L’OMS part en guerre contre la cigarette électronique. Volée de bois vert en retour.

Bonjour

L’OMS est un monstre froid. Accusée de ne pas avoir agi assez tôt contre l’épidémie d’Ebola  sera-t-elle poursuivie pour avoir mené la guerre contre la e-cigarette ? Une guerre obstinée. Une guerre d’un autre âge.  Depuis les hauteurs aseptisées de Genève le bras armé pour la santé de l’ONU a réclamé, mardi 26 août, une réglementation stricte sur les cigarettes électroniques prévoyant notamment d’en interdire la publicité ainsi que d’en bannir l’usage à l’intérieur et la vente aux mineurs.

Il s’agit ici d’un rapport qui doit  être débattu en octobre par les pays membres de l’organisation.  Le rapport de l’OMS est disponible ici. On lira d’autre part ci-dessous la lecture qu’en fait l’un des universitaires le plus au fait du sujet (1). Ainsi que la réaction, violente, de la principale association française des utilisateurs de cigarette électronique (2).

Une croix sur les bonbons

 En pratique l’OMS propose une série d’ « options réglementaires » dont l’interdiction pour les fabricants  de revendiquer que leurs cigarettes électroniques  puissent avoir des effets bénéfiques sur la santé – ce en aidant les fumeurs à ne plus consommer des cigarettes traditionnelles. Elle estime que les fabricants doivent, pour se prévaloir de tels bénéfices, fournir « une preuve scientifique convaincante et obtenir une approbation réglementaire »  de leurs affirmations. La réglementation devrait aussi obtenir de « minimiser le contenu et les émissions de produits toxiques ». Les arômes aux fruits, aux saveurs de bonbons ou de boissons alcoolisées devraient  être interdits tandis que les distributeurs proposant des e-cigarettes  devraient  être supprimés.

 Plus que de la vapeur d’eau

L’une des clefs de voûte du dispositif est l’interdiction de l’usage de ces inhalateurs électroniques de nicotine dans les lieux publics fermés. Cette mesure est réclamée «  jusqu’à ce qu’il soit prouvé que la vapeur exhalée n’est pas nocive pour les tiers ». L’OMS ne dit pas qui devra apporter cette preuve. L’institution onusienne a aussi découvert, dans la littérature spécialisée, que «  l’aérosol produit par les inhalateurs électroniques de nicotine » n’est pas de la simple vapeur d’eau. 

Danger pour le fœtus

On peur résumer la position de l’OMS : « l’utilisation de ces dispositifs présente un danger grave pour l’adolescent et le fœtus ». Ou encore : « les éléments de preuve sont suffisants pour mettre en garde les enfants et les adolescents, les femmes enceintes et les femmes en âge de procréer contre l’utilisation d’inhalateurs électroniques de nicotine parce que l’exposition du fœtus et de l’adolescent à la nicotine a des conséquences à long terme sur le développement du cerveau ».

Brouillards

 Seule avancée sur le sujet : « L’exposition réduite à des substances toxiques que permet l’utilisation d’inhalateurs électroniques de nicotine bien réglementés par des fumeurs adultes réguliers en remplacement complet des cigarettes a des chances d’être moins toxique pour le fumeur que les cigarettes classiques ou que d’autres produits du tabac brûlés ». Mais l’OMS « ignore actuellement l’importance de la réduction des risques » Elle ne fera rien pour connaître cette importance. 

 Rendez-vous à Moscou

L’OMS estime qu’en 2014, il existe 466 marques de e-cigarettes et qu’en 2013, trois milliards de dollars ont été dépensés dans l’ensemble du monde pour ces produits. Les ventes devraient être multipliées par un facteur dix-sept  d’ici à 2030. C’est là, à l’évidence, un mouvement massif et sans précédent dans le champ de ce fléau planétaire qu’est  l’addiction tabagique. L’OMS n’en a cure. L’OMS se méfie des révolutions. L’OMS sera à Moscou du 13 au 18 octobre pour la « sixième session de la conférence des parties à la convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac ».

Se méfier des révolutions et annoncer que l’on sera à Moscou en octobre ? La preuve manifeste d’un manque de clairvoyance.  C’est assez souvent le cas avec les monstres froids. 

A demain

PS: Les actuelles turbulences politiques françaises auront-elles pour effet de reculer un peu plus encore la publication du « Plan national de réduction du tabagisme » ? Rappelons que cette publication (confiée à Marisol Touraine, ministre de la Santé) avait, en février dernier, été annoncée pour « avant l’été » (2014) par le président de la République.

(1) « Force est de constater que dans ce dossier la littérature scientifique est citée et interprétée de manière sélective, biaisée. La stratégie de réduction des risques n’est pas suffisamment considérée. On considère trop peu les bénéfices du vapotage pour les fumeurs nous a déclaré le Pr Jean François Etter (Université de Genève), l’un des meilleurs connaisseurs de ce dossier.  Il y a une confusion entre l’objectif (légitime) de diminuer le tabac-combustible avec l’objectif (peu réaliste) d’éliminer la consommation de nicotine (hors tabac et hors médicament). L’interdiction des arômes est très néfaste, car certains vapoteurs vont recommencer à fumer si on supprime les arômes. Quant à l’interdiction du mot « e-cigarette » dans les publicités elle n’est pas réaliste.»

