ? Dans le meilleur des mondes possibles on pourrait imaginer mieux. On pourrait aussi rêver de pharmacies d’officine où l’espace de confidentialité n’aurait pas disparu au profit de la parapharmacie. Un monde où les officines ne singeraient pas les Monoprix.

A demain

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