Aquilino Morelle et sa femme: deux victimes d’acharnements politiques et journalistiques ?

Bonjour

Allers et retours entre l’Elysée et l’Igas : l’affaire Morelle rebondit.  Le Figaro (ici, uniquement sur abonnement) et Mediapart (idem) se rejoignent pour révéler les suites d’une affaire qui semble ne faire  que commencer. En résumé un  syndicat de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) vient  d’écrire à l’Élysée pour demander l’ouverture d’une enquête administrative visant Aquilino Morelle, ancien conseiller du président de la République François Hollande. L’information vient d’être confirmée à l’AFP.

Dans un courrier adressé au secrétaire général de l’Élysée, Jean-Pierre Jouyet, le Smigas (« syndicat autonome et indépendant »)  réclame l’ouverture d’une enquête administrative visant Aquilino Morelle. On se souvient que ce dernier est soupçonné d’avoir été rémunéré en 2007 par le  laboratoire danois, Lundbeck, alors même qu’il était salarié de l’Igas. C’est là une affaire encore assez obscure de stabilisation du prix d’un coûteux antidépresseur.

 « Entre 80 000 et 100 000 euros nets »

« Le secrétaire général en a accusé réception, fait-on valoir dans l’entourage de François Hollande. En tout état de cause, il n’appartient pas à la présidence de la République de prendre l’initiative d’une telle enquête, si celle-ci devait être justifiée, mais au chef de service de l’Igas. » Aquilino Morelle, qui a démissionné de ses fonctions à l’Élysée en avril est aujourd’hui en congé après avoir fait valoir avec succès ses droits à revenir dans son corps d’origine.

Le Figaro situe son salaire « entre 80 000 et 100 000 euros nets par an ». M. Morelle a refusé de répondre aux questions du Figaro. Il est déjà visé par une enquête préliminaire du parquet de Paris sur un conflit d’intérêts présumé avec l’industrie pharmaceutique, ainsi que par des investigations de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.

Coïncidences

Ces informations coïncident avec celles concernant  Laurence Engel, épouse d’Aquilino Morelle. Hier encore directrice de cabinet d’Aurélie Filippetti, ministre de la Culture elle quitte ses fonctions pour rejoindre son corps d’origine, la Cour des comptes. Ce départ a été dévoilé mercredi 7 mai par Les Echos. Il est confirmé au ministère : « Laurence Angel a besoin de prendre du champ pour des raisons personnelles et devrait partir la semaine prochaine. »

Nommée en mai 2012, Laurence Engel, énarque est une ancienne directrice des affaires culturelles de la ville de Paris. « La disgrâce de son mari l’a beaucoup secouée, elle est fatiguée de ce tourbillon et elle a besoin de se recentrer sur sa famille et ses trois enfants », a confié au Monde un bon connaisseur du ministère.

Imposée plus que choisie

Le dernier quotidien du soir ajoute que Laurence Engel « n’avait pas été choisie mais plutôt imposée à la nouvelle ministre de la culture lors de la composition de son équipe ». « Aurélie Filippetti aurait préféré recruter Agnès Saal, numéro deux du centre Pompidou, récemment nommée présidente de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), en remplacement de Mathieu Gallet nommé à la tête de Radio France, peut-on lire dans Le Monde.  Dans ce que certains considéraient comme une ‘’ mise sous tutelle’’, la femme d’Aquilino Morelle avait notamment le soutien de David Kessler, conseiller à la culture et à la communication à l’Elysée et ancien membre, comme elle, de l’équipe de Bertrand Delanoë à la mairie de Paris. ’La ministre et Laurence s’entendent très bien, sans l’affaire Aquilino Morelle, elle serait restée’’ , affirme-t-on au sein du cabinet.

Le Monde : « A l’heure où elle quitte la Rue de Valois, une ancienne histoire, que de mauvaises langues n’hésitent pas à rapprocher du goût pour le faste d’Aquilino Morelle (en référence au cirage de ses chaussures de luxe dans un salon de l’hôtel de Marigny), refait surface : celle de son pot de départ de la mairie de Paris. Organisé dans le Musée Carnavalet, ce cocktail avait mobilisé plusieurs agents municipaux et avait suscité l’ire de la CGT qui dénonçait, en juillet 2012, ‘’un grand moment de privilèges et de connivence’’. »

Chaises culturelles

Le Monde, toujours lui, fait valoir que le départ de Laurence Engel intervient aussi en pleine polémique sur la réouverture différée et la direction contestée du musée Picasso. Le nom de l’épouse d’Aquilino Morelle avait été cité parmi les possibles candidats à la succession d’Anne Baldassari à la présidence du musée.  La directrice de cabinet de Mme Filippeti avait aussi fait venir Rue de Valois des proches de la mairie de Paris, notamment sa meilleure amie, Romane Sarfati, au poste de conseillère chargée des arts plastiques. Mariée à Frédéric Olivennes, directeur de la communication extérieure de France Télévisions, Romane Sarfati s’est récemment portée candidate à la direction de la Manufacture de Sèvres. Laurence Engel partie, cette candidature pourrait être remise en cause.

Rien n’indique que le retour de Laurence Engel sous les ors de la Cour des comptes suscitera des réactions d’opposition.

A demain

 

 

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