Rabotage historique des dépenses de santé: la douloureuse des 10 milliards est confirmée

Bonjour

Raboter sur les dépenses de santé. Manuel Vals, nouveau Premier ministre, l’avait annoncé lors de son intronisation. Il avait aussi renvoyé à plus tard « pour les détails ». Christian Eckert, nouveau secrétaire d’Etat à la santé vient d’apporter les premières précisions lors du conseil des ministres de ce 23 avril. On attend les réactions.

Ne pas dégrader

Les « dépenses de santé » ne devront pas progresser de plus de 2 % par an en moyenne dès 2015, et ce jusqu’en 2017.  C’est là un « effort incontournable » pour permettre à l’assurance maladie d’économiser 10 milliards d’euros d’ici à 2017. Le tout, assure le gouvernement, « sans dégrader la qualité des soins ». On ne parle plus désormais de les améliorer. Tout cela en tenant compte du vieillissement de la population des pathologies chroniques et des coûts immanquablement inflationnistes des progrès techniques et des prix insupportablement  élevés accordés à certaines nouvelles spécialités pharmaceutiques (1). Et sans même évoquer le gigantesque chantier de la dépendance abandonné en rase campagne depuis le début du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

« Efforts d’efficience »

On sait que chaque année, le gouvernement fixe un objectif de progression dans le budget de la Sécurité sociale un objectif de progression limitée (Objectif national des dépenses d’assurance maladie ou Ondam). En 2015, 2016 et 2017, la hausse sera contenue à 2 % par an. En moyenne. « Le respect de cette trajectoire de moyen terme s’appuiera sur des efforts d’efficience approfondis dans le secteur de la santé » annonce le gouvernement.

Historique

L’effort annoncé est d’ores et déjà historique. « Il faut remonter à 1997, année de création de l’Ondam, pour constater un tel niveau : la hausse des dépenses avait alors été fixée à moins de 2 %. Elle a depuis toujours été supérieure, atteignant environ 3 % par an en moyenne depuis 2008, rappelle l’Agence France Presse. Pour 2014, l’enveloppe globale des dépenses de santé a été plafonnée à 179,1 milliards d’euros, soit une progression de 2,4 %. Mais elles devraient être inférieures à cet objectif, comme c’est le cas chaque année depuis 2010.  En 2013, 1,4 milliard d’euros avaient ainsi été économisés. »

« Au total, la limitation de l’Ondam  contribuera à hauteur de 10 milliards d’euros à la réduction de dépenses entre 2015 et 2017 » précise le gouvernement. Soit, très précisément l’objectif assigné à l’assurance maladie pour contribuer aux économies de 50 milliards d’euros sur les dépenses publiques prévues d’ici à 2017.

Ambulatoire et génériques

Les recettes ? Rien de changé depuis les premiers mots du nouveau Premier ministre. A commencer par le développement de la chirurgie ambulatoire (parvenir à un taux d’ « au moins 50 % des interventions chirurgicales », pratiquées ainsi d’ici à 2016  – contre environ 40 % actuellement).  Augmentation de la part de consommation des médicaments génériques (un quart du marché français d’ici à 2017).

Et amélioration du « parcours de soins du patient » – dans le cadre de la très attendue «  stratégie nationale de santé » aux commandes de laquelle est Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé.  On en connaît peu de choses sinon le fondement : abattre les cloisons entre les  soins de ville, les soins hospitaliers et le continent médico-social.

The Lancet

Promesse gouvernementale : « ces économies seront générées sans dégrader la qualité des soins et le remboursement ».  Pour sa part Marisol Touraine s’est récemment avancée : elle a récemment assuré qu’en matière de santé il n’y aurait « ni déremboursement ni nouvelle franchise ». On ne parle plus, pour l’heure des ambitions affichées dans le texte qu’elle a signé il y a peu dans The Lancet.

Dix milliards, c’est beaucoup, mas cela n’est pas tout. Les autres secteurs de la protection sociale (retraites, famille, chômage) devront, eux, contribuer à hauteur de 11 milliards d’euros aux efforts d’économies. Des « gains d’efficience » dans la gestion des caisses de Sécurité sociale sont également prévus. Sans que des chiffres soient, ici, donnés.

A demain

(1) On attend la fixation du prix du Sovaldi ® qui permet la guérison des personnes atteintes d’hépatite C évoluant de manière chronique. Elles sont environ 200 000 en France. Les négociations avec le fabriquant (la firme américaine Gilead) démarrent sur la base de 60 000 euros le traitement (soit le prix aujourd’hui payé par les établissements hospitaliers. Soit 12 milliards d’euros au total. Deux milliards e plus que les économies annoncées par le gouvernement sur trois ans.

5 réflexions sur “Rabotage historique des dépenses de santé: la douloureuse des 10 milliards est confirmée

  1. Bonjour. Les gains d’efficience attendus dans les caisses de sécurité sociale (trois branches confondues) s’élèvent à 1,2Md€, d’après le discours du PM Manuel Valls. Là encore, c’est beaucoup…

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