Alcools : la vieille Marie Brizard ® devient marocaine

Bonjour

Le marché des boissons alcooliques industrielles est allergique au racisme. Il se moque des frontières et des coutumes locales. Il n’a qu’une idée en tête.  Le Monde (Laurence Girard) nous apprend ainsi ce matin  que le groupe de spiritueux Belvédère (bien connu pour sa vodka Sobieski®, son whisky William Peel® et sa liqueur Marie Brizard ®) a désormais un actionnaire de référence : le groupe agro-industriel marocain Diana Holding.

Beaux bénéfices

L’entreprise a annoncé, lundi 6 octobre, détenir depuis quelques jours 13,14 % du capital et 13,02 % des droits de vote. « Diana Holding ne souhaite pas en rester là. L’entreprise marocaine ajoute que, dans sa déclaration à l’Autorité des marchés financiers, en date du 3 octobre, elle a précisé son intention de conforter sa position d’actionnaire et d’influer sur le développement de la société notamment via sa participation au sein du conseil d’administration, raconte Le Monde. L’arrivée de cet actionnaire intervient quasiment un an après le départ du capital du fonds d’investissement américain Oaktree. Ce fonds avait un temps pris le contrôle de Belvédère, à l’issue d’une bataille acharnée qui avait duré près de quatre ans, entre les créanciers de l’entreprise et ses dirigeants. Finalement les deux fondateurs de Belvédère, Jacques Rouvroy et Christophe Trylinski, ont quitté l’entreprise[non sans bruit].  Oaktree, après avoir converti, en février 2013, sa créance en 38 % du capital, a cédé ses actions, empochant une très belle plus value. Un directeur général, Jean-Noël Reynaud, a été nommé en mai. »

Bouilleur de cru

Après cette période plus qu’agitée, la destinée de Belvédère dépend maintenant de son nouvel actionnaire Diana Holding.

Marie Brizard n’est pas, depuis longtemps déjà, celle que l’on croit. Le temps n’est plus (c’était en 1755) où Marie Brizard, fille de Pierre Brizard, tonnelier et bouilleur de cru, fondait à Bordeaux (à l’âge de quarante-et-un ans et avec son neveu Jean-Baptiste Roger) la société Marie Brizard et Roger et faisait fortune avec (du moins est-ce ainsi qu’on nous le raconte) une fabuleuse décoction liquoreuse d’anisette et d’aromates, une « recette qu’un esclave antillais a révélé à Marie qui l’avait soigné ». Les Antilles ont des richesses trop souvent ignorées. Il en va aussi des soins donnés aux étrangers.

Commerce et thérapeutique

Puis l’affaire a amplement grossi comme on peut le voir ici. Jusqu’à donner naissance à Pulco® et à être cotée au second marché. Puis vinrent les orages financiers, les coups fourrés, les crocodiles et les vautours. On peut voir ici ce qu’il en est de ses marques et  de ses produits. Le marché des boissons alcooliques ne se moque pas de la maladie alcoolique. Le commerce ne se mêle pas de thérapeutique.

A demain

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