Ebola : combien de morts, encore, avant d’envoyer des soldats ?

Bonjour,

Réunion de « 200 experts » à Genève… Réunion en urgence de l’Union Africaine à Addis-Abeba… Conférences de presse à foison, vidéos épidémiques sur la Toile. Et puis encore ? L’OMS s’essouffle. Le « coordonnateur » de l’ONU contre Ebola prend des paris qu’il sait intenables. Les avions internationaux (Air France compris) ne se posent plus sur les tarmacs tenus pour enfiévrés. Cela ne peut plus durer.

Chauves-souris

Premiers jours de septembre 2014. Nous sommes à un  tournant d’une crise internationale atypique – une crise née de l’émergence, il y aura bientôt un an,  d’un virus assez rare chez des hommes et des femmes de Guinée. Un virus porté par des chauves-souris indemnes et qui a trouvé dans l’espèce humaine un nouveau terrain pour se multiplier.

L’essentiel est connu, depuis la haute virulence de cet agent pathogène viral jusqu’à la tétanisation de ce qu’il est convenu d’appeler la « communauté internationale », cette enfant du « concert des Nations ».

Nations-Unies

Les Nations-Unies précisément. « Médecins Sans Frontières » les appelle depuis quelques jours. Entendent-elles ? MSF vient de prononcer devant elles un discours solennel. Un discours dans lequel cette minuscule ONG dénonce « l’inaction » des grands pays de la planète. Pragmatique, MSF appelle « les pays disposant de capacités de réponse en cas de catastrophe d’origine biologique, et notamment de ressources médicales civiles et militaires, à les envoyer en Afrique de l’Ouest ».

C’est là un appel majeur. De la réponse qui sera ou non donnée l’espoir naîtra ou pas. Pour l’heure tout est sombre et tout s’assombrit. Les cadavres infectieux ne parviennent plus à être brûlés. Le nombre des cas augmente et augmentera. Des pays voisins indemnes risquent fort d’être touchés : la Côte d’Ivoire, le Mali …

Missionnaires, laïcs ou pas

Des systèmes de santé qui existaient à peine volent en éclat. Pour l’heure l’Occident tremble mais n’aide pas. Ou si peu. MSF, d’autres missionnaires, religieux, sont sous le feu. Ils réclament de l’aide. Et cette aide sera militaire ou ne sera pas. Pour une fois la métaphore guerrière est utile. Usée jusqu’à la corde elle doit reprendre du service.

La France, dont les dirigeants ne cessent de rappeler qu’elle est un « grand pays », s’honorerait à agir la première. Au Conseil de sécurité comme en mobilisant sur le terrain africain sa médecine militaire spécialisée. Elle laverait ainsi, pour commencer, l’affront qu’a été la « recommandation gouvernementale » faite à Air France (1) de ne plus desservir Freetown. Les dés sont jetés : combien de morts d’Ebola avant d’envoyer les soldats, casque bleus ou pas ?

A demain

(1) Une « recommandation » faite au décours du conseil des ministres du 27 août et qu’Air France nous assure ne pas avoir souhaitée, mouvements syndicaux ou pas. Une recommandation qui, après enquête, ne semble reposer sur aucune analyse épidémiologique. En témoigne le profond embarras des cabinets des ministres des Affaires étrangères et de la Santé. Qui renvoient vers la Direction générale de la Santé (DGS). Qui semble n’en pouvoir mais :

«  La décision a été prise temporairement, par les ministère des affaires étrangères et de la santé, après examen de l’ensemble des données dont ils disposaient sur l’état de la situation à Freetown à cette date. Il s’agissait notamment de l’augmentation du nombre de cas et de l’effondrement du système de soins, dont on pouvait raisonnablement penser qu’ils étaient susceptibles d’augmenter considérablement le risque d’exposition, y compris des voyageurs. Cette décision sera réexaminée très régulièrement. »

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s