Il ajoute : « Je ne souhaite pas défendre l’industrie du tabac, mais la position de l’OMS (de ne pas considérer cette industrie comme un partenaire légitime) n’est pas tenable, alors que le marché de la e-cig est ou va être est dominé par cette industrie. Cette position marginalise l’OMS, qui risque devenir non-pertinente sur le sujet. Il est excessif de réglementer les e-cigs à la fois comme produit du tabac et comme médicament, alors que les e- cig ne sont ni l’un ni l’autre. Au total il s’agit d’un document très décevant qui favorise la cigarette classique, et entrave le développement d’alternatives plus sûres. »

(2) Voici la réaction de l’Association Indépendante Des Utilisateurs de Cigarette Electronique (AIDUCE) :

« L’OMS, dans le mépris le plus complet de l’état de la science au sujet des vaporisateurs personnels, improprement qualifiés de « cigarettes » électroniques, souhaiterait interdire largement la vente et l’usage de cette alternative dont on sait désormais qu’elle est infiniment moins nocive que le tabac fumé. Et ce alors même qu’elle reconnaît qu’elle pourrait avoir des effets bénéfiques.

Ses conclusions se basent sur des suppositions scientifiquement infondées : le VP POURRAIT être dangereux, SERAIT une passerelle vers le tabagisme, POURRAIT inciter les jeunes à fumer. La nicotine, encore une fois diabolisée, serait ‘une grave menace’ selon les médias, pour les femmes enceintes, les enfants, les adolescents, les fœtus et même les femmes en âge de procréer.

Cette même nicotine présente dans les substituts proposés par l’industrie pharmaceutique présente-t-elle les mêmes dangers ?

Cette attitude, que d’aucuns jugent criminelle, est quoi qu’il en soit particulièrement irresponsable dans la mesure ou elle pousse les fumeurs de tabac à le rester, et les vapoteurs à se priver de leur succédané. Elle ne sert en rien les intérêts des citoyens du monde. Au contraire, elle poussera au mieux à un recours aux ersatz de la pharmacopée industrielle dont tout le monde connaît les piètres résultats depuis des décennies, et au pire à la consommation de tabac fumé.

Poussé à l’extrême par un dogmatisme dont les motivations ne changent rien au final, le principe de précaution peut devenir meurtrier. Et en la matière le conditionnel n’est pas de mise : en campant sur des positions aussi radicales, l’OMS contribuera de longues années encore à alimenter l’hécatombe provoquée par la cigarette de tabac. Est-ce là sa vocation ?

L’Aiduce dénonce fermement cette position de l’OMS, qui ne sert que les intérêts des industries oligopolistiques en place : tabac et pharmacie au premier chef. L’Aiduce invite tous les citoyens du monde, fumeurs, non-fumeurs, à faire connaître leurs justes récriminations devant l’action rien moins qu’absurde et inconséquente de l’Organisation Mondiale de la Santé.

La santé des citoyens leur appartient. Halte à la désinformation : http://www.aiduce.fr/contrer-desinformation-laiduce-propose-outil/ »

 

5 réflexions sur “L’OMS part en guerre contre la cigarette électronique. Volée de bois vert en retour.

  1. Mon mari et moi étions gros fumeurs (4 paquets à deux par jour). Nous avons tout essayé pendant cinq ans : Ziban, Champix, Patch, Inhaleur en Pharmacie, Gommes… Nous n’avons jamais réussi à stopper notre addiction. Depuis que nous vapotons en personnes responsables (18 mg de nicotine au début, 12 actuellement et bientôt 6), nous avons stoppé notre consommation de cigarette. Notre santé s’en trouve améliorée et pour rien au monde, nous n’avons l’intention de faire machine arrière. Ma fille a 25 ans et fume depuis l’âge de 15 ans. Si la Ecigarette avait été médiatisée plus tôt, je l’aurais orientée en ce sens, plutôt que de la voir fumer si jeune.
    Les politiciens ne savent que vendre des produits toxiques pour se faire de l’argent.
    Personne n’est dupe, pas plus nous que les autres vapoteurs. Nous leur avons restreint leur budget de 600 euros par mois à nous deux.
    Nous sommes heureux d’avoir pu réussir à stopper ce poison.
    Nous sommes heureux de vapoter et de ne plus sentir l’odeur de tabac froid le matin au réveil.
    Nous sommes heureux d’avoir retrouver nos poumons et nos artères.
    Nous sommes heureux de sentir l’herbe coupée en été, et nos parfums en hiver.
    Que l’on ne nous enlève pas cela.
    Merci de m’avoir lue.
    I.Richard

  2. Je vous remercie pour vos articles en faveur de la cigarette électronique. Pour ma part j’ai commencé à utiliser une e-cigarette en septembre 2013 et depuis je pas touché a une cigarette de tabac. Je trouve que l’inventeur de la cigarette électronique devrait obtenir le prix Nobel de médecine. Dans un monde parfait, un ministre de la santé devrait s’intéresser de très près à cette nouveautés. Des crédits de recherche devraient êtres débloqués pour que des chercheurs mettent au point des liquides améliorant la santé des fumeurs convertis au vapotage. Que des dispositifs plus précis en contrôle des température de production de vapeur soient conçus. La promotions de la cigarette électronique est une vraie occasion de réduction des dépenses de santé et d’amélioration des condition de vie d’une grande partie de la population.
    Bon, évidement je parle d’un monde parfait ou nous aurions un vrai ministre de la santé….
    bien cordialement
    Y.Kherroubi

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