Alzheimer : à Genève un jardin, comme une promesse de lendemains

Bonjour

Et puis, parfois, une information qui aide à ne pas désespérer. Cela se passe à Belle-Idée, un établissement rattaché aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). On vient d’y créer un jardin. Un jardin ? Un jardin comme une promesse de lendemain.  Un jardin pour ne pas oublier le passé. Ou, peut-être, pour l’oublier. La clinique de Belle-Idée ne nommait jadis l’asile de Bel-Air, la commune de Thônex – entrée principale à Chêne-Bourg.

Avant le schisme

La mémoire est bien là. Celle de la première partie du XXème siècle (psychiatrie asilaire, organicisme embryonnaire) suivie par l’éclaircie (1959-1976) du Pr Julian de Ajuriaguerra – référence mondiale dans le champ de la psychiatrie et centre de formation multidisciplinaire de grande renommée en matière de pédopsychiatrie, de neurologie et de psychanalyse. C’était au temps où l’on pouvait encore se parler. Il y a un demi-siècle. Avant le schisme et les drames que l’on sait.

Septembre 2014. « Grâce au don d’une association privée, les HUG ont pu réaliser à Belle-Idée un jardin sécurisé pour les patients atteints de troubles cognitifs. Cet espace a été inauguré le mardi 16 septembre en présence de M. Bertrand Levrat, directeur des Hôpitaux Universitaires de Genève, et des donateurs » nous mande-t-on de Genève. Si l’Hôpital de Belle-Idée jouit d’un cadre exceptionnel, tous ses patients ne peuvent pas en profiter à leur guise. C’était le cas des patients de l’unité d’hospitalisation Maïs, une unité qui accueille en majorité des personnes âgées atteintes de troubles cognitifs. »

Stress, agitations

Genève ou pas les mêmes causes produisent les mêmes effets. Mais à Genève on ne se voile pas la face. «  Ces patients souffrent de troubles de la mémoire et de perte des repères spatio-temporels. Souvent repliés sur eux-mêmes et perdus dans leurs pensées, ils peuvent déambuler des heures durant dans les couloirs de l’unité, explique-t-on. Les sorties dans le parc devant être accompagnées, leur organisation est complexe. Ce confinement peut générer une tension supplémentaire, voire aggraver l’agitation des patients et le stress des équipes médico-soignantes. »

Générosité

« Sensible à cet état de fait, l’équipe de l’unité Maïs a imaginé le projet d’un jardin sécurisé ». Mais encore ? Ce projet consiste en l’aménagement d’un espace vert accessible librement et directement depuis l’unité. Le projet a été soumis à la fondation Artères – fondation des Hôpitaux Universitaires de Genève et de la Faculté de médecine de l’Université de Genève ».

Les mêmes causes ont parfois, à Genève, des effets différents : cette fondation a trouvé les financements nécessaires. Et elle les a trouvé auprès de Lynx For Hope, « une association fidèle aux HUG depuis de nombreuses années ». « Grâce à leur générosité, et grâce aussi à la persévérance et aux efforts conjugués des équipes de Belle-Idée, le jardin sécurisé a vu le jour cet automne » nous précise-t-on encore. Nos correspondants ne nous précisent pas le montant. Ce sont des choses qui ne se font pas à Genève.

Sentiment d’emprisonnement

Le télégramme s’achève ainsi : ce jardin a été inauguré, en présence des donateurs. « Les bénéfices attendus sont nombreux, tant pour les patients et leurs proches que pour le personnel médico-soignant. Il permettra notamment de diminuer l’apparition de symptômes en lien avec l’enfermement (agressivité, sentiment de persécution) et de réduire le sentiment d’emprisonnement des patients tout en augmentant leur autonomie. »

Humble présent

Ainsi, parfois, une information qui aide à ne pas désespérer. On pourrait aussi aller plus loin. Et se prendre à espérer. Espérer que la même idée germe dans les établissements équivalents français. Des établissements qui abandonneraient des médicaments coûteux, inutiles et dangereux. Est-ce trop demander qu’un jardin ? Est-ce trop demander que des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches ? Est-ce trop demander qu’un cœur vivant battant, un peu, pour eux ? Ils ne le déchireront pas ce cœur, de leurs mains devenues blanches. Et on peut espérer qu’à leurs yeux perdus cet humble présent sera  bien doux.

A demain

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