La morte des urgences de Cochin ? Elle ne pouvait pas être sauvée !

Bonjour

Martin Hirsch, le nouveau directeur général de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) est revenu ce 25 février sur le mystère de la morte des urgences de Cochin. C’était sur France Inter. Cette mort date de dix jours (voir « La morte des urgences de Cochin ? Oh, elle venait de Sainte Anne ! »). Ce sont des propos importants :  M. Hirsch ne parle jamais au hasard. On peut entendre et voir ici le directeur général de l’AP-HP au micro de France Inter (à partir de 6 minutes).

Sanctions

Rappel : cette femme de 61 ans avait été transférée le 15 février à 16h48 par les sapeurs-pompiers aux urgences de Cochin «pour une plaie au pied» à la suite d’une «chute sans signe de gravité». Elle avait été retrouvée morte six heures plus tard. Dans une salle des urgences de Cochin. Une enquête interne  avait ensuite été ouverte par l’AP-HP. « A ma connaissance (…), il n’y a pas de faute individuelle qui justifierait des sanctions individuelles, il y a des erreurs d’organisation suffisamment graves pour qu’on prenne des corrections, pour qu’on les prenne au sérieux et qu’on rende des comptes », a déclaré aujourd’hui le directeur général.

Martin Hirsch en sait sans aucun doute plus que nous. Il annonce que les conclusions finales de l’enquête devront être rendues à la fin de cette semaine. Quelles seront ces conclusions ? Elles devront notamment déterminer  si des négligences ont été commises par les personnels de l’établissement. Elles devront aussi, incidemment, donner les résultats de l’autopsie.

Box

Le nouveau directeur général de l’AP-HP : « Au moment où on l’appelle pour la prendre en charge (…), il y a un moment de confusion où on va la chercher partout. (…) Puis il y a un moment où quelqu’un dit “il faut vite la mettre dans un box” et, à ce moment-là, c’est trop tard (…)  On va améliorer Cochin, on ne va pas lâcher Cochin, on ne va pas lâcher ce service. »

« Lâcher Cochin » ? Cette hypothèse aurait-elle été évoquée ?

Influence

Le nouveau directeur général de l’AP-HP dira encore : « Dans l’état actuel de l’enquête, même si [la patiente] avait été tout de suite prise en charge correctement, ça n’aurait pas eu d’influence, ça ne l’aurait pas sauvée (…) Oui, il y a des choses qui n’ont pas fonctionné comme elles devraient». Selon lui cette femme se trouvait dans une « zone de surveillance » et non dans la salle d’attente des urgences. Et elle « n’est pas restée cinq heures morte dans un fauteuil ». Combien de temps est-elle restée sans vie ?

Sans gravité

Résumons : cette femme de 61 ans venue de l’hôpital Sainte-Anne  voisin « n’est pas restée cinq heures mortes dans un fauteuil ». Et elle « n’aurait pas été sauvée [même] si elle avait été tout de suite prise en charge correctement ». Officiellement elle souffrait d’une plaie au pied consécutive à une chute sans gravité.

Fatalité

Cette femme était assise dans la « zone de surveillance » des urgences de l’hôpital Cochin de Paris. Combien de temps est-elle restée morte sans que l’on s’inquiète de son existence ? De quoi est-elle morte ? Et comment le directeur général de l’AP-HP peut-il, comme il vient de le faire sur France Inter, affirmer qu’une prise en charge médicale correcte par les urgentistes de ce centre d’excellence ne l’aurait pas sauvée ? Et, dans le même temps, dire que de fautes ont été commises?

Quel diagnostic post mortem ? Des comptes, dit-il encore, seront rendus. Cette patiente de l’AP-HP aurait-elle été victime de la fatalité ?

A demain

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