Les sages-femmes seraient devenues des médecins comme les autres

Bonjour

En grève depuis cinq mois. Elles sont sorties et ressorties dans la rue. On les a vues et entendues. On nous dit qu’elles  auraient vaincu. Marisol Touraine, ministre de la Santé a annoncé devant la presse, en ce 4 mars 2014, la création d’un statut médical de sages-femmes des hôpitaux. Une création qu’elle a elle-même qualifiée dans la foulée « d’avancées  essentielles sans précédent ».

Ce n’est pas tout. Mme Touraine souligne aussi que depuis le début de la mobilisation des sages-femmes elle « s’est montrée particulièrement attentive aux attentes des sages-femmes et à la nécessaire cohésion de la communauté hospitalière ». Sera-ce suffisant ? Rien n’est moins sûr ?

Vaches hospitalières

De quoi s’agit-il en substance ? Rien moins que « la reconnaissance d’un statut médical », de la « visibilité de la profession » et de la « revalorisation des rémunérations ». Un triomphe en ces temps de vaches hospitalières destinées à maigrir.

Cinq mesures concrètes figurent sur le bulletin ministériel de victoire :

1. La création d’un statut médical de sages-femmes des hôpitaux :  La représentation des sages-femmes au sein de la commission médicale d’établissement sera renforcée. Dans chaque établissement, la gestion quotidienne des sages-femmes sera sous la responsabilité de la direction en charge du personnel médical. Une reconnaissance des actes réalisés en propre par les sages-femmes sera assurée afin de rendre plus visible leur contribution à l’activité hospitalière.

2. Des compétences médicales valorisées : les compétences des sages-femmes ne se limitent pas aux soins liés aux grossesses et aux accouchements. Les sages-femmes peuvent en effet réaliser des consultations de contraception et de suivi gynécologique de prévention (et orienter les femmes vers un médecin en cas de situation pathologique). Or très peu de femmes le savent. Marisol Touraine s’engage à ce que l’ensemble des activités qui relèvent des compétences des sages-femmes fasse l’objet d’une large communication auprès des autres professionnels de santé et du grand public.

3. Des responsabilités renouvelées : lors de l’élaboration du projet médical d’établissement, les sages-femmes participeront avec les médecins à une réflexion sur la prise en charge des mères et des nouveaux -nés. Lorsque le projet médical prévoira la création d’unités fonctionnelles,  la responsabilité pourra être confiée à une sage-femme, en articulation étroite avec les gynécologues-obstétriciens, les anesthésistes-réanimateurs et les pédiatres.

4 Un renforcement de la formation  : le statut des étudiants en maïeutique de 4ème et 5ème année sera amélioré. Leur niveau de rémunération sera aligné sur celui des étudiants en médecine.

5 La revalorisation des rémunérations : la ministre s’engage à ce que la revalorisation des salaires intervienne rapidement et tienne compte du niveau de responsabilité des sages-femmes.

On le voit, beaucoup est acté mais tout n’est pas acquis, loin s’en faut (voir point 5)  Qu’en diront les principales intéressées ? Pourquoi ces avancées uniquement dans l’espace hospitalier public ?  « On est très en colère, dépité. Le mouvement continue », a déclaré  Caroline Raquin, présidente du syndicat de sages-femmes « ONSSF » et membre du collectif qui réclame à tout prix un nouveau statut mais hors de la fonction publique.

Désormais toutes les sages-femmes vous le diront: la maïeutique a bien des point communs avec la politique.

A demain

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