Un dimanche sous le signe de la cortisone (Froome) et du sang de veau (Ribery)

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15 juin 2014. Ce soir la France joue le Honduras (Mondial) et demain « la gauche risque de mourir » (Manuel Valls). Pour l’heure un méchant scoop et une sale histoire.

Le Journal du Dimanche révèle que le champion cycliste Christopher Froome aurait utilisé une forte dose de corticoïdes pendant le Tour de Romandie. Une classique et un grand classique. Ce qui l’est moins c’est que cet apport exogène aurait été réalisé avec la complicité de l’UCI. L’UCI est au cyclisme ce que la FIFA est au football : un organisateur de spectacles – avec marges de gros impresario.

Victime d’un « coup de froid », le Britannique aurait obtenu une Autorisation à Usage Thérapeutique (AUT) lui permettant d’ingérer per os de la prednisolone. Or pour des raisons qui restent à expliquer il semblerait que seuls les corticoïdes en spray sont autorisés chez certains  cyclistes. Froome a gagné le Tour de Romandie à l’issue d’un contre-la-montre remporté face au spécialiste Tony Martin.

Bronches dilatées

Christopher Froome est un coureur atypique. Il est, de notoriété publique, asthmatique. A ce titre il a droit de se dilater les bronches aux bêta-2-agonistes. Y compris quand il est en selle. Aurour de la Romandie il a pris durant sept jours de la prednisolone per os (40 mg par jour). « A cette dose et au vu des vertus stimulantes des corticoïdes sur le système nerveux, la semaine suisse n’a été qu’une promenade de santé pour le leader de Sky » croit savoir le Journal du Dimanche (Jacky Lassalette). On jase beaucoup dans le milieu des médecins spécialisés dans l’entretien corporel des cyclistes professionnels.

Il en est de même dans le football. On se souvient que la vedette Franck Ribéry, souffrant d’une lombalgie, n’a pas fait le voyage du Brésil. Lombalgie ? Voici que l’abcès s’est déplacé : il est au centre d’un différend entre l’équipe de France et le Bayern Munich, club de l’attaquant français : Ribéry n’a « pas adhéré au protocole de soins proposé par l’encadrement médical français ».

Peur des piqûres

« Je n’ai pas peur des piqûres. Mais je ne souhaitais pas me faire injecter de la cortisone par le médecin français. Je sais que ce n’est pas bon, a-t-il dit dans une interview écrite à l’agence sportive allemande SID, filiale de l’Agence France Presse. « Vous pouvez me croire, mais ma carrière va continuer après », a insisté Ribéry, dans une allusion aux effets néfastes qu’aurait pu avoir la cortisone selon lui. Dans cet entretien réalisé via le Bayern Munich, Franck Ribéry apporte son soutien au médecin du club bavarois, le Dr Müller-Wolfhart, dont le protocole de soins à base d’injection, avait été mis en cause par le médecin de l’équipe de France.

« C’est injuste. Je ne peux pas accepter qu’on fasse des reproches au Dr. Müller-Wohlfahrt. Je suis depuis sept ans au Bayern et j’ai une confiance totale en ‘Mull’ (le surnom de Müller-Wohlfahrt en Allemagne, ndlr), il m’a toujours aidé. Il fait les choses correctement. Sans lui je ne sais pas si je jouerais au football comme je le fais. Il en va de même pour Arjen Robben [attaquant du Bayern et des Pays-Bas]. Il a été si souvent blessé et il doit à Müller-Wohlfahrt de pouvoir à présent jouer sans problème et d’avoir démarré de manière aussi sensationnelle le Mondial. Et ça on le doit – et beaucoup d’autres joueurs aussi – à Müller-Wohlfahrt. »

Médecin préféré

Ribéry Souligne aussi que Müller-Wohlfahrt avait transmis à l’équipe de France tous les documents au sujet de sa blessure, qu’il avait aussi proposé de le soigner à nouveau et que la France a refusé.

Il faut savoir ici que le médecin de l’équipe de France, le Dr  Franck Le Gall, avait « stigmatisé »  le recours systématique aux injections dans les protocoles de soins employés au Bayern Munich. Il avait aussi souligné que Franck Ribéry avait « peur des piqûres » – ce qui ne manque certes pas de piquant quant on connaît le Dr  Müller-Wohlfahrt, devenu au fil des ans le docteur préféré des plus grands sportifs de la planète – dont la star du sprint, le Jamaïquain Usain Bolt.

Mystérieux Actovegin®

Via un communiqué diffusé par son avocat le médecin  avait précisé avoir mis à la disposition du médecin de l’équipe de France « tous les documents et analyses » et qu’il avait communiqué par téléphone « son point de vue » au sujet des douleurs de Ribéry. Il avait également rappelé que « le traitement aux infiltrations à l’Actovegin® » (produit à base de sang de veau déprotéiné), dont il s’est fait une spécialité, est « explicitement autorisé par l’Agence mondiale antidopage ».

Or l’Actovegin® a déjà été au centre – il n’y a pas si longtemps-  d’un scandale au sein de l’équipe de France. Celle qui, ce soir, joue le Honduras.

A demain

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