Un prématuré est-il objet d’« acharnement thérapeutique » au CHU de Poitiers ?

Bonjour

Pour l’heure c’est une affaire sans nom propre. Elle émerge sur la toile via l’Agence France Presse. Résumons-là, autant que faire se peut. Cela se passe au CHU de Poitiers. Les parents d’un bébé grand prématuré, aujourd’hui pris en charge au sein de l’établissement, réclament de mettre fin aux soins prodigués à leur enfant. Les principaux éléments du dossier ont été révélés ce matin du 16 septembre par La Nouvelle République. (Sylvaine Hausseguy)

« Alerter l’opinion » ?

« Depuis plus d’une semaine, on a pris cette décision. Qui veut une vie de handicap pour son fils ? S’il y a des familles qui le souhaitent, nous, nous ne le souhaitons pas », a témoigné auprès d’un correspondant de l’AFP le couple de trentenaires originaire de Charente-Maritime, près de Saintes. Un couple « qui souhaite alerter l’opinion sur cette question ». Mais pourquoi « alerter » , Et quelle « opinion » ?

« On ne nous assurera jamais qu’il pourra vivre par la suite. Nous savons qu’il a de graves séquelles, mais ils veulent le maintenir en vie. On l’a vu pleurer, il s’agite et on nous dit ‘’Ne vous inquiétez pas, il ne souffre pas’’. C’est très difficile » ajoutent les parents.

« Evaluation » versus « acharnement »

Que sait-on d’autre ? Que le « petit garçon » a été prénommé Titouan. Qu’il est né le 31 août, près de quatre mois avant terme. Qu’à sa naissance, il ne pesait que 900 grammes. On sait aussi ce que disent les parents : que Titouan « a fait une hémorragie interne cérébrale ». Et –toujours selon eux – qu’il  est impossible pour les médecins de prédire aujourd’hui le degré de son handicap à venir.

Les parents parlent à La Nouvelle République ? Les médecins répondent sur les ondes : « Il faut toujours prendre du recul pour savoir quelle est la situation de l’enfant. Nous ne sommes pas dans un acharnement, mais dans un accompagnement le temps de l’évaluation, pour être certains d’apporter les meilleures informations possibles, a déclaré, sur France Bleu, le Pr Fabrice Pierre, chef du service gynécologie-obstétrique du CHU de Poitiers.  Pour être sûr de pouvoir appréhender le type de séquelles, on ne peut pas le faire de façon précipitée. Il faut quelques semaines pour l’évaluer. »

Le verdict attendu de Paris

Comment sortir de l’impasse désormais médiatisée ? Face à la demande répétée des parents, l’équipe de néonatalogie du CHU de Poitiers a sollicité l’avis d’un groupe d’éthique de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP). On attend son verdict. S’il devait conclure dans les termes du Pr Pierre les parents changeront-ils d’avis ? Faut-il entendre ici une lointaine résonance de l’affaire Vincent Lambert ?

Qui tranchera en cas de désaccord persistant entre les parents de Titouan et les médecins de Titouan ? Sera-ce, une fois encore et en référé la justice administrative ?  Jadis ces affaires n’étaient pas médiatisées et des solutions étaient trouvées dans le secret des consciences. On voit que ce n’est plus, ici, le cas. On peut s’en émouvoir. Ou pas.

A demain

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