Maurice Agnelet, 76 ans : vingt ans de réclusion. Boira-t-il de l’alcool en prison ?

Bonjour

Ce soir la France respire. Après quatre semaines de débats et sept heures de délibéré, la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine  vient de condamner Maurice Agnelet, 76 ans, à vingt ans de réclusion criminelle. Chacun sait qu’il était accusé de l’assassinat d’Agnès Le Roux, une jeune et riche héritière d’un casino niçois. Depuis 1977, on n’a jamais retrouvé le corps de l’héritière. Maurice était avocat. L’ex-avocat  est resté de marbre  à l’énoncé du couperet. Coupable, avec préméditation. Si tout va bien il mourra en prison. Ou presque. Avec peut-être, sous l’oreiller, l’espoir de la cassation.

Il était temps : la France se lassait. Face aux hermines, aux jurés  la salle était pleine à craquer. Un cri de victoire a retenti, des pleurs ont éclaté ont, en substance, rapporté les reporters, aux anges (Slate.fr). Sur le banc des parties civiles, les deux sœurs et le frère de la victime se sont serrés les uns contre les autres, submergés par l’émotion. Certains de leurs enfants, présents au moment du verdict, ont connu depuis leur plus jeune âge le poids de cette affaire hors norme, sans cadavre ni scène de crime.

Giscard d’Estaing

Trente-sept ans. Personne n’y comprenait plus rien. La centième saison d’une série commencée avant les écrans plats. Sous Giscard d’Estaing, c’est dire. La gauche n’avait jamais été au pouvoir. Les pavés de Gay-Lussac avaient été cimentés. Personne n’avait vu la plage et il fallait faire son service. En noir et blanc.

Depuis 1977 l’accusé Agnelet a toujours clamé son innocence. « Je voudrais demander pardon à la famille Le Roux pour le mal que j’ai pu leur faire par mes attitudes, par mes propos, depuis la disparition d’Agnès, la disparition incroyable et dramatique », a-t-il enfin déclaré à Rennes, cinq présidents de la République et trois procès plus tard. Trop tard.  Un acquittement à Nice (2006), une condamnation à Aix-en-Provence (2007)L La Cour européenne qui juge alors ce procès inéquitable. Puis Rennes. Et vingt ans. Avec en prime un fils (Guillaume Agnelet) qui vient accuser son père de l’assassinat de sa maîtresse.

Trois millions de francs/d’euros

Guillaume n’a rien vu. Mais il répète ce que sa mère lui aurait confié : le crime a eu lieu en Italie à l’aide d’une arme à feu. Personne ne confirme. Il y a aussi la copie de ce mot de la victime. « Désolée, je dérape, y écrit la jeune femme. Ici se termine mon chemin. Je désire que Maurice s’occupe de tout ».

Sans oublier trois millions de francs versés sur un compte joint d’Agnès Le Roux et de son amant, après la vente de ses parts dans le casino familial à Jean-Dominique Fratoni, propriétaire d’un autre casino niçois. Une somme rapidement transférée par Maurice Agnelet sur un compte personnel. Toujours bloquée en Suisse, elle représente aujourd’hui 3,2 millions d’euros. La Suisse a toujours su faire travailler l’argent qu’on lui confie.

Sortir à 96 ans

Vingt ans, donc. Qui aurait osé faire un film de tout cela ? A quoi pense-t-on quand on a 76 ans et que l’on repart dormir en prison pour deux décennies ? Pour en sortir à 96 ans ; 86 ans si l’administration pénitentiaire y consent. Plus tôt si l’on est très gravement malade, comme le permet la loi Kouchner ?

Vingt ans. A-t-on droit aux médicaments qui font passer plus vite les nuits et le temps ? Une ou deux religieuses le dimanche ? Douze  asperges et une alose aux Rameaux ? Un œuf à Pâques ? Un vin de Bellet à la Trinité ? Quelques cigares pour le reste de la route ?

Désespoirs entassés

La question se pose aujourd’hui à la maison d’arrêt d’Arras. Celle de l’épanchement des désespoirs entassés, concentrés.  Lors des sorties dans la cour, des détenus reçoivent alcool, viande ou cannabis lancés par des complices de l’autre côté du mur. Les syndicats réclament d’avantage de surveillance policière dans la rue aux heures de promenades.

Le syndicat Ufap-Unsa Justice nous en dit plus : «Avec l’alcool, la promenade est plus folle ! » s’exclame l’Ufap-Unsa Justice dans un communiqué daté du 25 mars, d’abord adressé à la direction régionale des services pénitentiaires puis rendu public auprès de la presse.  « Tous les weekends, lors des promenades et plus particulièrement l’après-midi, des individus extérieurs à l’établissement balancent dans les cours de promenades des bouteilles d’alcool qui sont rapidement ingurgitées par les détenus» explique le syndicat.

Ricard®  et whiskies

Il y voit un rituel. Un rituel qu’il dénonce. Selon ce syndicat des bouteilles de plastique utilisées sont remplies d’alcool [Ricard®  et whiskies] et emballées dans du papier bulle pour les protéger. D’autres colis contiennent souvent du cannabis ou de la viande, mais aussi des armes et autres objets interdits (téléphones portables, burins, lames de scie).  «En cinq minutes, il peut y avoir une trentaine de colis qui arrivent. Il y a ce qui est consommé sur place et ce qui remonte dans les cellules».

Pour ce syndicat, c’est un problème récurrent « sur bon nombre d’établissements pénitentiaires ».C’est le cas notamment de Villepinte (Seine-Saint-Denis)». À Meaux où les parachutages étaient très fréquents, un dispositif a été mis en place avec des filets pour rehausser le mur d’origine. Du coup, les projections ont diminué. «Les colis tombent désormais en chemin de ronde.  Et ensuite ? « Ils sont récupérés et détruits », assurent les syndicalistes.

Question : l’interdiction des ivresses alcooliques en prison (ou, pour certains, la non prises en charge des affres du sevrage) fait-elle partie de la peine prononcée  ?  La rémission de leurs péchés ? Qu’en pense, ce soir, Maurice Agnelet ?

A demain

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