Ebola : Thomas Eric Duncan est-il la victime d’une thérapeutique raciste ?

Bonjour

Effets de loupe. Le feuilleton tragique de Thomas Eric Duncan s’enrichit d’un nouvel épisode. Et ce n’est pas le plus glorieux. Contaminé dans des conditions aussi banales qu’invraisemblables à Monrovia. Victime d’une invraisemblable erreur de diagnostic dans le plus grand hôpital du Texas le « premier cas d’Ebola diagnostiqué sur le sol américain » devait, lui aussi, recevoir un traitement dit « expérimental ».

Le ZMapp a disparu

On apprit dans un premier temps qu’il ne pourrait plus disposer de ZMapp, le désormais célèbre «  sérum » de la firme américaine Mapp Biopharmaceuticals. Ce ZMapp qui, au Emory University Hospital d’Atlanta, avait été aux deux premiers soignants américains contaminés au Libéria, deux soignants aujourd’hui vivants. Plusieurs voix officielles expliquèrent qu’il n’existait plus une seule dose de ZMapp et qu’il faudrait sans doute attendre longtemps avec de pouvoir en disposer. Pourquoi ? On ne le sait pas.

Thomas Eric Duncan fut donc placé en isolement et traité selon un protocole standard, sans médication expérimentale. Puis on apprit qu’il avait été décidé qu’il pourrait bénéficier du brincidofovir – une spécialité antivirale médicament expérimentale, création et propriété de la société biopharmaceutique américaine Chimerix.

Rebondissement

Décidé par qui ? Pourquoi ? Dans quelles circonstances ? Mystère. Et pourquoi si tardivement ? C’est ici, précisément, que se situe le rebondissement de l’affaire Duncan. Pourquoi aura-t-il fallu attendre une semaine pour que Thomas Eric Duncan, citoyen libérien, reçoive un traitement qui, chez les autres malades, citoyens américains, a été administré en urgence.

Ce fut le cas avec le ZMapp pour le Dr Kent Brantley et l’infirmière Nancy Writebol avec le ZMapp. Ce fut le cas également avec Ashoka Mukpo, un caméraman indépendant NBC qui vient d’être admis au Nebraska Medical Center  et a aussitôt commencé à recevoir du brincidofovir. Ou encore pour le Dr Rick Sacra qui reçu du TKM-Ebola. Pourquoi une telle différence de traitement ? CNN (Elisabeth Cohen) a mené l’enquête.

Malaise africain

« Nous pensons qu’il n’a pas obtenu le médicament et le traitement de la maladie parce qu’il est africain et qu’il n’a pas été considéré comme aussi  important que les  autres » a déclaré Josephus Weeks, neveu de Duncan, lors d’une conférence de presse organisé mardi 7 octobre. Le révérend Jesse Jackson  était présent à cette conférence : il a été nomme porte-parole de la famille.  «Nous ne nous sentons pas bien à ce sujet. Il y a là un sujet de préoccupation, pourquoi a-t-il a fallu attendre si longtemps ? »

Le révérend Jackson estime que l’argent a également joué un rôle dans ce dysfonctionnement. « J’aurais tendance à penser que ceux qui n’ont pas d’assurance, ceux qui n’ont pas Medicaid n’ont pas les mêmes priorités que les autres », a déclaré le leader américain des droits civiques.

Traité comme un autre

Le Texas Health Presbyterian Hospital de Dallas a aussitôt fait savoir que Thomas Eric Duncan était « traité comme tout autre patient aurait été traité, indépendamment de la nationalité ou de la capacité de payer des soins ». « Nous avons une longue histoire de traitement d’une communauté multiculturelle ce domaine » a précisé l’établissement. Ce dernier laisse entendre que les autres établissements hospitaliers concernés savaient qu’ils allaient accueillir une personne contaminée par Ebola, ce qui n’était pas le cas avec Thomas Eric Duncan dont le diagnostic (après une fort malencontreuse bévue et trois jours de retard) a été fait in situ.

In fine le brincidofovir n’a été utilisé que le 4 octobre. Quatre jours plus tard  Thomas Eric Duncan, sous dialyse, est dans un état critique. Sa famille indique toutefois que sa diarrhée a « ralenti » et que sa pression artérielle est « normale » sans que l’on sache si le brincidofovir a ou non fait effet.

Urgences

CNN précise qu’il appartient à chaque hôpital américain de déposer une demande auprès de la Food and Drug Administration pour avoir l’autorisation d’obtenir le médicament auprès du fabricant et de l’utiliser.

L’hôpital texan a refusé de dire à CNN quand il a demandé à la FDA l’autorisation utiliser le brincidofovir chez Thomas Eric Duncan. La FDA et la société  Chimerix ont dit que si retard il y a eu, ce n’était pas de son fait. Une porte-parole de la FDA a indiqué qu’elle ne pouvait pas commenter un cas particulier, mais que lorsque les médecins font des demandes pour des traitements expérimentaux contre Ebola les réponses ne tardent guère – une affaire d’heures, parfois de minutes. Et un porte-parole de Chimerix, a déclaré que les demandes concernant le  brincidofovir  sont honorées en urgence.

Mandarin

« Une règle générale, en médecine, en médecine veut que plus vous commencez tôt une thérapie chez une personne malade et meilleure est la réponse » a commenté le Pr Anthony Fauci, directeur de l’Institut national américain pour les allergies et les maladies infectieuses.

Le Pr Fauci est un mandarin doublé d’un sage qui aime les médias. On devrait mieux écouter les sages. Et, parfois, les mandarins

A demain

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