Hôpital de Châteauroux : qui est responsable du suicide intraveineux de la jeune anesthésiste ?

Bonjour

Il est toujours hasardeux de parler des raisons d’un suicide.

En mars dernier une jeune anesthésiste  et mère de famille  se suicidait au sein du centre hospitalier de Châteauroux (Cher). Elle s’était donné s’est donné la mort dans la nuit du samedi 15 au dimanche 16 mars. A la fin de sa garde. Pas de justification écrite à son geste. « Toujours est-il qu’elle a attendu le moment où il régnait un calme absolu, dans son service, pour s’administrer une dose mortelle de produits, par intraveineuse, dans sa chambre de garde, avait alors rapporté La Nouvelle République du Centre-Ouest (Christophe Gervais). C’est le collègue venu la relever, dimanche matin, qui a fait la macabre découverte. »

« Que dire ? »

Mise en place immédiate d’une cellule psychologique (sous la direction du docteur Chauvin, chef du service de psychiatrie de l’établissement). « C’est une nouvelle brutale et effrayante, expliquait Xavier Bailly, directeur adjoint du centre hospitalier. Nous sommes tous choqués. Que dire ? Nous allons tout faire pour apporter le soutien nécessaire au personnel, ainsi qu’à sa famille. »

Le Dr Simona Zahan était mère d’un petit garçon en bas âge. Agée de 37 ans. Jusqu’ici praticien contractuel, elle venait tout juste d’obtenir le statut de praticien hospitalier. « La fonction d’anesthésiste, dans un hôpital, est très exigeante, très exposée, et impose de très grosses responsabilités, observait M. Bailly. Mais elle était une excellente professionnelle, qui répondait parfaitement à la mission qui lui avait été confiée. Nous n’avons connaissance d’aucun conflit ou problème qui aurait pu justifier son acte. »

« Choix à respecter »

Conditions de travail ? Problèmes personnels ? Une infirmière du centre hospitalier : « Oui, c’est vrai que c’est un service soumis à un fort rythme. Mais il y a tellement de raisons qui peuvent pousser un être humain à se suicider… Elle était bien insérée professionnellement, respectée et appréciée de ses collègues. Elle était maman, mariée… Elle semblait avoir tout pour être heureuse. »

Une enquête demandée par le parquet ? L’infirmière : « Pour nous, vous savez, ce n’est pas le plus important. Il faut respecter son choix, soutenir sa famille, ses amis, et ses collègues les plus proches. »

La Nouvelle République du Centre-Ouest : La jeune anesthésiste de 37 ans qui s’est donné la mort faisait partie de l’équipe de huit anesthésistes du service de l’hôpital, qui fonctionne par successions permanences, 24 heures sur 24Un collègue de la jeune femme explique qu’il y a « au moins deux anesthésistes, en permanence, au sein du centre hospitalier, pour assurer les différentes interventions ».

Six mois plus tard

 La Nouvelle République du 26 septembre (Bruno Mascle).  « L’inspection du travail met en cause le centre hospitalier de Châteauroux dans le rapport concernant le suicide d’une anesthésiste survenu en mars dernier. » La direction du centre hospitalier se défend avec la plus extrême fermeté.

L’Inspection du travail observe que la semaine précédant son décès le Dr Zahan  avait effectué 78 heures de travail, dont deux gardes de 24 heures, de mardi 11 à mercredi 12 mars, et de samedi 15 à dimanche 16 mars.

« Au terme de l’enquête et de tous les éléments recueillis, nous estimons que le non-respect, par l’employeur, de ses obligations a pu jouer un rôle dans la souffrance ressentie par Mme Zahan, et donc dans son suicide. De plus, même dans l’hypothèse (peu probable compte tenu des circonstances) ou les conditions de travail de Mme Zahan n’auraient pas présidé à son geste, il est certain que son état de fatigue physique et mentale a contribué à abolir ou amoindrir ses capacités de discernement et, ainsi, priver Mme Zahan de sa capacité à sortir de l’impasse. »

La direction du centre hospitalier  :

 « Les griefs présentés dans ce rapport ne sont pas fondés et sont sans lien avec le suicide du Dr Zahan qui était parfaitement intégrée au sein de l’établissement et qui venait d’être reçue au concours national de praticien hospitalier. L’Inspection du travail met gravement en cause la réputation et l’honneur de l’établissement en considérant, sur la base de pures conjectures, que ce dernier a pu jouer un rôle dans le suicide du Dr Zahan. Le centre hospitalier apportera prochainement une réponse argumentée à ce rapport. »

« Mal  dans sa peau »

En mars Marisol Touraine, ministre de la Santé, avait déclaré : « C’est une triste affaire mais, a priori, elle n’aurait aucun lien avec l’hôpital. Cette dame, d’origine roumaine, venait d’être titularisée, ce qui était plutôt une bonne nouvelle. En revanche, on croit savoir qu’elle se sentait loin de chez elle et qu’elle était mal dans sa peau. »

Il est toujours hasardeux de parler des raisons d’un suicide.

A demain

Une réflexion sur “Hôpital de Châteauroux : qui est responsable du suicide intraveineux de la jeune anesthésiste ?

  1. Triste histoire!comment des stratifs peuvent ils dire que travailler comme celà ne porte pas sur le système?système pervers ou refuser de travailler plus de 48 h bloque la titularisation des précaires et après pression pour ne pas refuser ce que vous aviez accepté avant…

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