14 juillet 2014: pour qui sont ces lapsus qui sifflent sur nos têtes ?

Bonjour

Mardi 14 juillet 1789 : des révolutionnaires libèrent sept prisonniers de la prison de la Bastille, forteresse royale. Paris est en feu. Séisme. On en parle encore à travers le monde libre.

Lundi 14 juillet 2014 plus de sept millions de personnes ont, en France, suivi lundi 14 juillet 2014 l’entretien accordé par le président de la République française à deux chaînes de télévision, l’une publique (2,7 millions), l’autre privée (4,5 millions).

Présumé prisonnier ?

On peut voir cet entretien ici, sur le site de la présidence de la République. Qu’auront retenu les citoyens de ces trente-huit minutes ? Parmi eux certains se souviendront du lapsus. Interrogé sur les démêlés de son prédécesseur avec la justice de notre pays l’actuel président a failli chuter. On a compris qu’il pensait très fort que tout Français devait être considéré « prisonnier » avant de s’interrompre pour immédiatement rectifier par « présumé » innocent. S’il ne l’a pas explicitement dit, chacun s’accordera pour dire qu’il le pensait suffisamment pour qu’on l’entende. 

Quelques secondes plus tôt le président de la République assurait : « Ceux qui peuvent imaginer que, ici, on puisse avoir une influence sur la justice, non seulement ne comprennent rien à ce qui est mon état de pensée, mais ne comprennent rien à ce qu’est l’exigence de la part de nos concitoyens. » (Voir et entendre ici, 1’40’’)

« C’est troublant »

Un homme est aussitôt monté au micro pour le défendre. Ou pour tenter de le comprendre. Un homme d’importance : l’actuel secrétaire général intérimaire de l’UMP, actuel parti majoritaire de l’opposition. C’était sur France Inter, chaîne publique. Extraits :

« Il faut aussi savoir être indulgent. J’allais dire que l’attitude de François Hollande qui consiste à faire référence à l’indépendance de la justice, à la présomption d’innocence était à la hauteur de son statut de chef d’Etat. Mais c’est effectivement assez troublant qu’à chaque fois qu’il évoque ces questions, il soit victime d’un lapsus, de contradictions. C’est troublant… »

Porte ouverte

M. Chatel a enfoncé une porte ouverte sur France Inter : tout est toujours troublant dans les lapsus. Surtout maintenant. Longtemps on ne vit en eux que des erreurs involontaires. Avant que Freud et ses fidèles y débusquent une expression semi-consciente d’un inconscient qui ne le serait pas tant que cela. Le symptôme de l’émergence de certains désirs, le parlé déraisonnable du début de la déraison de ces derniers. L’avant-dernière marche, en somme, sur le chemin de ronde la perversité. Puis vint la télévision.

Sade n’était pas là

Présumé innocent… Prisonnier innocent… De qui parle-t-on ? Qui vise l’inconscient présidentiel ? Qui veut-il ne pas nous désigner consciemment  du doigt ?

Le 14 juillet 1789 la forteresse de la Bastille ne comptait que sept prisonniers, dont quatre faussaires. Quant au méchant marquis de Sade il n’était déjà plus dans les murs. Des murs qui, bientôt, s’écrouleraient.

A demain

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