« 2,40 g d’alcool par litre de sang » (suite)

Bonjour

Nous venons de rapporter déboires de Stéphane R., 37 ans, alcoolique depuis vingt ans. Contrôlé largement positif au volant d’un véhicule. N’a jamais été titulaire d’un permis de conduire. Aucun accident. Contrôle de routine. Comparution immédiate : huit mois de prison. Maintien en détention. (« 2,40 grammes d’alcool par litre de sang : c’était « son ultime chance ». Il ne le savait pas »).

« L’alcool, c’est votre problème. Mais il est devenu cependant celui de la justice », dira à  Stéphane R. la présidente du tribunal correctionnel d’Indre-et-Loire.  « C’est très compliqué d’arrêter de boire, Madame » répondra le prévenu.

Le procureur réclame une peine de dix mois d’emprisonnement : « Il n’est plus question de confiance ni d’ultime chance. » L’avocat tente d’expliquer que Stéphane « se met à boire à chaque fois qu’il rencontre une difficulté ». Stéphane est aujourd’hui en prison.

La lecture d’un avocat

Pour Me Cyril Roux, avocat à la Cour trop, c’est trop. Voici son commentaire. A vif :

« Révoltant, inadmissible, pas surpris par la peine de prison mais par le mandat de dépôt. Excessif, injuste…A l’extrême une peine de prison, laissé libre et rendez-vous devant le Juge d’application des peines était la bonne décision… Aménagement de peine : obligation de soins…largement suffisant pour punir et protéger la société…

Inadmissible qu’il n’y ait au dossier aucun rapport d’expertise pour apprécier l’état de dépendance : évidemment impossible dans le cadre procédural de la comparution immédiate, simple enquête sociale rapide : on appelle papa maman la femme et on prétend connaître la personnalité de l’individu pour l’envoyer illico presto en prison.

Prison pour rien

Pour y faire quoi ? Une demande d’aménagement de peine présentée depuis sa prison avec l’aide du service pénitentiaire d’insertion et de probation et de son avocat, sortie dans 3 mois…et après…le passage prison aura servi à quoi ? A rien.

Pourtant, dans ce type d’affaires, c’est le moment où les juges peuvent s’appuyer sur tout l’arsenal juridique pour bien juger… ; Ce moment où la justice pourrait servir à quelque chose : gâché…injuste…révoltant.

Ce sont ces dossiers que j’aime plaider pour lesquels il y a tant à dire…Ce type méritait la meilleure des défense,  j’espère qu’il en a bénéficié, j’en suis sûr. En tout cas il avait droit d’être bien jugé : ce n’est pas le cas…sous réserve d’usage pour ne pas être à mon tour injuste avec les magistrats : je ne connais pas le dossier au delà de ce qui est rapporté (…)

Parfois, souvent, on s’étonne en en prenant connaissance : au pire un cri qui fait du bien s’il est entendu, relayé. Ailleurs, tous les jours, on ne juge les dépendants aux produits stupéfiants que sous le spectre des idées reçues…

Juger les addicts

… « Et bien… Monsieur… quand vous avez consommé, vous le saviez que c’était interdit ensuite de prendre votre véhicule, non ???  » …

… Le mieux est encore d’assister à une audience pour écouter les uns et les autres, la manière dont la justice peut foudroyer, parfois, ou au contraire être rendue par des juges exemplaires, parfois…

Viendra le temps où je ferai un  développement précis, juridique et factuel, sur la manière dont devraient être jugés nos addicts.

D’ici là, bonne route… »

A demain

 

 

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