Cinquante ans avant Michel Cymes, la télévision médicale existait déjà

Bonjour

Grosse journée cardiologique française, hier 11 mars 2014. Cela commença rue Bonaparte à Paris.  Le Pr Alain Carpentier y était fait docteur honoris causa de l’Académie nationale de médecine. Titre attribué par le Pr Yves Logeais, président de cette compagnie. Puis conférence donnée par le Pr Carpentier membre (et ancien président) de l’Académie (voisine et concurrente) des Sciences.

Carmat® et la nécessité

Au programme : « La recherche médicale, entre hasard et nécessité ». On pouvait y voir une forme de fatalité : la cérémonie était prévue de longue date avait. Bien avant que l’on sache  que le premier cœur Carmat®  serait alors implanté. Ni que le premier patient serait décédé soixante-quinze jours après  l’implantation – ce qui a jeté comme un étrange trouble sur la suite de l’aventure médicale et commerciale (« Carmat® : mort du premier greffé. Hommage et clôture du marché »).

Grosse journée cardiologique. La nuit à peine tombée il fallait être devant son écran-plat. Et sur la Deux. On promettait « un voyage à la découverte des théories, batailles et expériences des pionniers de la transplantation cardiaque ». Michel Cymes retracerait « le cheminement d’un cœur, du donneur au receveur, ainsi que sa transplantation au bloc opératoire de l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, à l’aide d’images de synthèse. » Ce serait  « Aventures de médecine » sur France 2.

« Passez-moi La Pitié ! »

Spectacle promis, spectacle dû. Des gyrophares, des avions de nuit, des blocs opératoires, des chirurgiens parlant dans des téléphones portables. Des chirurgiens préleveurs et gantés : « Passez-moi la Pitié ! ». Des malades en attente de greffon. Des angoisses portées en écharpe.

Et nous tous devant des familles angoissées au téléphone (« As-tu mangé ?» – « As-tu commencé le livre que je t’ai apporté ? » – « Il va avoir un nouveau cœur mon papa ! ». Toutes ces pauvres choses que nous dirions et que ne nous voudrions pas entendre. Ces coulisses de la mort offerte et, peut-être celles de  la vie retrouvée. Ou peut-être pas. Des images jadis réservées. Réservées  à celles et ceux qui font l’un des plus beaux métiers qui soit. Des tableaux qui s’effondrent quand d’autres les voient. Trop d’oxygène.

C’est une loi, le spectacle meurt quand on en voit les coulisses. Le rugby n’est plus le rugby quand on filme les vestiaires.

Monsieur Loyal

Hier ce fut un Connaissance du Monde avec plongées dans le passé lointain (William Harvey) ou plus proche Christiaan Barnard  (1922 -2001). Un cabinet des curiosités cardiaque. Un plateau avec intermittents du spectacle vivant. Le tout, c’est la loi du genre, orchestré par un monsieur Loyal plus que présent. Son ombre recouvre tout. Le matin il s’affichait sur une pleine page du Parisien : « Sur le qui-vive avec ses équipes, le médecin présentateur qui exerce comme ORL… ». « Je suis chirurgien de formation ce qui m’a permis d’être aux côtés du malade au bloc ». « J’ai tenu le cœur dans la main ».

Non à la médecine-spectacle

Michel Cymes fait sérieusement le pitre. C’est son côté carabin. On ne le changera pas. Hors plateau il peut aussi être bigrement sérieux. Comme l’an dernier. Invité par le président du Conseil national de l’Ordre des médecins  il professe qu’il faut en finir avec la médecine-spectacle (voir notre chronique sur Slate.fr).  Aujourd’hui l’animateur fait valoir que son show « est aussi une façon de demander aux gens de prendre position sur le don d’organes » (« Le Parisien »). Il est vrai que tout est possible aujourd’hui.

Barrère, Lalou, Desgraupes

Tout était déjà possible, il y a cinquante ans, à la télévision française. A commencer par une émission médicale sur la transplantation cardiaque. C’était une émission en direct de l’hôpital Marie-Lannelongue. Elle  traitait « de la greffe du cœur, mais aussi de chirurgie cardiaque de manière plus générale ». Aux manettes: Igor Barrère et Etienne Lalou. Au micro: Pierre Desgraupes. Coproducteur:  l’Office national de radiodiffusion télévision française.

C’était mieux avant ? C’était ainsi. Attention : les images qui suivent sont de l’Ina.fr . Elles peuvent vous fendre le cœur. Les voici : « La chirurgie cardiaque à l’heure de la greffe, 4 février 1969 ».

A demain

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