Un Alzheimer octogénaire à contresens sur l’A 85 : deux morts. Et maintenant ?

Bonjour

Vive émotion ce matin au zinc du  Celtic (Tours) comme au Café des sports (Savonnières). Le conducteur qui, le 7 mars, avait provoqué le terrible accident sur l’A 85  (deux morts) était un octogénaire de l’Eure-et-Loir – un octogénaire souffrant de la maladie d’Alzheimer. Un scénario de film d’horreur que nous rapporte François Bluteau dans La Nouvelle République du Centre Ouest de ce jour. « Pourquoi ne les enferme-t-on pas ? »

Imparable

Le 7 mars, donc, peu avant 20 h (comme le montrent les vidéos) l’homme arrive dans le sens Angers-Vierzon à la barrière de péage de Veigné (Indre-et-Loire). Avant de la passer celle-ci, il fait subitement demi-tour pour repartir en sens contraire. « Dans ce cas de figure, c’est quasiment imparable », constate le capitaine Jolivet commandant le peloton motocycliste de la gendarmerie de Chambray-les-Tours.

Huit kilomètres à contresens

Le véhicule automobile parcourt environ huit kilomètres à contresens. Un premier véhicule  réussit à l’éviter tout en le heurtant légèrement avant de terminer sa course dans le rail de sécurité. Les occupants (deux parents et un enfant) ne seront  que très légèrement blessés.

Un peu plus d’un kilomètre plus loin, le conducteur arrivant en face ne peut éviter le choc frontal. C’est ce deuxième accident qui fera deux morts : les deux conducteurs. Soit l’octogénaire et un quinquagénaire qui rentrait chez lui, dans la région lyonnaise.  Il avait pris avec lui un jeune homme en covoiturage. « Ce dernier se trouvait assis à ce qu’on a coutume d’appeler la place du mort. Heureusement pour lui, ce vendredi soir, elle n’a pas mérité son nom : il s’en est sorti indemne mais certainement quitte pour une frayeur inoubliable » écrit François Bluteau.

Désincarcération

Importants moyens de secours déployés par les pompiers : cinq ambulances, trois véhicules de désincarcération, trois véhicules de commandement, trois véhicules spécialisés et un autre du SMUR. Circulation totalement coupée pendant deux heures sur l’A 85 dans le sens Angers-Tours entre la sortie n° 9 et Tours.

Il est aujourd’hui établi que le conducteur octogénaire souffrait de la maladie d’Alzheimer. Il était parti seul de chez lui en Eure-et-Loir en début d’après-midi. Sa fille, inquiète, avait donné l’alerte à la gendarmerie et la police dans l’après-midi. Elles n’ont pas pu le localiser.

Alcool et/ou stupéfiants

Pour comprendre La Nouvelle République a interrogé le Dr Philippe Chalumeau, l’un des membres de la commission primaire pour le contrôle médical de l’aptitude à la conduite du département d’Indre-et-Loire. Il fait partie des vingt-sept  médecins, généralistes ou spécialistes, agréés par le préfet pour donner un avis au sein de la commission ou en ville.

Cadrons : on ne parle ici que du permis B « délivré par le préfet pour toujours ». Les médecins de la commission n’interviennent que quand il y a eu une infraction (conduite sous l’emprise de l’alcool et/ou de stupéfiants) ou quand les gendarmes ou les policiers ont signalé au préfet un problème de conduite. « Pour le reste, on ne vient nous voir que volontairement ou sur pression de la famille » confie-t-il

Un médecin ne signale pas

Y a-t-il une obligation de signalement pour le médecin traitant ou les familles ? « Absolument pas et c’est là où le bât blesse, accuse-t-il. En effet, il n’y a pas que la maladie d’Alzheimer comme pathologie posant des problèmes d’aptitude à la conduite : les maladies cardiaques, l’épilepsie, la dégénérescence maculaire liée à l’âge, etc. Quand elles sont diagnostiquées, le médecin ne peut que recommander au patient et à sa famille d’aller consulter l’un des 27 médecins agréés. Lequel donnera un avis, avec le préfet qui décide, en fin de compte. Mais il n’y a aucune obligation pour personne. Je n’imagine pas un médecin signalant l’un de ses patients… »

Beauvau, Ségur et Vendôme

Pourquoi ? « Parce que ce serait très mal admis ! En France, l’automobile est assimilée à la liberté. Enlever le permis ou simplement restreindre son utilisation est vécu comme une privation de liberté. Des tas de projets sont dans les cartons pour remédier à cette carence mais aucun pouvoir n’a eu le courage politique d’aller jusqu’au bout : ce serait extrêmement impopulaire pour la raison que je viens d’expliquer. Mais il faudra y arriver ».

Voici ce qu’on en dit auprès de France-Alzheimer. Voici, nettement plus complet, ce qu’en dit l’association Alzheimer Suisse.

Vive émotion au Celtic (Tours) et au Café des sports (Savonnières). Qu’en dit-on à Paris sous les ors de la place Beauvau (Intérieur), place Vendôme (Justice) et Avenue de Ségur (Santé) ?

A demain

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