Huitième étage : il défenestre un chat. Un an de prison et 6.300 euros d’indemnisation

Bonjour

Les juges de Boulogne-sur-Mer aiment-ils les chats plus encore que le droit ? L’affaire vient de nous être rapportée par l’AFP. Elle peut faire peur. Un habitant de Calais âgé de 30 ans a été condamné le mercredi 28 mai par le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) à un an de prison avec sursis pour avoir tué le chat de sa compagne en le jetant du huitième étage.

Obligation de soins

Ce n’est pas tout: le prévenu a aussi  été condamné à effectuer 105 heures de travail d’intérêt général et à se résoudre une obligation de soins. Il lui est en outre désormais interdit, à vie de « détenir un animal ».  Et il devra indemniser les sept associations de défense des animaux présentes à l’audience en tant que parties civiles. Montant total : 6.300 euros.

Gouttière ou pas un huitième étage ne pardonne pas. Le chat était mort à l’aube du 13 avril 2014.

Alcool et avances

Interrogé à de nombreuses reprises par le président du tribunal sur le « pourquoi » de son geste, le prévenu a répondu qu’il était « énervé ». Même les amis des chats peuvent comprendre. Surtout eux. Le rappel des faits à l’audience laisse penser que l’hypothèse d’une soirée arrosée ne peut être exclue. Soirée à laquelle participaient le prévenu, sa compagne et deux amis. Sans oublier deux félins domestiques. Soirée au terme de laquelle un différend aurait éclaté au motif d’avances faites à la compagne du prévenu.

Pot de fleurs

Il ressort encore des débats que la situation semblait s’être calmée quand,  au petit matin, l’homme a lancé un pot de fleurs par la fenêtre. Puis, dans la foulée, un des deux chats de l’appartement, celui de sa compagne.

« Pourquoi un chat plutôt qu’un autre ? Pourquoi ce comportement, alors même que le chat appartient à votre petite amie ? » demande le président du tribunal (pourquoi cet « alors même » ?).

« J’ai pris le premier chat qui passait » répondu le prévenu.

Chat lancé contre un mur

L’AFP : « L’homme, qui ne sait pas lire ni écrire correctement, présente un bégaiement prononcé et, pour cela, bénéficie des droits liés au statut d’adulte handicapé. Il est toutefois inséré socialement et professionnellement, bénéficiant d’un emploi encadré dans le domaine des espaces verts. »

Il y a quelques mois à Marseille des juges condamnaient  un homme à un an de prison ferme après la diffusion de vidéos sur internet le montrant jetant un chat en l’air. En l’air puis contre un mur. Sans douceur et à plusieurs reprises. L’article 521-1 du code pénal français dispose que « le fait de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique » est passible de deux ans de prison. Précision : cet article inclut aussi les « sévices graves ou de nature sexuelle ».

Mowgli et le micro-ondes

En mars dernier Laura C, 23 ans était condamnée à  quatorze semaines de prison : elle avait tué son chat dans un appareil à micro-ondes.  Mowgli avait attaqué et dévoré le poisson rouge de la maison (voir ici) . « Il s’agit d’un acte d’une cruauté absolument terrible sur un animal qui vous faisait confiance », avait alors déclaré le juge John Foster, du tribunal de Barnsley, dans le nord de l’Angleterre.

Comme à Boulogne-sur-Mer les juges de Barnsley avaient  assortie leur peine d’une interdiction à vie de posséder un animal domestique. C’est à de petites affaires de cette nature que les justiciables peuvent se rassurer : l’harmonisation du droit européen est en marche.

A demain

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