Le Premier ministre Manuel Valls a parlé. Le mystère du « pilier santé » reste entier

Bonjour

Il y avait les mots-clefs et quelques chiffres (aux dernières nouvelles: 21 milliards d’euros d’économies à faire sur la santé). On sentait la bonne volonté, l’énergie de l’élève qui veut bien faire. Manquait le reste : le souffle, l’emphase, la résonance collective. Manquait cette émotion que certains pouvaient trouver chez Jean-Luc Mélenchon, place de la Bastille. Il ne suffit pas de citer Valmy, Pascal (1), Jaurès, Clémenceau, 48, le maquis ou de Gaulle pour entendre souffler le génie de la France. Où il fut démontré, mardi 8 avril 2014 sous les ors de l’Assemblée nationale, que la fonction ne fait ni l’organe, ni le tribun. La gauche se consola en se souvenant de l’exercice précédent, assuré par Jean-Marc Ayrault.

Tableau d’un désastre

Qui peut bien écrire les discours de ceux qui nous gouvernent ? La question n’est pas nouvelle. Elle se pose pour celui pro-vaccinal prononcé par le président de la République le 4 février dernier, à l’occasion du lancement de la suite du Plan Cancer. Elle se pose aujourd’hui pour le discours de politique générale de Manuel Valls. Cela commença avec le tableau d’un désastre, celui de la France d’aujourd’hui s’enfonçant dans une névrose collective du désespoir.

Villes lézardées

Des feuilles de paye faméliques, des citoyens perclus d’impôts, la résurgence du racisme et de l’antisémitisme, la solitude des paysans dans leurs champs, des cambriolages en hausse, la drogue rampante dans les cités. Les villes lézardées par les fractures du communautarisme. Trop de souffrances, pas assez d’espérances. La peur de l’avenir.  Des gorges nouées, des lèvres serrées. La peur lancinante du déclassement.  La triple crise : la civique, celle de confiance et la pire de toute : l’identitaire. La menace terroriste, les violences de quartier. La délinquance et les violences aux personnes.

Handicap trop grand

Les caméras de France 3 cadraient à merveille l’auditoire. La droite vociférait ou était aux anges. Les ministres, sur leur banc, semblaient plus statufiés que concentrés. A l’exception de Mme Taubira, qui n’était pas là. La gauche se faisait un devoir, parfois, d’applaudir.  C’était beaucoup pour un seul homme. Dans cette course contre la montre (45 minutes) le handicap était trop grand. Il ne fut pas remonté. Cette « nouvelle étape du quinquennat »  est mal partie. Des journalistes spécialisés décrypteront les économies chiffrées qui furent annoncées. D’autres expliqueront ce qu’il faut attendre de l’amincissement du millefeuille territorial programmé jusqu’au milieu du siècle – ou presque. Idem pour les rythmes scolaires ou le logement.

« Nous y reviendrons »

Une croix implicite sur la PMA et a fortiori sur la GPA. L’espoir d’un consensus sur la fin de vie. Et puis un chiffre: entre 2015 et 2017 la branche assurance-maladie devra dégager 10 milliards d’euros d’économies. Comment ? Nul ne sait.  Très bien. Mais la « santé » ? La « santé », l’un des « piliers » annoncé explicitement il y a quelques jours par le président de la République lorsqu’il révéla le nom du nouveau Premier ministre ? La « santé » dont François Hollande fait une priorité au même titre que l’éducation et le pouvoir d’achat. Cette « santé » qui n’a toujours pas de ministre, toujours pas de secrétaire d’Etat ? Cette « santé » pour laquelle un nouveau contrat social français vient d’être annoncé dans The Lancet par Marisol Touraine, ministre des affaires sociales.

« La santé, nous y reviendrons » a lancé M. Valls (2). Beaucoup n’en sont pas encore revenus.  Puis, « le cœur battant », Manuel Valls a rappelé qu’il avait choisi la France. Il demanda la confiance. Il l’obtint.

A demain

(1) Sur Blaise Pascal les choses ne sont pas claires, comme le démontre Slate.fr.

(2) M. Valls y est « revenu » dès le 9 avril. Il a précisé que sur les 50 milliards d’économies à réaliser d’ici 2017, outre les 10 milliards demandés à l’assurance maladie, 11 milliards devraient l’être dans « d’autres dépenses de Sécurité sociale ». « Le reste viendra d’une plus grande justice, d’une mise en cohérence et d’une meilleure lisibilité de notre système de prestations », avait-il  indiqué la veille sans donner davantage de détail.

Les 11 milliards d’économies restant à trouver seront pris « sur les autres dépenses de Sécurité sociale », a-t-il précisé mercredi 9 avril sur BFM TV et RMC, rappelant au passage que certains Français « ne peuvent plus partir en vacances, et parfois même, ne plus s’acheter de quoi manger ».

« On peut trouver des pistes sur la gestion des caisses de Sécurité sociale, sur un certain nombre de mesures mais je ne veux pas rentrer dans ce détail », a-t-il poursuivi alors qu’une rencontre avec les partenaires sociaux est prévue vendredi. Le Premier ministre a néanmoins ajouté qu’on « peut par exemple beaucoup travailler sur la question de la chirurgie ambulatoire, restructurer l’offre de soins hospitaliers ». On entend, déjà, l’écho qu’auront de tels propos. Pour l’heure, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, ne les a pas commenté.

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