Urgent : cherche directeur général pour Travaux d’Hercule et du Médicament

Bonjour

Il est des propositions de CDD plus discrètes : une pleine page « rédactionnelle » dans Le Monde daté du 26 mars. Le dernier des quotidiens du soir y fait publiquement état des impasses dans le recrutement du futur directeur général de l’Agence de sécurité du médicament (Ansm). Le poste est ouvertement vacant et la situation  sans réel précédent. On sait que l’actuel est sur le départ. L’information circulait depuis le début de l’année dans le petit milieu très bien informé (« Dominique Maranichi bouclera-t-il la boucle ? »).

La suite de l’histoire

Aujourd’hui le même milieu ne connaît pas la suite de l’histoire. Qui montera à Saint-Denis pour s’asseoir dans le fauteuil du Pr Dominique Maraninchi ? Nul ne connaît encore son nom mais avec la page du Monde chacun, désormais, sait quelle somme de qualités et de garanties le successeur devra fournir à son employeur. Les enchères montent et l’heureux élu est attendu comme jadis le lait sur le feu.

Comment comprendre ? C’est une longue histoire qui n’intéresse plus guère. On peut la faire commencer dans les années 1970 quand le ministère de la Santé n’existe plus véritablement et que l’industrie pharmaceutique jouit de tous les pouvoirs ou presque. C’est alors l’histoire, longue et douloureuse, de la tentative de la reprise en main de se secteur par la puissance publique.

Virus du sida

Une reprise en main paradoxalement facilitée par les affaires et autres scandales dans le champ du médicament- à commencer par les suites judiciaires des affaires du sang contaminé par le virus du sida. Les scandales sanitaires font peur à l’Etat qui s’auto-mutile  (se « démembre ») alors pour créer des « Agences », celle du médicament en tout premier lieu. Nous sommes en 1993.

Les plus jeunes, ou les plus pressés, font généralement commencer l’histoire avec le scandale du Médiator. Un vrai fil rouge que cette spécialité des Laboratoires Servier mise sur le marché en 1976 et laissée sur la marché jusqu’en 1999. Trente-trois ans d’incurie. Son histoire n’est pas finie. C’est dans l’un des ressacs de ce scandale en en 2011 que le Pr Dominique Maraninchi est nommé, non sans difficultés, par Xavier Bertrand, à la tête de ce qui ne sera plus l’Afssaps mais l’Ansm.

Mêmes galères

Compétentes modifiées, mêmes galères sur une mer jamais calme. « Prothèses PIP » et affaires des « pilules de troisième et quatrième générations » s’ajouteront à la liste. Sans parler des liens jamais clairs avec une tutelle politique qui veut rester coûte que coûte dans le paysage médiatique.

Est-ce le voyage, plus usant que prévu ? Est-ce l’appel, pressant, de Marseille et de ses orages ? Marseille où il dit (Le Monde )  vouloir « réexercer la médecine » ? Le Pr Maraninchi lâche la barre un an avant le terme de son mandat. Et il place l’Etat dans un bel embarras. Chacun sait, désormais que la barre est haute et la baume méchante. C’est que (Le Monde ) nous sommes en France. Et qui plus est  « à  l’heure où tout problème sanitaire devient scandale, où médias et opinion sont très sensibles à ces questions ». Profils requis :

Claude Pigement, vice-président de l’Ansm : il faudra trouver un « oiseau-rare » :« Avoir de fortes compétences scientifiques et être courageux en acceptant le principe de la mise en examen ».

Matin Hirsch, nouveau directeur de l’AP-HP et rompu à ce genre de croisières :« Avoir la reconnaissance du milieu, être un grand connaisseur de l’administration, savoir résister aux pressions ».

Gérard Bapt, médecin et député PS, hyperactif dans ce domaine : « Ce poste, cela consiste surtout à subir la mitraille. Ce sera très dur de trouver un successeur. Et avant ça, des candidats ! ».

Catherine Lemorton, député PS : « Ne pas avoir trop approché les labos, tout en ayant une bonne compétence sur les médicaments ».

D’autres, anonymes : « Connaître la réglementation sur le bout des doigts, pouvoir avaler des couleuvres… ». « Etre un bon manager – il y a plus de 1 000 agents – , être vigilant et réactif, savoir résister à la tension permanente ».

Les mieux placés auraient déjà refusé le poste, comme Didier Tabuteau (aujourd’hui au Conseil d’Etat, parfait connaisseur du système mais qui avait inauguré la fonction il y a …vingt ans) ou encore François Bourdillon, professeur de santé publique.

« J’ai le sentiment que la pression sociale, politique et médiatique est au moins aussi grande que dans les années 1990, alors que durant la décennie suivante, ces questions étaient moins sensibles, a expliqué Didier Tabuteau au Monde. Il existe un risque pour le service public que de très bons candidats ne se proposent plus. » Depuis la place du Palais-Royal  M. Tabuteau dit, comme souvent, très simplement des choses très justes.

Sciage de branche

Quant à ceux qui sont en charge de trouver l’oiseau rare, ils scient consciencieusement la branche de celui (ou de celle) qu’ils nommeront : « Il n’existe personne qui possède toutes les compétences requises pour un tel poste ». C’est dire assez justement à quel point la France est malade de ses médicaments.

A demain

 

 

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