Ebola : ne plus utiliser les de chauves-souris séchées dans les soupes épicées

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L’organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) s’intéresse, elle aussi, à l’épidémie d’infection par le virus Ebola qui progresse en Afrique de l’Ouest. Et elle « s’inquiète du danger que représente la consommation de chauves-souris frugivores, le réservoir le plus probable du virus Ebola ». Dans le même temps temps la BBC nous apprend que le responsable médical de la lutte contre l’épidémie d’Ebola en Sierra Leone vient d’être contaminé.

Mets appréciés

« Il faut intensifier les efforts pour faire prendre conscience aux communautés rurales d’Afrique de l’Ouest des risques qu’elles courent de contracter le virus Ebola en consommant certaines espèces de faune sauvage », vient de faire savoir, depuis son siège de Rome, la FAO. Elle précise que ces animaux – généralement consommés séchés ou dans une soupe épicée – sont un mets très apprécié dans la région concernée par l’actuelle épidémie (voir ici la mise au point actualisée de l’organisation onusienne).

Comme toujours en matière d’interdits alimentaires la FAO sait qu’elle marche sur des œufs. « Nous ne suggérons aucunement que les populations arrêtent la chasse, ce qui ne serait pas réaliste, mais elles ont besoin de directives claires, comme ne pas toucher les animaux morts ou vendre ou manger la chair d’animaux trouvés morts ». Ce sont les mots Juan Labroth, vétérinaire en chef de l’agence onusienne. La FAO souligne encore que (comme pour le rage) les animaux malades ou ayant un comportement étrange constituent « un signal d’alarme ». Aussi « invite-t-elle »  les populations à ne pas les chasser. La FAO rappelle encore que  le virus Ebola « n’est anéanti que lorsque la chair est cuite à haute température ou bien fumée ».

Primates et antilopes

Un virus, aussi dangereux soit-il, est-il de nature à modifier les comportements alimentaires ? Plusieurs gouvernements africains ont déjà tenté sans succès de proscrire la vente et la consommation de viande de gibier. Sans succès : ils se sont heurtés « à la suspicion des communautés rurales ». « Il règne un climat de méfiance, à tel point que les gens cachent les malades au lieu de chercher une aide médicale. Il est très difficile de lutter contre la maladie avec les mythes et rumeurs qui circulent », relève Katinka de Balogh. Mme de Balogh est, à la FAO, spécialiste de santé publique vétérinaire et « coordonnatrice Ebola ».

Les chauves-souris frugivores ne sont pas la seule menace. Il en va e même de « certains primates » et des « céphalophes » (antilopes ou duikers). Mme de Balogh fait aussi état d’inquiétudes croissantes liées aux effets que l’épidémie pourrait avoir sur la sécurité alimentaire dans certaines parties de la région : certains agriculteurs ont trop peur de travailler dans les champs, et certains marchés ont déjà fermé. « Il est crucial que les communautés rurales comprennent les risques de contagion des animaux sauvages et de transmission interhumaine pour être en mesure de prendre des décisions en connaissance de cause », affirme-t-elle.

Alternative à la chasse ?

Devant ce constat la FAO va travailler avec les gouvernements concernés pour mettre en place des systèmes de surveillance de la faune sauvage et favoriser ainsi la détection précoce du virus. Comment ? « En collaborant avec les gardes forestiers, les vétérinaires et les universités locales ». Sans oublier le rôle crucial que peuvent jouer les communautés  rurales « en signalant des mortalités inhabituelles de la population animale ».

Arrêter la chasse ? La FAO va évaluer son importance « dans les moyens d’existence des populations ». Il s’agira « d’identifier des alternatives plus saines et plus durables de production animale à long terme, à même de fournir des compléments de protéines et de revenus ». Une alternative à la chasse ? En Afrique ? Il est possible qu’Ebola n’y suffise pas.

A demain

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