Ebola : le cap des 20 000 cas sera dépassé dans un mois

Bonjour

Avec l’épidémie ouest-africaine d’Ebola on sait que le pire est toujours à venir. On découvre aujourd’hui qu’il se rapproche chaque jour un peu plus vite que prévu. Les échéances à court terme doivent d’ores et déjà être réécrites. On les trouvera dans The New England Journal of Medicine daté du 23 septembre.  Il ne s’agit pas de simples modélisations mathématiques, travaux généralement imprécis car fondés sur de nombreuses variables incertaines. Il s’agit bien ici d’un travail d’épidémiologie de terrain qui annonce ce que sera le futur proche.

Soixante auteurs

Ce travail est signé de soixante spécialistes travaillant pour l’OMS et les ministères des trois pays africains les plus touchés (Libéria, Sierra Leone et Guinée). Il a été financé par les gouvernements britannique et américain, la Bill and Melinda Gates Foundation, le Wellcome Trust ainsi que l’Union européenne.

Au vu de la dynamique épidémique actuelle et compte tenu de la considérable faiblesse des dispositifs de lutte les auteurs prévoient que l’on comptera début novembre près de 10 000 cas d’Ebola au Libéria, 6 000 en Guinée et plus de 5 000 en Sierra Leone. Et en postulant qu’il n’y ait aucun changement dans la prévention et la prise en charge ces mêmes experts prévoient des milliers de morts chaque semaines dans les prochains mois. Une approximation basée sur un taux de létalité de 70%.

Contagions

Il apparaît aujourd’hui que la période d’incubation de la maladie est en moyenne de onze jours et qu’elle ne varie guère selon les pays. La quasi-totalité des malades présentent des symptômes dans les trois semaines qui suivent leur contamination. On estime aussi qu’il s’écoule en moyenne cinq jours (entre un et dix jours) entre la manifestation des premiers symptômes et la prise en charge du malade (avec son isolement). Or durant cette période le malade est contagieux.

Et cette période est la même pour les membres du personnel soignant. Le délai  entre l’admission en isolement et la mort  est en moyenne de quatre jours mais peut aller jusqu’à dix jours. Par définition ces données ne concernent que les personnes admises dans un centre de traitement.

 Deux mois plus tôt

« Nous sommes dans une troisième phase de croissance de l’épidémie, une phase ‘’explosive’’ » a expliqué un des coauteurs de l’étude du New England Journal of Medicine.  Cette nouvelle dynamique impose de réactualiser au plus vite les scénarios élaborés il y a quelques semaines à peine. Il y a quelques jours les Nations Unies retenaient  officiellement l’estimation de 20 000 pour le nombre des cas cumulés de personnes infectés à la fin de l’année. Ce chiffre sera en réalité atteint deux mois plus tôt qu’annoncé.

Etre jugé

Début septembre le Dr Margaret Chan, directrice générale de l’OMS annonçait vouloir « inverser la tendance de l’infection dans les trois mois ». Pour sa part le Dr  David Nabarro, coordonnateur de l’ONU contre Ebola  ne parlait pas de trois, mais de deux mois. Détaillant son action dans un entretien au Journal du Dimanche il déclarait : « Mon ambition est de voir des signes de cet effort dans les deux semaines, et des signes que l’épidémie est sous contrôle d’ici deux mois. Je suis prêt à être jugé là-dessus. »

Sans parler de jugement, la dynamique épidémique et une réponse sanitaire plus que défaillante imposent au Dr Nabarro de revoir ses plans. Malheureusement.

A demain

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