« Merci pour leurs derniers moments » : la lettre de Brigitte Bardot à François Hollande

Bonjour

Déjà ! Brigitte Bardot fêtera ses 80 ans le 28 septembre prochain. Toujours en avance sur son temps ce corps parfait parle déjà de sa mort. De sa mort et de la dignité que l’on doit, en cet instant, à certains animaux. Elle interpelle sur ce sujet un Premier ministre et un président de la République dont la légitimité, nous disent les gazettes, est en lambeaux. Pour son anniversaire prochain, et pour sa mort qu’elle dit pressentir, elle ne réclame que deux présents. (On peut entendre Brigitte ici)

Presse en souffrance

Elle s’en était confiée à son vieil ami Christian Brincourt dans Paris Match (daté du 21 au 27 août). Mais Paris Match vieillit lui aussi … on l’achète moins … il faudra songer à grossir les caractères. Page 46 Brigitte s’exprimait en catimini. Personne n’a réagi. Alors, en cette lumineuse journée du 8 septembre, roulement de tambours, et pleines pages matinales dans trois titres dans la presse en souffrance mais qui aime les bêtes : Le Figaro, Le Parisien et Var Matin. On murmure même que le dernier quotidien du soir (il va fêter ses 70 ans) participera, dès cet après-midi, au sacrifice.

 Roulements de tambours pour demander solennellement au gouvernement l’abolition de l’abattage rituel et la fermeture des abattoirs de chevaux. « Voilà les deux évolutions indispensables à notre époque que je demande aux gouvernements successifs depuis trente ans. Il serait juste de me les accorder après tant d’années de suppliques et d’attente. Si je ne les obtiens pas, j’en conclurai que j’ai raté ma vie », écrit l’icône dans sa  lettre à François Hollande.

Lettre morte

En pratique il s’agit d’une proposition de loi (1) visant à faire passer le cheval d’animal de rente à animal de compagnie. Un détail sémantique mais un changement majeur puisque cela éviterait à la plus belle conquête de l’homme de prendre le chemin des abattoirs.  Cette proposition a été déposée fin juin 2013 à l’Assemblée. Puis elle est resté lettre morte. « Je demande qu’elle soit prise en compte et débattue dans les plus brefs délais et qu’elle m’apporte enfin la satisfaction demandée » intime BB. Elle s’offre aujourd’hui en photo avec Duchesse, « une jument qu’elle a sortie de l’abattoir et qui a vécu 40 ans à ses côtés ».

La mort des boucheries chevalines n’est pas la seule croisade de l’icône. Elle réclame aussi, comme ultime présent, « la remise en application immédiate de la loi française et européenne exigeant l’étourdissement des animaux d’abattoir avant la saignée pour tous les animaux sans aucune dérogation pour les sacrifices rituels halal et casher ». Une histoire qui trouve son origine dans les ressacs des vieilles affaires de la vache folle. Tout ceci au moment où (avec treize ans de retard sur le grand Alain Passard en son Arpège) Alain Ducasse fait savoir (Les Echos) qu’il biffe la viande de la carte du Plaza Athénée. 

Sur les dents

« Ce sont mes dernières volontés » a expliqué BB à l’AFP. Une communication téléphonique est d’ores et déjà prévue avec François Hollande cette semaine. Dès lors il est possible que l’ancienne actrice retrouve le chemin de l’Elysée. Le ministre de l’Agriculture, porte-parole du gouvernement, doit déjà être sur les dents. Sans oublier celui en charge des cultes.

A demain

 (1) Cette proposition de loi a été enregistrée le 26 juin 2013 à la présidence de l’Assemblée nationale par le député (non inscrit) Nicolas Dupont-Aignan.

Exposé des motifs : « Après avoir été, pendant des décennies, un animal de labeur, la plus noble conquête de l’homme est aujourd’hui essentiellement cantonnée aux activités sportives et de loisirs.

Alors qu’il est considéré comme animal de compagnie par beaucoup, qu’il rapporte des sommes faramineuses dans le milieu des courses hippiques, le cheval est pourtant, à ce jour, toujours assimilé à un animal de rente dont le destin final est l’abattoir.

Nul n’imagine de consommer de la viande canine ou féline dans notre pays. Celle du cheval est également de plus en plus décriée par nos compatriotes, d’autant plus qu’elle entraîne de longs transports à travers l’Europe, dans des conditions trop souvent non conformes à la réglementation.

Il est également reconnu scientifiquement que la thérapie associée au cheval est une méthode extrêmement riche pouvant apporter de larges bénéfices sur le plan médical, mental, et social.

Le cheval par sa sensibilité tactile particulièrement affinée représente un catalyseur pour l’accès à la communication chez des individus qui en sont dépourvus, du fait de diverses pathologies de type émotionnel, physique ou psychiatrique. Sa relation à l’homme passe le simple stade de l’animal pour être un véritable soutien physique et psychique de l’homme.

Rien ne différencie plus le chien (animal de compagnie) d’un cheval (animal de rente) :

– un chien est un outil de travail (chien guide d’aveugle, chien de recherche…), le cheval aussi (hippothérapie, collecte des déchets, débardage du bois, labour des vignes…) ;

– un chien est un bien commercial, le cheval aussi ;

– un chien est un agrément pour l’humain, le cheval aussi (cheval laissé en pâture) ;

– le chien est un compagnon de loisir et de compétition (sports tels que l’agility, le canicross…), le cheval aussi (centre équestre, concours de saut d’obstacles).

Le Gouvernement a pris en compte cette relation particulière qui unit l’homme au cheval en travaillant sur l’abrogation de l’arrêté du 4 mai 1992 (relatif aux centres d’incinération de cadavres d’animaux de compagnie) afin d’autoriser l’incinération des chevaux. De plus, les chevaux de la garde républicaine ne sont plus envoyés à l’abattoir en fin de carrière mais peuvent être rachetés par les cavaliers ou confiés, à titre gracieux (depuis 1992), à une association de protection animale.

Si cette démarche reconnaît déjà le statut particulier du cheval, ami de l’homme, l’objet de cette proposition de loi est de mettre en concordance l’opinion de nos compatriotes et le statut juridique qui lui est réservé. Ainsi, l’objet de cette proposition est de modifier la classification juridique de l’équidé pour que, d’« animal de rente », il soit désormais classifié comme « animal de compagnie ».

En effet l’article L. 214-6 du code rural, paragraphe 1, dispose : « On entend par animal de compagnie tout animal détenu ou destiné à être détenu par l’homme pour son agrément. »

C’est pourquoi il semble légitime d’attribuer en cohérence aux équidés le statut juridique d’« animal de compagnie » auprès de l’homme. »

 Article unique : Avant l’article L. 212-9 du code rural et de la pêche maritime, il est inséré un article L. 212-9 A ainsi rédigé :

« Art. L. 212-9 A. – Le cheval est un animal de compagnie tel que défini par les dispositions de l’article L. 214-6. »

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