Ebola : l’existence même du Libéria est en jeu. Des pilotes d’Air France renâclent

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« Traînée de poudre » ou « feu de forêt dévorant tout sur son passage ». Les traducteurs hésitent encore.  . En France les titreurs parient sur « L’enfer » (Le Monde) ou « L’horreur » (Le Figaro).  Brownie Samukai, lui, n’hésite plus : le plus que solide ministre de la Défense du Libéria estime que c’est l’existence même de son pays qui est menacée par Ebola. Comme une menace venue de l’intérieur. Et ce ministre de la Défense ne cache plus ses angoisses. Toutes précautions diplomatiques oubliées il s’est confié mardi 9 septembre devant le Conseil de sécurité de l’ONU : c’est « l’existence même du Liberia qui est gravement menacée ».

Hôtels climatisés

La veille l’OMS avait dit prévoir, au Libéria, « plusieurs milliers de nouveaux cas » avant la fin de ce mois de septembre. Et le même jour Voice of America annonçait que Brownie Samukai se félicitait  de la décision de Barack Obama d’aider le Libéria en envoyant des moyens militaires sanitaires contre Ebola.  Aujourd’hui M. Samukai ne se cache plus : il dit que son pays manque « des infrastructures, des capacités logistiques, de l’expertise professionnelle et des ressources financières pour faire face efficacement à l’épidémie ».  Au Libéria plus de cent-soixante soignants ont été infectés par Ebola et la moitié sont morts.

Les pilotes d’Air France n’ont pas à redouter le risque d’être contaminé au Libéria : leur compagnie ne dessert plus Monrovia depuis un certain temps déjà. « Pour des raisons économiques ». Ils n’ont plus à redouter la contamination dans les hôtels climatisés de Freetown : les vols sur la Sierra Leone ont été « suspendus » à la demande du gouvernement français dans des conditions (et pour des motivations) qui restent toujours à éclaircir.

Air France marche sur des œufs 

Pour autant ces mêmes pilotes ont peur. Plus précisément « entre 10 et 20% d’entre eux ». C’est une information  du Parisien/Aujourd’hui en France. Dans son édition de ce jour le quotidien (Vincent Vérier) fait le point. Les sources syndicales convergent : les pilotes sont inquiets « notamment quand il s’agit de passer la nuit dans tel ou tel pays touché par le virus ». La direction d’Air France « reconnaît des désistements » mais juge « surestimés » les chiffres avancés. La preuve : « un seul vol a été annulé ».

« La direction marche sur des œufs » dit Guillaume Pollard, représentant du syndicat Alter. Le CHSCT d’Air France aurait déposé un « avis de danger grave et imminent ». Les hôtesses et stewards ont désormais la possibilité de refuser les vols sur Lagos et Port-Harcourt (Nigéria) ainsi que sur Conakry (Guinée). « Ils peuvent refuser sans qu’il y ait de retenue de salaire » précise Anne Rigail, directrice générale adjointe  du service en vol chez Air France. C’est une précision importante.

A demain

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