«Faux témoignage» dans l’affaire de l’ex-service de cancérologie pédiatrique du Dr Delépine

Bonjour

Faux témoignage. C’est l’accusation prononcée par l’AP-HP en réponse aux accusations formulées par une mère d’un enfant hospitalisé et occupant la chapelle de l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches. Occupation organisée par l’association Ametist. Les éléments radiophoniques peuvent être écoutés  ici, sur le site de France Info. La mère parle de CRS casqués, de pied de biche et d’extrême violence. Gérard Cotellon, directeur adjoint de cabinet à l’AP-HP  certifie le contraire, assure que la scène a été filmée et que tout a été fait pour préserver la santé des quatre parents grévistes de la faim.

 Grève de la faim dans la chapelle

« Ces témoignages sont faux, dit M. Cotellon. Ils avaient pour objectif de provoquer un événement médiatique, de faire croire que ces personnes ont été maltraitées ».  Il dit aussi comprendre que des personnes inquiètent du devenir de leurs enfants atteints de graves maladies utilisent des moyens « qu’elles croient devoir utiliser pour faire pression sur l’AP-HP ».

C’est là le dernier évènement en date d’une affaire dont les principaux éléments sont connus : quatre parents d’enfants cancéreux, en grève de la faim contre la fermeture du service d’oncologie pédiatrique de l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine), ont été évacués dimanche matin, a-t-on appris auprès de l’AP-HP et de proches. Ces parents ont entamé le 26 juin une grève de la faim, dans la chapelle de l’hôpital. Ils réclament  la poursuite des « méthodes spécifiques » de l’unité cancérologique pédiatrique qui doit fermer prochainement.

Dégradation de la situation

Visiblement inquiète l’AP-HP tient une chronique régulièrement actualisée de la situation sur le site de son service de presse. Elle explique avoir demandé le 5 juillet  « au préfet de police et au préfet des Hauts-de-Seine d’intervenir pour prévenir une dégradation plus importante de la situation ». Le 6 juillet « les équipes du Samu, appuyées par les forces de l’ordre sous l’autorité du préfet, sont entrées dans la chapelle ». « Elles ont expliqué aux quatre personnes les motifs de l’intervention, destinée à leur éviter de se mettre davantage en danger. Elles leur ont proposé d’être transportés dans un service médical proche. Les familles ont préféré quitter les lieux par leurs propres moyens » explique encore l’AP-HP. Cette dernière regrette « l’absence de tout signe de dialogue et de réponse aux propositions qui ont été faites et aux garanties qui ont été apportées ».

« Enfants cobayes »

Une vieille histoire.L’AP-HP a programmé la fermeture de l’unité après le départ à la retraite de la pédiatre et cancérologue Nicole Delépine (voir ici son site officiel). Cette dernière dirigeait l’unité depuis 2004 et c’est peu dire que ses méthodes ont fait et font polémiques. Le Dr Delépine est défendue par l’association « Ametist » groupant des parents d’enfants étant (ou ayant été) hospitalisés dans cette unité (voir ici le site de cette association). « Ametist » cautionne aussi des accusations d’une particulière gravité selon lesquelles des enfants aujourd’hui atteints de pathologies cancéreuses et pris en charge par la médecine dite « officielle » (sur la base des essais cliniques randomisés) seraient des « enfants cobayes ». (Voir ici). C’est là une affaire qui dépasse la seule oncologie pédiatrique et presque impossible à trancher.

Impasse méthodologique

« L’unité du Dr Delépine – qui accueille actuellement une trentaine d’enfants – privilégie des traitements individualisés par rapport aux protocoles standardisés, explique ainsi (avec diplomatie) l’AFP. Elle revendique un taux de guérison de plus de 80 %, mais ne peut se prévaloir de résultats récents, car les nouveaux standards méthodologiques exigent que toute étude soit basée sur de nouveaux essais cliniques qu’elle refuse. »

Ces éléments suffisent pour prendre la mesure des impasses que révèle ce type d’affrontements entre deux mondes. Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP a nommé un médiateur (le Pr Denis Devictor ) pour tenter de calmer les passions et de dépasser la somme des incompréhensions. La direction de l’AP-HP dit comprendre l’angoisse des parents. Eux disent que cette direction de les comprend pas.

Comment sort-on, de part et d’autre, indemne d’une telle impasse ? Les grévistes de la faim sont-ils sortis de la chapelle ?

A demain

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