Ebola : ZMapp, l’heure du pré-miracle ?

Bonjour

L’Associated Press rapporte qu’à Monrovia une soignant » libérienne infectée par le virus Ebola et sortie d’affaire a, le 29 août, exhorté la firme californienne Mapp Biopharmaceuticals  à accélérer  sa production de ZMapp et à l’envoyer en Afrique.

Kyndy Kobbah s’était infectée au contact d’un malade.Elle est sortie de l’hôpital le 30 août.  On lui avait administré une dose de ZMapp expérimental. Dans une interview à Associated Press elle a formulé sont souhait que d’autres Africains puissent avoir sa chance. Biopharmaceuticals explique depuis des semaines que les stocks sont vides et qu’il faudra des mois avant de les reconstituer. Sans jamais expliquer pourquoi. Kyndy Kobbah ne comprend pas. Personne ne comprend. Personne ne sait même si le ZMapp sauve des vies. Personne ne sait s’il a ou non sa place au titre de la compassion et des traitements du même nom.

 Mise en scène.

Serions-nous victimes d’une mise en scène ? Au moment où montaient les implorations médiatisées de Monrovia la revue Nature publiait une étude dont on n’a pas peut-être pas fini d’entendre parler. Une étude qui démontre que ZMapp semble bel et bien efficace chez le macaque. C’est redire, au grand jour, que l’on a testé (avec la bénédiction des autorités américaines) cette association d’anticorps monoclonaux « humanisés » chez l’home avant même d’avoir la preuve qu’il était efficace et sans danger chez le macaque.

Record épidémique.

Tout cela fait l’objet  de nombreux applaudissement nourris de la presse internationale anglo-saxonne. On verra ici ce qu’en dit The New York Times.

On lira ici la publication intégrale de Nature. Article reçu le 5 août, accepté le 21, publié le 29. Un record épidémique. Vingt-six auteurs principaux (canadiens, américains et chinois) dirigés par Gary P. Kobinger (National Laboratory for Zoonotic Diseases and Special Pathogens, Public Health Agency of Canada, Winnipeg, Manitoba). A ses côtés le virologue (Gene G. Olinger, United States Army Medical Research). Le « sérum » fait de trois anticorps « humanisés » a permis de guérir les dix-huit  singes infectés expérimentalement par un virus Ebola (même lorsque le traitement était administré cinq jours après le début des symptômes). A l’inverse les trois singes « contrôle » (infectés mais non traités) sont morts dans les huit jours.

Monumental

Les vingt-et-un  animaux avaient été contaminés avec la variété Ebola qui avait sévi en 1995 à Kikwit en République démocratique du Congo (RDC, ancien Zaïre). On nous explique que la souche virale de Guinée, identifiée par l’équipe de Sylvain Baize (Inserm, Lyon) n’était pas disponible lors du lancement de l’expérience.

 Officiellement le ZMapp doit encore faire l’objet d’essais cliniques pour évaluer son innocuité et son efficacité. Son administration en urgence à sept malades au moins (dont deux n’ont pas survécu) ne permet en aucune manière  de juger de son efficacité réelle. « Nous avons été surpris par le niveau insoupçonné de protection obtenu », a déclaré Gary P. Kobinger lors d’une conférence de presse. « C’est un succès monumental » peut-on lire dans  un commentaire de Nature.

ZMapp, l’autre nom du miracle ?

  A demain

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