Rebondissement dans l’affaire Debré-Even : Conseil de l’Ordre, Quotidien du Médecin, Académie d’allergologie, Agence et Comité économique du médicament, AstraZeneca, GSK, Stallergènes …. Philippe Even défouraille à tout va

Bonjour

Il n’aura pas fallu vingt-quatre heures. Et parmi les micros qui s’offraient à lui Philippe Even a choisi  celui d’Europe 1 pour répondre à l’Ordre des médecins. On peut le voir et l’entendre ici dans l’interview-vérité.  (très bon tempo de Vincent Sotto). On peut le lire ci-dessous.

Les cibles visées sont nombreuses. Elles ne pourront pas ne pas réagir. L’affaire est lancée.

« Comment recevez-vous cette sanction ?

–          Cette affaire a une apparence et une réalité. L’apparence : en effet, nous avons défrisé un certain nombre (cent ou deux cents) d’allergologues assez maladroitement. J’aurais accepté un avertissement, d’une certaine façon : les mots allaient trop loin. J’ai parlé de charlatans : j’aurais plutôt dû dire qu’ils ont agi comme des charlatans. Ce qui n’est pas la même chose. Ils ne sont pas responsables de cela, ils font ce qu’on leur conseille de faire. Les vrais responsables sont les quelques professeurs qui ont tenté d’instituer en France l’allergologie comme une discipline alors qu’elle n’est reconnue nulle part en Europe. Avec des sociétés, des hauts conseils des collèges d’enseignements, et même une académie… Tout cela, c’est financé entièrement à 98% par l’industrie pharmaceutique, pas sans contrepartie !

L’Ordre des médecins est aux ordres de l’industrie pharmaceutique ?

–          Ça veut dire en tout cas que les allergologues qui ont porté plainte sont largement subventionnés. Il est très facile de contrôler le Pr Demoly par exemple… »

Corrompus ?

–          Je confirme : il s’agit de corruption claire. L’Ordre des médecins est-il aussi corrompu ? Ca je n’en sais rien , c’est une des questions que je me pose car il y aura une suite. Si les membres de la commission disciplinaire qui nous a jugés ont, eux-mêmes, des conflits d’intérêts avec les sociétés qui fabriquent les médicaments pour ces maladies-là, GSK, Astrazeneca, Stallergènes, à ce moment-là nous porterons plainte. Mais je ne pense pas que ce soit le cas. »

Vous n’êtes pas abattu mais combattif...

–          Le combat que je livre depuis 10 ans est uniquement au service des malades. Je n’ai pas eu un sou de l’industrie pharmaceutique, pas de compte à l’étranger  : mon indépendance est la garantie que je fais l’essentiel pour arriver au plus près de la vérité.

Avec Debré, vous n’avez pas forcément raison sur tout contre tout le monde… Ce sont des médecins, l’Ordre des médecins…

–          Ils ont passé un diplôme en effet ! Mais la valeur d’un médecin, la valeur d’un homme en général, c’est son travail, la façon dont il le fait, les heures qu’il y passe. Dans ce domaine, ni Debré ni moi n’avons à craindre beaucoup de rivaux… »

Il y a eu 270 plaintes contre vous…

–          Il aurait dû y en avoir plus ! Il y a 700 allergologues, il aurait dû y avoir 700 plaintes ! J’apprécie que certains, le Pr Bousquet, le Pr François-Bernard Michel, qui étaient les vrais patrons de l’allergologie, ne se soient pas associés à cela… »

Mais vous ne pratiquez plus depuis 20 ans…

–          Je ne soigne plus que ma famille et mes amis. Ce qui fait beaucoup de monde

Est-on encore au fait pour avoir un avis autorisé sur tel médicament…

–          Il s’agit de lire, analyser, les centaines et centaines d’articles. J’en suis à 100.000 ou 120.000 articles lus en 3 ans, plus 40 ans de travail comme professeur de thérapeutique. »

