Dernier rebondissement dans l’affaire Sovaldi®

Bonjour

Affaire Sovaldi® – sofosbuvir. Datée de ce 16 septembre c’est une saine et bienheureuse rébellion multi-association (1) dans l’affaire Sovaldi –sofosbuvir . C’est aussi une action préventive. C’est, enfin, la ministre de la Santé et le gouvernement Valls II mis devant leurs responsabilités. Que répondront-ils, et dans quels délais ?

« L’arrivée de nouveaux traitements contre l’hépatite C permet d’espérer l’éradication du virus chez la quasi-totalité des malades, rappellent les associations rebelles. Mais les tarifs exigés actuellement par les laboratoires ne le permettront pas car ils conduiront les autorités françaises à mettre en place une véritable stratégie de rationnement qui créera une inégalité d’accès aux soins intenable dans la durée. »

Emblématique

Ecoutons-les : « Le cas du sofosbuvir, première de ces molécules prometteuses, commercialisée par le laboratoire Gilead sous le nom de Sovaldi®, est emblématique de cette situation. Le prix initialement exigé est de 56 000 € le traitement (12 semaines) pour un coût maximal de production estimé à 80 Euros. Pour pouvoir traiter les 128 000 personnes qui ont un besoin urgent en France, il faudrait débourser l’équivalent de l’intégralité du budget 2014 de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) soit 7 milliards d’euros. Sans compter que cette molécule doit, dans de nombreux cas, être prise pendant six mois et associée à un autre médicament, entraînant un coût total de 147 000 euros par personne, selon les exigences actuelles des laboratoires. »

Sofosbuvir générique

On se souvient ici des récents atermoiements de Prescrire. Se tiennent actuellement les dernières négociations (confidentielles) pour la fixation du prix entre Gilead Sciences et le Comité économique des produits de santé (CEPS). « Dans le contexte social et économique actuel et en particulier son retentissement sur la santé des populations, nos associations et collectifs ont demandé aux autorités de soumettre le Sovaldi® au régime de la licence d’office, qui permettrait d’en produire une version générique à un moindre coût, ajoutent les associations rebelles. Ce mécanisme, rendu possible dans le cadre des flexibilités de l’accord international sur les droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) est également prévu dans le code de la propriété intellectuelle français. Certains pays européens ont déjà eu recours aux licences d’office pour de nombreux médicaments permettant de faire chuter  considérablement les prix et contribuer ainsi à la lutte contre les inégalités de santé. »

Arrangements

Elles concluent : Il est de la responsabilité de l’Etat de permettre l’accès à la santé, sur la base des moyens que la loi prévoit pour le faire. C’est précisément le cas de l’octroi d’une licence d’office pour le sofosbuvir. »

C’est là un dossier à haute valeur ajoutée. On sait que derrière l’affaire Sovaldi® se joue une autre partie : celle de la transparence sur la mécanique et les obscurs arrangements de fixation des prix des médicaments.

A demain

(1) Actions Traitements,Act Up Paris, Act Up Sud-Ouest, Aides, Arcat, ASUD CHV, CISS, Comede, Médecins du Monde, Dessine-moi un Mouton, Nova Dona, SIS association, Sol En Si,  SOS Hépatites Fédération, TRT-5

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