Ebola : « huis clos » à Genève, fermetures des frontières africaines, éditorial de La Croix

Bonjour

Pourquoi le huis clos ? L’OMS ne nous le dira pas et les journalistes d’investigation sont sur d’autres fronts. Lundi 11 août  l’OMS discutait donc « à huis clos » avec des « experts en éthique médicale ». Objet du secret :  utiliser ou pas, contre Ebola, des traitements expérimentaux n’ayant pas fait leur preuve. Que faire devant les appels pressants à utiliser des médicaments « non autorisés » pour tenter de sauver les malades ?  Méthode retenue par l’OMS : une téléconférence.

« Sérum miracle »

Tout a commencé ici avec le ZMapp, soit trois anticorps » humanisés » en Californie et qui sont étrangement présentés comme un « sérum ». La médiatisation intensive de l’annonce de leur  utilisation  (au Libéria) sur deux citoyens américains (un médecin et une aide-soignante) a été l’élément déclenchant. Vite suivi par l’annonce (nullement établie) que ce « sérum » aurait été à l’origine de l’amélioration de l’état de ces deux malades.

« Sérum miracle », donc. Grâce à Mapp Pharmaceuticals. Et multiplication des suppliques pour pouvoir l’utiliser. En se moquant radicalement du fait qu’il n’était autorisé à l’emploi sur l’homme par aucune autorité sanitaire au monde.

ZMapp en préventif ?

« Est-il éthique d’employer des médicaments non agréés, et si c’est le cas quels critères doit on définir, dans quelles conditions doit on administrer ce traitement et qui doit être traité, telles sont quelques-unes des questions à laquelle cette réunion doit répondre » a indiqué à l’AFP Marie-Paule Kieny, assistante au Directeur général de l’OMS. Mme Kieny souligne aussi que le ZMapp  n’est disponible qu’en faibles quantités. Elle soulève également la question d’un éventuel emploi « à titre préventif » pour le personnel médical.

La rencontre du lundi 11 août doit être suivie « plus tard » par une réunion plus large. Elle examinera alors les différentes pistes de traitement en cours de recherche et les moyens d’accélérer leur développement, a encore précisé Mme Kieny. Pour sa part Remy Lamah, ministre de la Santé de Guinée estime que, contrairement au Nigéria,  l’accès aux traitements expérimentaux n’est pas « la priorité du moment ». Il le dit dans La Croix du 12 août.

Métaphoriser

La Croix qui éditorialise et métaphorise (Dominique Quinio) :

« Ebola, métaphore des inégalités de notre monde, entre pays nantis (même s’ils ont, eux aussi, leurs pauvretés) armés pour parer à toute arrivée du virus et des pays aux systèmes de santé précaires. Ebola, souhaitons-le, métaphore d’une efficace solidarité internationale au service des populations les plus menacées, même si elles sont lointaines. »

Pour l’heure les populations les plus menacées vivent dans des pays qui se ferment. Le Libéria  vient de mettre en quarantaine une troisième province affectée. Le gouvernement avait  restreint les déplacements concernant  ses provinces de Bomi et Grand Cape Mount – et ce en vertu de l’état d’urgence décrété le 6 août, pour 90 jours, face à la recrudescence du nombre de cas d’Ebola.

Protéger en enfermant

Lundi 11 août la présidente Ellen Johnson Sirleaf a annoncé la mise en quarantaine de la province de Lofa, et ce « pour protéger les populations non encore affectées ». La région de Lofa est frontalière de la Guinée et de la Sierra Leone, deux pays touchés.  L’armée est chargée de contrôler les accès, des dispositions ont été prises pour le ravitaillement des zones isolées, a-t-elle expliqué. Outre le Liberia, l’état d’urgence est en vigueur en Sierra Leone et au Nigeria. La Guinée a annoncé avoir pris des « mesures contraignantes visant à mieux contrôler les mouvements transfrontaliers ».

Par mesure de prudence, la Côte d’Ivoire (aucun cas signalé), a suspendu ses vols avec les pays touchés, dont deux de ses voisins: le Liberia et de la Guinée. Jusqu’à nouvel ordre, sa compagnie nationale ne desservira plus les zones d’épidémie. Elle a aussi interdit à toutes les compagnies de transporter les passagers de ces zones vers Abidjan. La Côte d’Ivoire a du même coup  décidé unilatéralement d’aller plus loin que les recommandations de l’OMS qui se refuse à conseiller une restriction des déplacements de population.

Placements en quarantaine

Depuis quelques jours, des malades présentant des symptômes proches de ceux d’Ebola (forte fièvre, faiblesse, maux de têtes, vomissements, diarrhées ou hémorragies notamment) ont été placés en quarantaine dans certains pays en Afrique comme en Europe et en Asie. Les  résultats des tests ont exclu la présence du virus. L’analyse était toujours en cours, le 11 août, pour un Allemand placé en isolement au Rwanda.

A demain

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