Un jour de moins en maternité ce serait près de 80 millions d’€ économisés. Et après ?

Bonjour

Papier éclairant dans Le Monde daté de demain, 13 septembre 2014. Papier comme mis en abyme où un média raconte comment le cabinet d’un ministre du gouvernement Valls II  demande aux médias de bien comprendre qu’un autre ministre du même gouvernement n’a pas dit ce que tout le monde a compris qu’il avait dit. Avant que le Palais de l’Elysée dise aux médias ce qu’il faut comprendre de tout cela.

Rien de nouveau sous le soleil de la Vème, dira-t-on. Certes. A ceci près qu’hier encore ces manipulations n’étaient pas imprimées sur du papier journal.

Miel

Admis dans les alcôves du pouvoir les journalistes faisaient leur miel de ce qu’ils pouvaient y voir. Au mieux un livre pour plus tard. De quoi nourrir les soupers en ville, alimenter les bières entre confrères. Désormais ce sont les locataires répudiées des alcôves républicaines qui, en librairie,  dévoilent ce qui vient de s’y passer. On peut comprendre l’émoi des médias.

Acte I.  Michel Sapin, ministre des Finances, mercredi 10 septembre. Il fait le constat d’une dégradation des déficits publics en 2014 et ne prévoit rien de rose pour 2015. Volte-face : le ministre assure, contrairement à ce qu’il avait déclaré une semaine plus tôt, que les 21 milliards d’euros d’économies annoncés pour 2015 seraient bien réalisés. Traduire : « les 2 milliards d’euros d’économies qui ne seront pas réalisés à cause de la faiblesse de l’inflation seront donc compensés ».

« Au total, les dépenses de l’Etat et de ses opérateurs diminueront de plus de 1 milliard quand, naturellement, elles auraient progressé de 6 milliards, a indiqué M. Sapin. La baisse des dotations aux collectivités sera confirmée à hauteur de 3,7 milliards. S’agissant de la Sécurité sociale, plusieurs milliards d’économies ont déjà été votés ou négociés. S’y ajouteront le ralentissement des dépenses de santé et les autres mesures complémentaires qui seront détaillées dans les textes financiers présentés dans les prochaines semaines. »

Acte II.  Emotion chez Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé : deux milliards d’économies nouvelles à trouver. « Dès mercredi soir, le cabinet de Marisol Touraine, la ministre des affaires sociales, faisait le tour des rédactions pour les prévenir d’une interprétation hâtive, raconte Le Monde (Jean-Baptiste Chastand, Laetitia Clavreul et Patrick Roger). Et que dit-on aux « rédactions » ? « C’est ce que dit Sapin mais il va encore y avoir des discussions. Le budget de la Sécurité sociale a déjà beaucoup été mis à contribution, il ne peut pas supporter tous les efforts ».

Acte III. Le ministre des Finances a entendu ce que le cabinet de sa collègue de la Santé a glissé aux rédaction. Il récidive le lendemain matin sur France Info. Il redit qu’il n’y aurait pas d’économies supplémentaires sur les budgets de l’Etat et des collectivités territoriales. Et Bercy confirme : « En réalité, ce sera 7,3 milliards pour l’Etat, 3,7 milliards pour les collectivités et 10 milliards pour la Sécurité sociale, ce qui est parfaitement homothétique avec leur poids dans les dépenses publiques ». Homothétique est pathognomonique de Bercy. Et Bercy est rarement bénin.

Acte IV. Le cabinet de Mme Touraine ne goûte guère. « Depuis deux ans, des économies ont déjà été réalisées et d’autres ont été annoncées au printemps, qui seront tenues » plaide-t-on auprès des journalistes (entendre l’opinion publique). Et de rappeler le plan de 10 milliards d’économies sur la santé d’ici à 2017, détaillé (plus ou moins bien) par la ministre en avril. Et le cabinet d’insister : aller plus loin ferait courir le risque de « porter atteinte au modèle social français ».

Acte V. Palais de l’Elysée. « C’est un problème d’affichage, Bercy et le ministère de la santé sont chacun dans leur rôle, explique un conseiller au Monde. Touraine veut préserver la santé, même si c’est excessif de dire que ça mettrait en péril les assurés. Bercy cherche toujours des économies sur la santé, parce qu’il y a un peu plus de marge que sur les retraites ou les allocations familiales. C’est facile car ce n’est pas eux qui gèrent mais Touraine a raison : on ne peut pas faire 2 milliards d’économies que sur l’assurance-maladie. »

Rogner

Sur quoi peut-on rogner ? Concrètement, selon Le Monde, réduire le temps passé à la maternité après un accouchement permettrait d’économiser 405 millions d’euros en cinq ans. Entendre : si les femmes  » sans risque particulier  » ne restaient que 3 jours  (au lieu de 4,2 en moyenne), et 5 jours au lieu de 6 après une césarienne sans complications, sous réserve d’une «  continuité du suivi » par les sages-femmes lors du retour à domicile.

Selon Les Echos du 8 septembre, la durée maximale du congé parental pour un deuxième enfant, (actuellement de trois ans) pourrait être réduite à un an. La prime de naissance de 923 euros versée par les caisses d’allocations familiales pourrait aussi être diminuée à partir du deuxième enfant. Cela permettrait de dégager des centaines de millions d’euros, selon le quotidien économique.

Les arbitrages ne sont pas encore faits, assure-t-on au sein de l’exécutif. Une politique de bouts de chandelle ?  Une politique qui, ce week-end, sera dénoncée à la Fête de l’Humanité.

A demain

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