Cancers et affaire du Dr Delépine : la justice est saisie, le politique tranche, le service ferme

Bonjour

BFM TV est le dernier endroit où les responsables politiques jugent utiles de s’exprimer. Devant le micro RMC d’un Jean-Jacques Bourdin chaque jour un peu plus compassé. Marisol Touraine, ministre de la Santé en a fournit aujourd’hui  une nouvelle démonstration exemplaire. Voir ici. Résumé de la situation. Le tribunal de grande instance de Paris a examiné aujourd’hui 10 juillet jeudi la requête de parents d’enfants atteints de cancer et qui s’opposent à la fermeture d’une unité d’oncologie pédiatrique située dans l’hôpital de Garches (Hauts-de-Seine) – unité longtemps dirigée par le Dr Nicole Delépine dont les méthodes thérapeutiques alimentent de vives controverses depuis des années (voir ici).

Grève de la faim

L’abcès s’est constitué avec le départ à la retraite de ce médecin et la volonté concomitante de l’AP-HP de fermer cette unité. Plusieurs dizaines de patients et leurs proches ont assisté aux débats devant le tribunal de grande instance de Paris. « Nous nous battons pour la liberté thérapeutique de nos enfants et de tous les jeunes malades de demain », a déclaré (citée par l’AFP) Lisbeth, dont le fils (soigné à Garches de 2008 à 2010 pour un cancer des os) est en rémission depuis quatre ans. Cette mère a entamé le 26 juin, avec trois autres parents, une grève de la faim : elle s’oppose à la fermeture du service.

L’AFP rappelle qu’il y a dix ans déjà l’AP-HP) e le ministère de la Santé avaient signé un protocole qui prévoyait l’installation de l’unité d’oncologie pédiatrique au sein de l’hôpital Raymond Poincaré de Garches. En juillet 2009, ce service avait été autorisé à poursuivre son activité. Et maintenant ? « Cette autorisation, délivrée pour une durée de cinq ans, expire le 21 août 2014. Elle n’a pas été renouvelée; cela a pour conséquence la fermeture du service », a plaidé l’avocate représentant l’Etat.

« Il y a urgence »

Ce protocole d’accord est un contrat administratif qui relève de la compétence du juge administratif  et non des juridictions civiles. C’est précisément pourquoi des proches de patients ont également déposé un recours devant le tribunal administratif de Paris. « Mais il ne statuera pas avant deux ans; on ne va pas rouvrir le service à ce moment-là. Il y a urgence », a déclaré à l’AFP Me Emmanuel Ludot, conseil de l’association Ametist. Selon lui, l’Etat n’a pas respecté les modalités inhérentes à tout retrait d’autorisation, le juge judiciaire « doit donc trancher ».

A l’issue de l’audience, l’AP-HP a (une nouvelle fois) assuré « mettre tout en œuvre afin de poursuivre et renforcer le dialogue » avec les familles des patients « dans un souci d’apaisement » et « avec pour unique préoccupation la qualité de la prise en charge des patients ».

Exercice radiophonique ministériel

Quelques heures auparavant Marisol Touraine répondait aux questions du journaliste Jean-Jacques Bourdin. Exercice délicat en trois minutes et vingt secondes. En résumé : exprimer sa compassion vis-à-vis des parents en qui la médecine officielle  perçoit les symptômes de la déraison puisqu’ils refusent les « essais thérapeutiques » ; demander la « poursuite du dialogue » et la « recherche de l’apaisement » ; préciser que tous les enfants seront accueillis dans un autre service situé à « cinq kilomètres »  de là où ils sont soignés aujourd’hui ; assurer qu’il n’y aura pas d’inclusions de force dans des « essais thérapeutiques » (c’est interdit) ; oser dire que l’unité du Dr Nicole Delépne n’a jamais fait l’objet d’une « évaluation scientifique » et que seules les évaluations permettent de progresser ; citer le président de la République et l’actuel Plan Cancer.

Puis confirmer que l’unité du Dr Delépine fermera comme prévu. Er faire comprendre que les futurs jeunes patients de la future unité ne seront plus soignés comme le furent ceux admis jusqu’ici (essentiellement à base de méthotrexate).

 « Essais thérapeutiques »

« Mes confrères sont contraints d’inclure toujours plus d’enfants dans ce type d’essais. Ils testent sur le patient de nouveaux produits développés par les laboratoires et de nouvelles combinaisons, plutôt que d’utiliser des traitements déjà reconnus comme efficaces »  dénonce pour sa part le Dr Delépine dont certains soutiens peuvent inquiéter. « Il est faux d’affirmer que des enfants peuvent rentrer dans des essais thérapeutiques sans l’accord explicite de leurs parents » accuse pour sa part  l’AP-HP.

Le Dr Delépine partira à la retraite le 18 juillet. Le tribunal de grande instance de Paris rendra sa décision le 24 juillet. Le politique a tranché. Le service est fermé. Le rideau de la justice n’est pas tombé.

A demain

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