Un des problèmes de votre livre : voir des patients arriver dans les cabinets des médecins et remettre en cause les prescriptions…

–          C’est une vraie question ! Je pense qu’il n’y a pas de problème dès lors qu’on essaie de faire connaitre la vérité. Ma conviction, c’est que les choses ne changeront dans ce pays ni par les pouvoirs publics – généralement incompétents et qui manquent de courage – ni par les médecins – formatés depuis le début de leurs études pour apprendre par cœur et réciter ce que transmet l’industrie – mais des patients. Il faut mobiliser les patients.

Mais moi je fais confiance à mon médecin…

–          Il n’y a pas de confiance sans dialogue ! Si vous voulez donner votre confiance les yeux fermés, ça vous regarde. Je pense que l’enrichissement de la relation médecin-malade vient des questions que pose le malade, des réponses du médecin, c’est ça un vrai dialogue, c’est ça la base d’une confiance. »

Vous remettez en cause le travail de l’Agence nationale de sécurité du médicament ?

–          Vous savez bien que cette agence s’est trompée absolument sur tout, l’agence française et aujourd’hui l’agence européenne… Les pouvoirs publics ont été incapables d’en tirer les conclusions, même quand nos agences travaillaient bien… Celle qui travaille bien, c’est l’HAS avec une commission dite de transparence qui analyse très bien : la preuve, ses conclusions sont les mêmes que la revue Prescrire. C’est une garantie pour moi. Ces conclusions ne sont jamais suivies ! L’Agence dit qu’il faut sortir tel médicament du marché, ne plus le rembourser… La conclusion du Comité économique des produits de santé, un bidule qui réunit le ministère de l’Industrie, des Finances, de la Santé, n’en tient absolument aucun compte….

Quand on vous écoute, on se dit que c’est une profession de vendus, qu’il ne faut pas faire confiance à son médecin…

–          Mais je ne dis pas qu’il ne faut pas faire confiance à son médecin : je dis l’inverse. !Il faut dialoguer avec le médecin, lui demander si ce médicament qu’il vous donne il le prendrait lui-même, s’il le donnerait à ses propres enfants…. Sur quoi se base sa conviction quant à l’efficacité d’un médicament, quelles sont ses lectures, ses références. Regarder sa bibliothèque.  Lit-il des feuilles de chou comme le Quotidien du médecin ou bien Prescrire, qui est la Bible absolue dans ce pays et qui mériterait de l’être ailleurs ?

Allez-vous faire appel avec Bernard Debré ?

–          Nous ferons appel et si le Conseil de l’Ordre ne fait pas marche arrière. Cette sanction ne nous gêne pas du tout – on n’exerce plus. Mais c’est une sanction au niveau du symbole et ce sont les symboles qui font marcher la République. Nous irons jusqu’à la Cour de Justice européenne si nécessaire. Contre le conseil de l’Ordre.

A demain

2 réflexions sur “Rebondissement dans l’affaire Debré-Even : Conseil de l’Ordre, Quotidien du Médecin, Académie d’allergologie, Agence et Comité économique du médicament, AstraZeneca, GSK, Stallergènes …. Philippe Even défouraille à tout va

  1. On aurait presque envie qu’il exerce à nouveau pour tester ses conseils.
    Je m’interdis de soigner mes proches car trop de subjectivité, manifestement il n’a pas ce genre d’inhibition. J’aime ses certitudes. Il doit être si confortable d’être Even, pas de doutes, uniquement la conviction d’asséner la vérité. Fascinant.

  2. Je soutiens les professeurs Even et Debré dans leur combat contre la corruption des médecins par l’industrie pharmaceutique, je déplore que l’Ordre de médecins apparaisse une fois de plus corporatiste dans cette affaire, j’ai signé la charte « Non merci » de l’association Mieux Prescrire. Dr Pascal BOUHIER

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