Le nouveau coronavirus sévit désormais sur un mode endémique au Moyen-Orient

Bonjour

C’est une alerte sanitaire étiquetée  « dernière minute ». On peut la lire sur le site du ministère français des Affaires étrangères :

« Dans  le cadre de mesures préventives spéciales pour le coronavirus MERS, le ministère de la Santé d’Arabie Saoudite déconseille aux personnes âgées, à celles souffrant de maladies chroniques, aux femmes enceintes et aux enfants, d’effectuer le petit pèlerinage (Oumra) et le grand pèlerinage (Hajj) à la Mecque cette année. »

« Ces annonces s’expliquent par le caractère particulier de ces événements (rassemblements importants d’une durée de plusieurs jours) et ne concernent pas les autres types de déplacements en Arabie Saoudite (…). »

Les zones géographiques identifiées à risque ou potentiellement à risque incluent, à présent, la Jordanie, l’Arabie Saoudite, le Qatar, les Emirats arabes unis, Bahreïn, l’Iraq, l’Iran, Israël, le Koweït, le Liban, Oman, les Territoires palestiniens, la Syrie et le Yémen. »

Endémie

Le nouveau coronavirus sévit donc clairement désormais sur un mode endémique au Moyen-Orient. Les autorités sanitaires des pays concernés enquêtent. Aucune mesure de restriction des voyages en direction (ou en provenance) des différents pays concernés n’est à ce stade envisagée. A l’exception, donc, de l’initiative de l’Arabie Saoudite.

La décision de déconseiller le petit et le grand pèlerinage de La Mecque aux personnes les plus fragiles est un symptôme  des difficultés rencontrées par les autorités saoudiennes à endiguer une épidémie  qui a débuté fin 2012 dans ce pays.

 Hors contrôle

Il y a un an la situation semblait encore sous contrôle (Slate.fr du 17 juin 2013 ). Le nouveau coronavirus commençait alors à être connu sous le nom de MERS-CoV (Middle East respiratory syndrome coronavirus). On comptait une trentaine de morts et sa présence avait été établie en Arabie saoudite, au Qatar, aux Emirats Arabes Unis et en Jordanie. Il avait également été retrouvé  chez des personnes de retour de ces pays en Tunisie, au Maroc, en France, en Italie, au Royaume-Uni et Allemagne.

Infections nosocomiales

Les autorités saoudiennes redoutaient officiellement une extension internationale de l’épidémie via les pèlerinages de La Mecque. Ce ne fut pas la cas. L’évolution de la situation fait qu’elles prennent  aujourd’hui ouvertement des mesures préventives actives. Plus de 500 cas ont été identifiés au Moyen-Orient, dont un tiers ont été mortels, avec une accélération brutale de la dynamique épidémique ces dernières semaines.

Plusieurs cas de transmissions nosocomiales sont désormais bien documentés et l’Arabie Saoudite diffuse désormais régulièrement les informations épidémiologiques dont elle dispose. Comme on peut le voir ici à la date du 7 mai.

Chameaux

Le cap des cent morts vient d’être dépassé dans le pays où la population manifeste une certaine inquiétude. Il y a même eu un début de panique à Jeddah, deuxième ville du royaume. L’AFP  rapporte qu’il y a quelques jours  les habitants se sont rués sur les pharmacies pour acheter des masques et que beaucoup de parents ont cessé d’envoyer leurs enfants à l’école.

L’inquiétude est d’autant plus grande que l’on ignore toujours le mode exact de transmission de ce virus. Les autorités saoudiennes estiment qu’il est encore  trop tôt pour établir un lien direct entre le MERS –CoV et les chameaux, hypothèse pourtant suggérée par  plusieurs études scientifiques aux conclusions convergentes.

Trois centres médicaux

« En avril, la multiplication des cas à Jeddah avait entraîné la fermeture pour 24 heures du service des urgences de l’hôpital du roi Fahd, le plus grand de la ville, rapportait il y a quelques jours l’AFP. C’est dans ce contexte que le ministre de la Santé, Abdallah al-Rabiah, a été relevé de ses fonctions.Le ministre du Travail Adel Faqih, chargé de l’intérim, a annoncé que trois centres médicaux seraient désormais chargés de recevoir les personnes contaminées par le virus: un à Jeddah, un à Ryad et le dernier dans la province orientale du royaume où les premiers cas étaient apparus. »

Big Pharma

Le ministère saoudien de la Santé a par ailleurs demandé à cinq firmes pharmaceutiques mondiales de collaborer  pour tenter, sur la base des informations virologiques disponibles, de mettre au point un vaccin protecteur.

Les responsables sanitaires des pays occidentaux sont en éveil. «Il n’y a pas de mesures recommandées au niveau national autre que les conseils aux voyageurs » vient de rappeler au Figaro  le Dr Daniel Levy-Bruhl, épidémiologiste au département des maladies infectieuses de l’Institut de veille sanitaire (InVS).  La France dispose, officiellement, d’un système de surveillance actif de signalement par tout professionnel de santé qui verrait un cas suspect.

Mortel cousin

Le MERS-CoV est généralement présenté dans la presse comme un « cousin plus mortel mais moins contagieux » du virus responsable du Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), qui avait fait près de 800 morts dans le monde en 2003. « Comme lui, il provoque une infection des poumons, et les personnes touchées souffrent de fièvre, de toux et de difficultés respiratoires, résume l’AFP.  A la différence du SRAS cependant, il génère une défaillance rénale. »

A demain

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