Jérôme Cahuzac continue à cacher la vérité vraie, Edwy Plenel parle de « folie »

Bonjour

Avant l’affaire Aquilino Morelle, il y eut l’affaire Daniel Vial, lobbyiste trop influent dans le monde du médicament. Il y eut aussi, coup de tonnerre dans un ciel tenu pour serein, l’affaire Jérôme Cahuzac. On ne sait plus trop où est, aujourd’hui, Daniel Vial. Ou on ne veut pas le savoir. Jérôme Cahuzac, lui, s’exprime dans le dernier numéro (daté de mai) de Vanity Fair (3,95 euros l’exemplaire). A la Une et sous un titre légèrement schizophrénique : « Jérôme Cahuzac raconte l’affaire l’affaire Cahuzac ». Ses propos ont en réalité été recueillis par Hervé Gattegno, rédacteur en chef enquêtes/investigation du magazine.

Aquilino Morelle, Daniel Vial, Jérôme Cahuzac. Dans les trois cas un fil rouge : le médicament. Ou plus précisément les innombrables interfaces entre l’industrie pharmaceutique et la puissance publique (celle qui fixe les prix et définit les indications). Interfaces que l’on imagine  étanches mais dont on découvre chaque jour un peu plus qu’elles peuvent être, en réalité, d’une très grande porosité.

« Grand malheur »

La lecture du long article que Vanity Fair consacre à Jérôme Cahuzac n’a pas fait que des heureux. Le journaliste Edwy Plenel, président et co-fondateur de Mediapart, ne cache pas ici une pointe d’irritation. On se souvient peut-être que ce site poursuivait Jérôme Cahuzac quand ce dernier était ministre du Budget. Edwy Plenel eût aimé que l’ancien ministre se confie à lui pour lui dire, enfin, sa véritable vérité. « Cela aurait été génial » dit-il. Sans doute. Mais c’était beaucoup demander à un seul homme. Jérôme Cahuzac et/ou ses avocats choisirent donc Vanity Fair.

Edwy Plenel n’a pas pu résister à faire quelques commentaires. Il le fit sur LCI  comme on peut le voir ici. Il considère, sans nuances, que l’enquête de son confrère Hervé Gattegno est « humainement intéressante mais journalistiquement assez complaisante ».Il ajoute que le « grand malheur », dans cette affaire, n’est pas celui que vit  M. Cahuzac  mais bien celui de la République qui peut « se faire piéger par la folie d’un homme à ce point ».

« Complaisance » ? «Folie » ? En d’autres temps on aurait, peut-être, évoqué comme un manquement à la confraternité. Voire même d’exercice illégal de la médecine. C’était avant.

Ulcère

On peut aussi faire une autre lecture clinique des pages de Vanity Fair. Observer la présence de « brûlures d’estomac » et d’un « ulcère » chez le principal intéressé. Et observer que ce dernier ne confie, au fond, qu’un seul regret : celui d’être entré au gouvernement. « Si j’avais voulu faire fortune, je n’aurais pas fait de politique, je serai resté chirurgien. On m’a dépeint comme un personnage avide, arrogant. C’est commode mais s’est faux. Dans ma vie, tous mes choix ont abouti à me faire gagner moins d’argent que j’aurais pu ».

Au-delà de ce qui est présenté comme une confession on percevrait presque comme un syndrome. A-t-il déjà un nom ?

1.357.000 francs d’un « groupe pharmaceutique »

L’argent. Il arrive après sa sortie du cabinet de Claude Evin, alors ministre de la Santé. « Très vite j’ai gagné beaucoup plus qu’auparavant. Je ne savais pas quoi faire de cet argent. Mon travail de consultant suffisait à assurer mon tain de vie et une partie de clients de la clinique –surtout les étrangers- voulaient payer en espèces. » On lui conseille, c’est assez banal, l’ouverture d’un compte en Suisse. Vanity Fair : du 26 novembre 1992 a 13 mai 1993 neufs versement y sont enregistrés, le montant total avoisinant 2,3 millions de francs (l’équivalent de 350 000 euros). Deux de ces mouvements proviennent d’un groupe pharmaceutique : 817 000 francs le 4 janvier 1993, 540 000 francs le 7 mai de la même année.

Quel(s) groupe(s) pharmaceutique(s) ? Pour quels services rendus ? Quelles « missions de conseil » ? Et, le cas échéant, quelle « contrepartie » d’actions menées alors qu’il était au cabinet du ministre de la Santé.

Sur tous ces points, pour l’heure, Jérôme Cahuzac se tait.  Quel titre, quel site, quel journaliste choisira-t-il demain pour continuer à se raconter à lui-même ?

A demain

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