Embargo européen sur les porcs américains : la France emporte une partie du morceau

Bonjour,

Comment Stéphane Le Foll, ministre français de l’Agriculture, va-t-il le jouer ? La France vient-elle de l’emporter ou n’a-t-elle en poche qu’une fraction du trophée ? Vu de Paris, quel est le niveau du verre ? Quel est le plus important: l’animal vivant ou son sang ? Nous le saurons sous peu.

Les experts de l’Union européenne ont décidé dans la soirée du mardi 6 mai de « durcir les règles » concernant l’importation du sang porcin américain et canadien destinés à l’alimentation animale (voir Slate.fr). Mais elle le fait tout en estimant qu’il n’était pas nécessaire de modifier les règles sur les importations de porc malgré l’épidémie virale de diarrhée d’origine chinoise qui ravage les industries porcines aux Etats-Unis, aux Canada et bientôt au Mexique voire au Brésil.

Plus de porcs vivants

La France n’est donc pas suivie dans l’embargo qu’elle avait initialement annoncé (voir « Alerte à la diarrhée mortelle : embargo français sur tous les porcs américains. La Bretagne a peur » et, sur Slate.fr « La France prête à interdire l’importation des porcs américains »)

Dans un communiqué de presse, la Commission européenne vient de souligner que « les règles d’importation concernant les animaux vivants sont déjà très strictes » et que les autorités canadiennes et américaines « ont fait savoir qu’il n’était pas prévu que des porcs vivants soient vendus aux pays de l’Union européenne ». Le virus de la diarrhée épidémique porcine (PED) a tué quelque sept millions de porcelets aux Etats-Unis en près d’un an et fait grimper les prix du porc à des records sans précédent.

 Chauffer « à 80 degrés »

La Commission explique que son « comité d’experts »  a estimé nécessaire que les produits sanguins issus du porc pour l’alimentation animale devant être importés vers l’Union européenne soient désormais « traités à 80 degrés ». « Ce traitement devra être suivi d’une durée de stockage de six semaines à température ambiante, pour s’assurer, dit la Commission, que les éventuels coronavirus présents ne soient plus virulents ». Le comité d’experts se réunira à nouveau en juin, précise la Commission.

Le ministre français de l’Agriculture Stéphane Le Foll (par ailleurs porte-parole du gouvernement) a aussitôt « salué » ces mesures de précaution. « Tout doit être fait pour prévenir l’introduction du coronavirus responsable de cette épidémie dans les élevages français et européens », indique le ministre dans un communiqué.

Sang contaminé

La question du sang porcin apparaît désormais cruciale dans cette affaire, ce sang pouvant (lorsque les plasmas sont  insuffisamment traités par chauffage) être un vecteur privilégié de transmissions virales. Aucune information n’a encore été donnée quant aux nouvelles techniques d’inactivation (par chauffage « à 80 degrés ») pas plus que sur les volumes de plasmas sanguins porcins concernés et sur le spectre des aliments pour animaux concernés (notamment les « pet foods » pour tout l’éventail des animaux d’appartement).  Cette dimension  prend d’autant plus d’ampleur qu’elle s’inscrit dans le contexte de la mondialisation du commerce de ces produits.

On se souvient peut-être que le sujet avait été au cœur de l’une des trois affaires du « sang contaminé » par le VIH au milieu des années 1980.  

A demain

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