Prescrire®et les « Prescririens », le Motilium®, les bananes® et l’eau du bain

Bonjour

Qui aime châtie. Si possible bien. Dans l’un de ses billets symptomatiques dont il a le secret notre confrère Dominique Dupagne traite de Prescrire au travers du traitement que Prescrire a fait subir au Motilium®. C’est l’eau glacée après le sauna.

On se souvient de l’affaire et du buzz qu’elle suscita. ( « Mort au Motilium® : les dessous de l’action de Prescrire ») Résumons –là. Prescrire convoque la presse d’information générale pour qu’elle veuille bien amplifier sa volonté : que l’anti-nausées  soit retiré  du marché (risque de mort subite).

La démarche n’a rien de nouveau. Prescrire tire son pouvoir de deux spécialités consubstantielles.  La première est de tout faire pour rester éloigné de Big Pharma (refus de toute publicité).  La seconde est de faire le ménage dans notre pharmacopée. Ou plus précisément de peser de son aura pour que le ménage soit fait. A commencer par ses abonnés prescripteurs et délivreurs (voire fonctionnaires de l’Ansm).

Buzz bfm-tv

Longtemps Prescrire vécut (fort bien) sans les médias d’information générale. Ses dirigeants ne la snobaient pas et (sauf compromissions avérées bien connues du milieu) il n’y avait pas d’inimitiés. Puis la tempête se leva sur Big Pharma. Des têtes de pont s’établirent. Le Mediator® fut la plus solide. Fallait-il aller plus loin ? Y avait-il de réels intérêts communs ? Certains journalistes commencent aujourd’hui à pressentir la formidable opportunité (médiatique et démocratique) que constitue le mouvement général vers l’Open data dans le champ du médicament. Prescrire en sera-t-il ? Ou pas ? Ses dirigeants saisiront-ils à temps les limites et les dangers du buzz bfm-tv ? On peut l’espérer.

C’est dans ce contexte que survient  l’affaire Motilium®. Le premier acte est classique. Prescrire établit les faits, affiche sa volonté au nom de la santé publique (morts prématurées). Le second acte l’est moins : mise en cause des données présentées comme justifiant le retrait, absence de démonstration des bénéfices tirés de la substitution. Dominique Dupagne en appelle au calme et résume l’affaire de cette façon sur son site atoute.org :

« La Revue Prescrire, habituellement bien informée, vient de déraper en alertant la presse et le public sur la responsabilité (hypothétique) de la dompéridone (nom de marque Motilium®ou Biperydis®) dans des dizaines de cas de mort subite en France.

Elle se fonde pour cela sur des liens statistiques peu démonstratifs, sur des hypothèses et des extrapolations que je trouve hasardeuses. Beaucoup de supports ont repris cette information en transformant cette hypothèse en certitude et sans prendre le moindre recul sur cette information.

La dompéridone n’est pas un produit anodin, comme la majorité des médicaments. Elle ne doit être utilisée que lorsqu’elle est nécessaire, ce qui est en fait assez rare. Par exemple, son intérêt dans le traitement des nausées et des vomissements est très faible, voire nul.

Pour autant, en faire un produit dangereux est abusif. Je doute d’ailleurs que l’Europe qui réétudie ce médicament suive l’injonction de la Revue Prescrire qui demande un retrait du marché. C’est juste l’occasion pour les médecins de réfléchir aux bonnes indications de ce produit, et éventuellement de remettre en cause des prescriptions au long cours qui ne seraient plus justifiées. C’est aussi l’occasion pour les patients d’en discuter avec leur médecin.

Une bonne analyse scientifique est lisible ici http://www.mimiryudo.com/blog/2014/… qui permet de relativiser les propos inquiétants de la revue. »

Le danger caché de bananes

Le créateur d’atoute.org ose le  néologisme « Prescririens ». Et l’un des auteurs des commentaires prolonge l’humour, cet humour  à la Jean-Pierre Liégeois (1) dont on sait les ravages infantiles qu’il a pu faire depuis le département du Var :

« Nouveau titre la semaine prochaine « PRESCRIRE DEMANDE LE RETRAIT DES BANANES DE LA VENTE » La célèbre revue indépendante, grisée de ses succès médiatiques récents, se lance dans un nouveau combat : l’arrêt de commercialisation des bananes.

En effet une étude exhaustive de la littérature dessinée mondiale montre que les peaux de banane sont une cause fréquente de chute.

Pour Bruno Toussaint, directeur de la publication, « ce risque bien que faible est inacceptable ». En croisant les ventes de bananes en France (près de 20 millions de français en auraient acheté cette année) avec les ventes de déambulateurs et de cannes anglaises, la revue estime que les peaux de bananes sont responsables tous les ans en France de 7 à 293 fractures du poignet, 3 à 568 fractures de la hanche, et 2 à 28 hématomes cérébraux mortels. Des études montrent  que le risque de chute pour les consommateurs de bananes est 4,56 fois plus élevé que chez les consommateurs de pommes ou de poires.

L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire  de l’alimentation, de l’environnement et du travail) juge pour sa part nécessaire de renforcer l’information des consommateurs, en faisont notamment tatouer des messages sur leur peau incitant à ne pas jeter celles-ci sur la voie publique.

Pour la revue PRESCRIRE ces précautions sont insuffisantes, d’autant qu’il existe d’autres fruits apportant des nutriments identiques et n’exposant pas à ce risque de chute. C’est un retrait pur et simple de la vente qui est demandé par la revue. »

Le bain du bébé

L’humour ne se décrète pas. Et le contre-pouvoir peut en générer d’autres, que le premier ne goûte généralement guère. C’est la loi du genre. Nous attendons avec  une impatience non dissimulée la prochaine livraison de Prescrire, mensuel auquel on peut trouver quelques défauts mais dont on ne saurait sous-estimer les immenses mérites. Qui aime bien châtie certes bien mais ne jettera jamais le bébé avec l’eau du bain.

A demain

(1)     Celui-ci, avec nos excuses au sociologue homonyme, spécialiste des roms

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