Un plaidoyer en faveur d’une GPA « éthique » est paru dans Libération. Serez-vous convaincu ?

Bonjour

Le 13 juillet dernier Libération  ouvrait ses pages au débat sur les mères porteuses et la GPA. C’était  un texte fort, signé de nombreuses personnalités « de gauche » venues d’horizons multiples (Jacques Delors, Lionel Jospin et Yvette Roudy en tête) réunies par le refus de la marchandisation du corps de la femme (liste et pétition disponibles ici). C’était aussi un appel d’actualité lancé au président de la République (voir « François Hollande sommé de dire si la France autorisera ou pas la GPA »)

Silence du Président

François Hollande n’a pas répondu. Il a laissé dire son entourage qu’il s’était déjà exprimé sur le sujet. Ce qui ne répond en rien à la question de la position française face aux décisions de la Cour européenne des droits de l’homme – des décisions prises au nom de « l’intérêt supérieur de l’enfant » et qui ouvrent toutes grandes les portes à la dépénalisation de la pratique de la GPA en France.

Aujourd’hui 24 juillet Libération ouvre à nouveau ses pages au même débat. Deux pleines et grandes pages pour une seule femme : Irène Théry, sociologue et présidente du groupe de travail « Filiation, origines, parentalité» missionné par la ministre déléguée à la Famille (1).

Silence de la sociologue

Celles et ceux qui connaissent Mme Théry ne seront en rien surpris. Les autres apprendront ainsi ce qu’il en est du fond de son argumentation. Ce document est intitulé  « GPA : pour un débat argumenté et respectueux des personnes » (voir ici). Ce qui tend à laisser penser que la lettre adressée le 13 juillet au président de la République péchait à ces deux endroits. Comprenne qui pourra.

Sur le fond Mme Théry ne répond guère à la question centrale aujourd’hui soulevée.

1 Elle souligne la nécessité « de distinguer une GPA éthique d’une marchandisation du corps des femmes ». Elle reconnaît que cette marchandisation « existe aussi » et qu’il « faut se donner les moyens de la combattre ». Mais elle ne dit pas comment. Et elle ne dit pas, surtout, si le fait de reconnaître une « GPA éthique » ne sera pas, précisément, la facilitation de la marchandisation.

2 Elle annonce que son groupe préconise à l’unanimité « la reconnaissance immédiate en France de la filiation d’enfants nés par GPA à l’étranger, au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant ». En quoi l’intérêt supérieur de l’enfant devrait-il primer sur le risque d’une pratique esclavagiste ? Où est-ici le calcul « bénéfice-risque » de Mme Théry ? L’auteure ne nous le dit pas

N’ayons pas peur

« Nous n’avons pas peur du débat à venir, nous avons même grande envie de le poursuivre car nous y avons trouvé aussi le terreau d’un respect mutuel et amical que nous n’attendions pas » écrit Mme Théry. Pourquoi évoquer la peur d’un débat à venir ? Le débat est là. Les termes éthiques en sont connus, les échéances juridiques aussi. Quant à la peur, comme toujours, c’est une assez mauvaise conseillère.

A demain

(1) Le rapport de ce groupe de travail «Filiation, origines, parentalité» paraîtra chez Odile Jacob, le 3 septembre 2014

2 réflexions sur “Un plaidoyer en faveur d’une GPA « éthique » est paru dans Libération. Serez-vous convaincu ?

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