Prothèses mammaires : après l’affaire PIP, tout peut faire ventre

Bonjour

Dans la soirée du 5 mai l’Agence nationale de sécurité des médicaments (Ansm) adressait (sous embargo) un  rapport d’évaluation de l’utilisation en France  des implants mammaires en silicone (hors PIP). L’embargo était fixé au mardi 6 mai, 7 h du matin. L’embargo, dans la presse, est l’une des dernières manifestations du savoir-vivre. Ou plus exactement une forme a minima de la paix armée

« Exclusif »

Bien avant l’aube, la Une du Parisien/Aujourd’hui en France. « Implants mammaires. Encore des doutes sur les prothèses. » Et ce sous-titre : « Un rapport exclusif révèle que plus de 2000 femmes ont déclaré des problèmes entre 2010 et 2013. Depuis le scandale de l’affaire PIP, toutes les inquiétudes ne sont pas levées ». Editorial du quotidien (…. les autorités de santé doivent être vigilantes ….) Et page 2 et 3 on décline en exclusivité » les différents chapitres du rapport gracieusement offert la veille par l’Ansm. Un rapport dont Le Parisien « a obtenue une copie ».

Tout cela a-t-il troublé l’Ansm ?  Une Agence dont le directeur général (Dominique Maraninchi) n’est plus là que pour quelques semaines – et dont on ne connaît pas encore (officiellement) le nom du remplaçant. Le rapport est disponible sur le site de l’Agence, comme on peut le voir ici.

Post-PIP

L’important n’est pas dans cette mise en scène d’un scoop qui n’en était pas un. Il l’est en revanche, dans les conséquences sanitaires constructives de ce que l’on a appelé « l’affaire PIP » : inspections de l’Ansm  sur les sites des sociétés commerciales concernées, contrôles en laboratoire effectués sur les implants prélevés, analyse des incidents de matériovigilance, informations des femmes, recommandations de suivi à venir  (tout en rappelant que « le chirurgien reste l’interlocuteur privilégié pour toutes les questions relatives à la pose et au port d’implants mammaires »).

Conséquence : la publication de données statistiques qui peuvent être difficiles à interpréter et à « médiatiser » : les signalements de matériovigilance ont remonté 22 cas de cancers du sein (adénocarcinomes). « Cette donnée ne correspond à aucun sur-risque de cancer du sein par rapport à la population générale de femmes » soulignent les auteurs du rapport de l’Ansm.

Lymphomes anaplasiques

« Selon les données du réseau français LYMPHOPATH, 9 cas de lymphomes anaplasiques à grandes cellules (LAGC) de localisation mammaire associés à la présence d’un implant ont été enregistrés depuis l’ouverture du réseau le 1er  janvier 2010, précise l’Ansm dans son  point d’information.  Ces 9 cas comprennent les 6 déclarations faites à l’ANSM concernant  des femmes porteuses d’implants mammaires en gel de silicone hors PIP. Le LAGC est une pathologie extrêmement rare qui n’a été observée que chez des femmes porteuses d’implants mammaires (remplis de gel de silicone ou de sérum physiologique). La majorité des cas décrits a présenté une évolution favorable avec un traitement local. »

Le rapport n’est en rien alarmiste. Le Parisien /Aujourd’hui en France va toutefois plus loin et interroge Brigitte Heuls, directrice des dispositifs médicaux à l’Ansm. Mme Heuls précise que « ces tumeurs pourraient être en relation avec l’implant mammaire (…) ». Le conditionnel est décidément un mode ambigu. Un peu trop.

A demain

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