Ebola : en avoir peur ou pas ? L’affaire de Marbourg (Allemagne, 1967)

Bonjour

Alerte : le virus Ebola est de retour en Afrique. A l’heure où sont écrites ces lignes, près d’une centaine de morts ont été recensées  en Guinée. La capitale Conakry est touchée.  Des cas ont été officiellement diagnostiqués au Libéria. D’autres sont fortement suspectés en Sierra Leone. Des mises en quarantaine sont décrétées ici ou là,  et on recherche activement les personnes ayant été en contact avec les malades.

L’affaire prend de l’ampleurLe Sénégal a fermé sa frontière terrestre avec la Guinée et y a suspendu la tenue des marchés hebdomadaires. Le Maroc renforce son dispositif de contrôle sanitaire aux frontières, en particulier à l’aéroport de Casablanca, principale plateforme aéroportuaire pour l’Afrique du Nord et de l’Ouest. C’est une « mesure de précaution » a précisé le ministère marocain de la Santé. L’aéroport Mohammed-V de Casablanca  dispose de liaisons quotidiennes avec Conakry. L’Arabie saoudite vient d’annoncer  la suspension de l’octroi des visas pour le pèlerinage de La Mecque aux fidèles en provenance de Guinée et du Liberia.

MSF en action

Les inquiétudes sont sanitaires et économiques. La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) se dit fortement préoccupée par cette épidémie qui représente selon elle « une sérieuse menace régionale ». Elle vient d’appeler la communauté internationale à l’aide.  Pour sa part l’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) annonce qu’elle renforce ses équipes dans les zones infectées du sud de la Guinée. Elle explique tenter de prévenir, localement, les mouvements de panique.

« Nous mettons tout en œuvre pour traiter les patients avec dignité, tout en protégeant la communauté et leur famille d’une éventuelle contamination » explique Marie-Christine Ferir, coordonatrice d’urgence de MSF. Nous voulons à tout prix éviter que la population panique. C’est pourquoi il est essentiel de transmettre toutes les informations nécessaires pour comprendre la maladie et comment s’en protéger. »

Conakry-Paris

La principale menace sanitaire est que l’épidémie s’étende progressivement au sein des pays  touchés et dans les zones frontalières. Mais curieusement personne n’envisage aujourd’hui à l’OMS  que le virus Ebola puisse être, depuis Conakry par exemple,  transporté en quelques heures et par voie aérienne en un autre point de la planète.

Depuis 1976 et le cas de Yambuku (République démocratique du Congo), près de la rivière Ébola qui lui donna son nom, on a recensé une vingtaine de flambées  épidémiques de fièvre hémorragiques dues à différents sous-types de cet agent pathogène. Toutes ont été observées en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest. Elles ont à chaque fois fait plusieurs dizaines ou centaines de victimes avec des taux de mortalité compris entre 50 et 90%. Il n’existe ni vaccin ni médicament permettant de prévenir ou de traiter cette maladie.

Contagion durable

Fièvre, vomissements, diarrhées, éruptions cutanées, hémorragies internes et externes. Si elles ne meurent pas les victimes restent contagieuses tant que le virus est présent dans leur sang et leurs sécrétions.

Devons-nous, aujourd’hui en Europe, avoir peur d’Ebola ? Toutes ces flambées épidémiques ont été initialement observées  dans les villages africains isolés, à proximité immédiate des forêts ombrophiles tropicales.  Le virus se transmet à l’homme à partir des animaux sauvages et se propage ensuite dans les populations par transmission interhumaine.

Contacts indirects

Les différentes études menées sur ce thème ont démontré que le virus peut être transmis à la suite de contacts directs (peau lésée ou muqueuses) avec du sang, des sécrétions, des organes ou des liquides biologiques de personnes infectées. Mais il peut aussi s’agir de contacts indirects par l’intermédiaire d’environnements contaminés par ce type de liquides.

Jusqu’à présent  l’histoire et l’expérience montrent qu’à la différence notable du Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et des grippes il n’existe aucun cas connu de diffusion internationale massive des virus des fièvres hémorragiques. C’est  pourquoi aucune restriction des voyages en provenance de Guinée n’est actuellement envisagée.   « La fièvre Ebola n’est pas une maladie qui, normalement, fait un nombre élevé de victimes  contrairement à  la grippe ou d’autres maladies transmissibles »  insiste  l’OMS depuis son siège aseptisé de Genève.

Pas d’alerte aux frontières

C’est l’absence de transmission immédiate par voie atmosphérique (par aérosol) qui fait que le virus Ebola n’inquiète pas outre mesure les autorités sanitaires internationales.  Et c’est ce qui explique qu’aucune procédure particulière d’alerte aux frontières n’est prévue en cas de flambées épidémiques africaines.

On oublie peut-être trop rapidement  l’affaire de Marbourg (1967) qui avait créé début de panique en Europe. C’était en  1967 lorsque des chercheurs se contaminèrent  en préparant un vaccin à partir de cultures de cellules rénales de singes verts  importés d’Ouganda. Trente-et-un salariés de Behring furent atteints et sept en moururent. On donna ensuite au virus le nom de la ville où il fut pour la première fois identifié. Depuis, le virus de Marbourg continue de sévir épisodiquement sur le sol africain.

Pas de rapatriement sanitaire

Cet épisode allemand démontre que l’exportation du virus Ebola depuis le sol  africain n’a rien d’impossible. Rappel : l’incubation peut varier de deux à vingt-et-un jours. A noter :  la plupart des entreprises privées spécialisées de rapatriement sanitaire refusent de prendre en charge des malades suspects d’être infectés par le virus Ebola.

A demain

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